Rybakina domine à Ningbo, Eala éliminée en huitièmes
À Ningbo, Elena Rybakina n’a presque pas transpiré. Tête de série numéro un, tenante du titre, la Kazakhe d’origine moscovite menait déjà 5-0 dans l’est de la Chine lorsque son adversaire, la 105e mondiale ouzbèke, a abandonné sur blessure. Une démonstration express, stoppée seulement par le corps de l’autre côté du filet.
La numéro un mondiale, 27 ans, poursuit ainsi une saison où les sommets côtoient les accrocs. Sacrée à l’US Open en septembre pour décrocher son troisième titre du Grand Chelem, elle y a détrôné Aryna Sabalenka de la première place mondiale. Le triomphe à New York a changé la hiérarchie, mais pas son appétit.
La suite avait pourtant pris une tournure plus rugueuse. Sortie dès le deuxième tour à Pékin au début du mois, puis forfait à Wuhan à cause d’une blessure au pied, Rybakina arrivait en Chine avec plus de questions que de certitudes. À Ningbo, elle a commencé à y répondre à sa manière : sèchement, sans laisser d’air.
En quarts de finale
Elle retrouvera la Polonaise Katarzyna Kawa, non tête de série. Sur le papier, l’affiche semble déséquilibrée. Sur le court, Kawa aura tout à gagner face à une numéro un mondiale qui veut remettre la machine en marche avant la fin de saison.
Eala s’arrête en huitièmes, Shnaider impose sa loi
Sur un autre court de Ningbo, l’histoire était plus âpre, plus longue, presque deux heures de résistance. Alexandra Eala a fini par céder, mais les chiffres disent la bataille : 7-5, 6-4 pour Diana Shnaider, 1h55 de bras de fer.
La Russe, 22 ans, 13e mondiale, vise un sixième titre en simple sur le circuit. Elle a imposé sa puissance, son rythme, son poids de balle. Le premier set a basculé en un peu plus de 50 minutes, Shnaider dictant l’échange, Eala courant après le temps et les lignes.
La Philippine de 21 ans n’est pourtant pas du genre à disparaître. En août, elle est devenue la première joueuse de son pays à remporter un titre WTA, un moment fondateur pour tout un territoire du tennis. Partout où elle se déplace, une petite marée de supporters philippins la suit, bruyante, fière, convaincue d’assister à quelque chose de nouveau.
À Ningbo, après avoir balayé Diane Parry en deux sets au tour précédent, Eala a trouvé en face d’elle un mur plus solide. Shnaider a serré le jeu dans les moments clés, notamment dans un deuxième set plus accroché, où la 20e mondiale s’est accrochée à chaque service, chaque retour, pour rester en vie.
La tension a culminé dans le neuvième jeu du second set. Service Eala, 4-4, corde raide. Shnaider a alors pilonné le retour, pris la balle tôt, étouffé la mise en jeu adverse. Le break pour 5-4 a tout changé. Il ne restait plus qu’à conclure, ce qu’elle a fait avec la même détermination, en verrouillant son service pour sceller l’affaire.
Jovic frappe fort, Paolini tombe
La suite du tableau offre un autre choc de générations. Iva Jovic, 18 ans seulement, a signé une victoire pleine d’autorité face à Jasmine Paolini, double finaliste en Grand Chelem. Score net : 6-4, 6-3. Une adolescente américaine qui renverse une joueuse installée au plus haut niveau, sans trembler.
Jovic retrouvera donc Shnaider en quarts de finale. D’un côté, la puissance et l’expérience déjà affirmée de la Russe. De l’autre, l’insouciance et la montée en puissance d’une jeune joueuse qui vient de faire tomber une référence du circuit.
Pendant que Rybakina remet de l’ordre tout en haut, le reste du tableau de Ningbo bruisse de promesses et de confirmations. Les certitudes de la hiérarchie vacillent parfois, mais une chose ne change pas : chaque tour, ici, ressemble un peu plus à un test de caractère qu’à un simple match de tennis.




