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Roma – Inter : Gasperini face à son étalon au Stadio Olimpico

À la veille d’un choc qui sent déjà la vérité, Gian Piero Gasperini a fixé le décor : sa Roma veut regarder Inter Milan droit dans les yeux. Sans complexe, mais sans se mentir non plus.

L’entraîneur giallorosso reconnaît Inter comme la référence actuelle du football italien, portée par une domination nationale et des finales européennes qui ont installé les Nerazzurri tout en haut de la hiérarchie. C’est contre ce modèle-là que Roma entend se mesurer.

« Inter reste objectivement supérieure en profondeur d’effectif et en continuité de résultats », admet Gasperini, satisfait malgré tout de la trajectoire de son équipe. Pour lui, juger les véritables ambitions de Scudetto n’a de sens qu’après vingt journées. Pas avant.

Un mur psychologique : dix défaites de rang

Derrière le discours ambitieux, un chiffre pèse lourd : Gasperini reste sur dix défaites consécutives face à Inter, tous bancs confondus. Une série qui traverse les ères, de Antonio Conte à Simone Inzaghi jusqu’à l’actuel Cristian Chivu.

Le technicien de 68 ans ne se dérobe pas. Il assume ce passif, tout en le replaçant dans un contexte plus large : ce genre de spirale arrive souvent contre des équipes dominantes. « Est-ce qu’ils sont ma kryptonite ? Il y a eu une période où j’ai réussi à obtenir quelques résultats contre Inter, mais ces dernières années on a toujours perdu », a-t-il reconnu. Tactique, supériorité de l’adversaire, continuité des résultats : les entraîneurs changent, pas l’issue des confrontations.

Ce rendez-vous au Stadio Olimpico prend donc des allures de test mental autant que tactique. Roma ne joue pas seulement pour des points. Elle joue pour briser un réflexe d’impuissance.

Un groupe presque au complet et sous tension

Bonne nouvelle pour les Giallorossi : le département médical se vide au bon moment. Manu Koné, Evan Ndicka et Wesley ont tous récupéré de petits pépins et de syndromes grippaux saisonniers. Ils sont pleinement disponibles.

Lorenzo Pellegrini, lui, a retrouvé l’entraînement collectif depuis deux semaines après une longue absence. Un retour capital dans le cœur du jeu, à l’heure où chaque détail compte contre un leader aussi structuré.

Gasperini l’a martelé : la tension d’avant-match balayera les dernières traces de fatigue dans le vestiaire. L’enjeu, le stade, l’adversaire : tout pousse le groupe à se hisser au niveau supérieur.

Confiance accordée à Davide Massa

Invité à commenter les polémiques arbitrales récentes autour de Davide Massa, désigné pour cette affiche, Gasperini a refusé d’alimenter le feu. Il a balayé les controverses et dit sa confiance dans la capacité de l’arbitre à livrer une prestation irréprochable.

Un message clair : pas de faux alibi avant le coup d’envoi. Roma veut que le terrain, et seulement le terrain, parle.

Le casse-tête des couloirs

Reste une question brûlante dans son plan de jeu : le flanc droit. Le jeune Lulli est toujours en course pour une place de titulaire. Gasperini pèse encore ses options.

Il souligne la polyvalence de Nahuel Molina et de Wesley, deux droitiers capables d’évoluer des deux côtés. Un atout, mais aussi un dilemme : quelle combinaison aligner pour répondre aux transitions rapides d’Inter sur les ailes ?

La bataille des couloirs pourrait bien décider du sort de la soirée. Contenir les vagues nerazzurre à l’extérieur, fermer les espaces dans le dos des latéraux, choisir le bon profil au bon moment : c’est là que se jouera une grande partie du plan romain.

Rompre la série, enfin ?

Roma aborde ce rendez-vous avec un classement en progrès et une idée fixe : stopper sa série noire contre le leader. L’ambition est posée, le contexte aussi.

Reste une question, simple et brutale : cette Roma-là est-elle enfin prête à faire tomber son étalon, ou devra-t-elle encore attendre ces fameuses vingt journées pour se regarder vraiment dans le miroir du Scudetto ?