Michael Graf en cavale sous Las Vegas : l'ombre du frère de Steffi Graf
La vidéo est brève, tremblée, presque irréelle. Dans un dédale de béton tagué sous Las Vegas, Michael Graf, le frère cadet de Steffi Graf, se filme, l’air hagard, affirmant se cacher dans des tunnels et fuir la police.
Selon les informations confirmées par le New York Post, des mandats d’arrêt à son encontre restent actifs dans le Nevada. C’est là, dans cette ville où sa sœur et Andre Agassi ont construit leur vie, que le quinquagénaire a été aperçu.
Un frère en cavale dans les entrailles de Las Vegas
Michael Graf, 55 ans, apparaît dans la séquence devant un mur couvert de graffitis. Ses vêtements sont froissés, son visage marqué. À côté de lui, un caddie de supermarché rempli d’objets hétéroclites. Beaucoup y voient l’intégralité de ses biens, entassés dans ce chariot devenu valise de fortune.
Le décor n’a rien d’anodin. Sous Las Vegas, près de 900 kilomètres de tunnels de drainage et de canaux de contrôle des crues serpentent sous le désert. Conçus à partir des années 1990 pour protéger la ville des inondations soudaines, ces couloirs de béton abritent aussi, loin des regards, une population estimée entre 1 200 et 2 000 personnes sans domicile.
C’est dans ce réseau souterrain que Michael dit se cacher, alors qu’un mandat d’arrêt le vise pour un délit mineur de violation de propriété privée. L’homme traîne un long passif judiciaire. Il avait déjà reçu l’ordre de ne plus avoir de contacts dans le cadre d’une affaire désormais close, assorti d’une consigne claire : rester à l’écart de tout nouveau problème.
Ce n’est pas ce qui s’est produit.
Mandats, alcool au volant et audience manquée
D’après les documents judiciaires consultés par le New York Post, un mandat d’amener a été émis contre lui le 26 mars pour non-comparution devant un tribunal du Nevada. Il devait répondre d’une arrestation pour conduite sous l’emprise de l’alcool, intervenue le 12 mars à Boulder City.
L’engrenage est classique : un premier incident, une convocation, puis l’absence au tribunal qui déclenche la machine judiciaire. Pour Michael Graf, cette mécanique se greffe sur un parcours déjà chaotique, fait de problèmes récurrents avec la loi et de vie personnelle instable.
Dans cette dernière vidéo, pourtant, ce ne sont pas seulement les mandats qui frappent. Ce sont les accusations, inattendues, qu’il lance contre son beau-frère, Andre Agassi.
Agassi, cible inattendue des accusations
Au fil de propos décousus, Michael affirme avoir eu plusieurs altercations physiques avec l’ancien numéro 1 mondial. Il décrit un Agassi qui, selon lui, aurait « aimé [le] frapper aussi fort qu’il le pouvait ». Puis il nuance, presque dans la même respiration, en expliquant qu’il « appuyait sur tous les boutons » et qu’il « avait vraiment cherché ».
Le ton oscille entre provocation, ressentiment et une forme de mise en scène. Il raconte lui avoir donné « un bon coup », qu’il qualifie de « vrai mouvement de pirate ». Il ajoute même avoir « pincé les tétons » de l’Américain parce que ce dernier « ne portait plus ses boucles d’oreilles de pirate ». Sans cela, lâche-t-il, il l’aurait « traîné par les boucles d’oreilles, à 100 % ».
Des déclarations spectaculaires, impossibles à vérifier en l’état, qui contrastent violemment avec l’image publique d’Agassi.
Le contraste avec le conte de fées Graf–Agassi
Car Andre Agassi reste l’une des figures les plus populaires du tennis moderne. Huit titres du Grand Chelem, une retraite en 2006, et cette aura particulière de rebelle devenu sage, longtemps associé à son surnom de « Las Vegas Kid ».
Face à lui, Steffi Graf, 22 titres du Grand Chelem, une légende de la discipline, qui avait déjà quitté le circuit depuis deux ans lorsqu’elle a épousé l’Américain en 2001. Leur histoire commence vraiment aux yeux du grand public après leurs triomphes conjoints à Roland-Garros en 1999. Depuis, le couple incarne une sorte de roman parfait : deux champions, unis, installés à Las Vegas, loin des scandales, proches de leur famille.
C’est là, dans cette même ville, que Michael et ses quatre enfants ont un temps vécu sous le même toit que le couple, selon le New York Post. Une famille élargie réunie dans le désert du Nevada, comme le racontait Steffi en 2014 dans les colonnes de Hello! : sa mère, son frère, les cousins, tous ensemble. Une situation qu’elle décrivait alors comme « vraiment chouette ».
Une sœur qui a tout tenté
Derrière les images de tunnels et de graffitis, il y a aussi une sœur qui, d’après la presse allemande, n’a pas lâché son frère. Le média Blik rapporte qu’après des accès de violence ayant conduit à son arrestation en 2020, Steffi Graf aurait multiplié les démarches pour l’aider : achat d’une maison, demande de tutelle légale, prise en charge de ses frais d’avocats.
Malgré ces efforts, la spirale ne s’est pas inversée. Après un second mariage raté plus tôt cette année, Michael aurait quitté son domicile pour vivre dans sa Tesla. Une voiture qu’il a accidentée en septembre, nouveau symbole d’une existence en perte de contrôle.
Aujourd’hui, c’est dans les tunnels de Las Vegas qu’il dit se terrer, avec pour seule scène son téléphone et pour seule lumière celle qui filtre des bouches d’égout. Pendant ce temps, à la surface, la justice du Nevada l’attend toujours. Et au-dessus de ce réseau souterrain plane une question lourde : jusqu’où cette chute va-t-elle entraîner l’entourage de l’une des plus grandes championnes de l’histoire du tennis ?




