Ronaldinho fait son retour au football avec Ravenna en Serie C
La phrase est tombée comme un coup de tonnerre sur la Romagne : « The Magic never left; now it's time to bring him back onto the pitch. The return is real. » Ignazio Cipriani, président de Ravenna, ne parle pas d’un jeune prodige. Il parle de Ronaldinho. Oui, ce Ronaldinho-là.
Le 15 novembre 2026, au Stadio Benelli, l’ancien génie du Barcelona et du Milan va rejouer un match officiel. Pas un gala, pas un jubilé. Un derby de Serie C, face à Forlì, dans la troisième division italienne. Une phrase qu’on n’aurait jamais pensé écrire.
Un rêve jugé « impossible »
Cipriani l’a raconté via l’agence Ansa : on lui a répété que ce serait impossible. Trop vieux, trop loin, trop tard. Ravenna a insisté. A force de persuasion, de travail en coulisses et de communication millimétrée, le club a transformé une idée folle en événement mondial.
« Le 15 novembre, Ronaldinho foulera la pelouse du Stadio Benelli avec notre maillot, dans un match aussi important que le derby contre Forlì », a martelé le président. La date est fixée, l’affiche aussi. Le reste appartient déjà à l’imaginaire collectif.
Ravenna avait officialisé sa signature lors d’un événement à Miami en juin dernier. Ce n’était pas un coup de communication sans lendemain. C’était l’acte I d’un scénario que personne ne voulait vraiment croire, mais que tout le monde suivait de près.
Un magicien qui observe dans l’ombre
Ronaldinho n’a pas encore participé au moindre entraînement avec l’équipe. Pas une minute sous les ordres du staff sur le terrain. Pourtant, il est déjà là, en filigrane.
Selon le Corriere della Sera, il suit les matches de Ravenna. Son frère et agent, Roberto De Assis, a été aperçu au stade du club à la fin du mois de septembre. Les tribunes ont commencé à bruisser, les rumeurs à enfler. Le club, lui, a laissé monter la tension.
On ignore encore combien de minutes il jouera. Dix, quinze, une mi-temps ? Personne n’ose s’avancer. Ce qui est certain, c’est que la présence de Ronaldinho, ne serait-ce que quelques instants, suffira à transformer un derby de Serie C en vitrine planétaire.
De Fluminense à Ravenna, dix ans de silence
Le Brésilien de 46 ans n’a plus disputé le moindre match officiel depuis plus de dix ans. Son dernier rendez-vous avec la compétition remonte à 2015, avec Fluminense. Depuis, Ronaldinho a enchaîné les apparitions lors d’événements, les shows, les exhibitions, les tribunes VIP.
On l’a vu en juin 2026 à Philadelphia Stadium, assistant à un match de phase de groupes de la Coupe du monde entre le Brésil et Haïti. Puis en juillet, au New York New Jersey Stadium, sur la pelouse à East Rutherford, participant au show de la mi-temps de la finale de la Coupe du monde entre l’Espagne et l’Argentine, aux côtés de Madonna et Ronaldo. L’icône restait partout, sauf là où on l’attendait le plus : sur un terrain de compétition.
Le 15 novembre, le cercle se refermera. Ou se rouvrira, selon le point de vue. Un champion du monde, Ballon d’Or, va rechausser les crampons pour un club de Serie C, dans un stade modeste, au cœur d’une région qui vit le football avec une ferveur brute.
Un derby qui change de dimension
Ravenna – Forlì n’était jusque-là qu’un derby de province, chargé d’histoire locale, de rivalités régionales, de fierté territoriale. En une annonce, il devient un événement attendu « par le monde entier », comme l’a revendiqué Cipriani.
Le président ne cache pas la dimension symbolique de ce coup : « Nous y avons cru dès le premier jour et, grâce à la passion et au travail de toute notre équipe, nous avons transformé une idée qui semblait impossible en une occasion que le monde entier attend désormais. » Pour un club de Serie C, c’est plus qu’un pari marketing. C’est une déclaration d’ambition, une façon de dire qu’il refuse l’anonymat.
Les caméras viendront, les réseaux sociaux s’enflammeront, les billets s’arracheront. Mais la vraie question, celle qui agite déjà les supporters, est simple : que reste-t-il du joueur, derrière la légende ?
Le 15 novembre, verdict
Personne n’attend le Ronaldinho de ses nuits européennes avec le Barcelona. Personne ne s’illusionne au point de croire qu’il va transformer à lui seul la saison de Ravenna. Ce n’est plus la même époque, ni le même corps.
Ce qui se jouera ce soir-là sera autre chose : le retour, même fugace, d’une certaine idée du football. Celle d’un jeu fait de sourire, de dribble, de liberté. Dans un stade de Serie C, loin des projecteurs des grandes finales, mais au plus près de ce qui fait battre ce sport.
Le retour est réel, a promis Cipriani. Reste à savoir combien de temps la magie acceptera de rester sur la pelouse.



