La Roma de Gasperini face à Udinese : un test de caractère pour l'invaincue
La Roma de Gasperini débarque à Udine avec un air de laboratoire à ciel ouvert. Vingt-deux joueurs convoqués, cinq adolescents dans le lot, et une série d’absences qui auraient pu faire vaciller bien des entraîneurs. Pas Gian Piero Gasperini.
L’entraîneur de la Roma, toujours invaincu après neuf journées de Serie A, devra se passer de plusieurs cadres pour ce déplacement à Udinese. Paulo Dybala est forfait, tout comme Manu Koné et le gardien titulaire Mile Svilar. Lorenzo Pellegrini, lui aussi, restera à Rome et manquera le rendez-vous de samedi.
Une Roma décimée mais ambitieuse
Dans les buts, Pierluigi Gollini devrait logiquement conserver sa place en l’absence de Svilar. Derrière lui, Devis Vasquez et le jeune Giorgio De Marzi, 19 ans, complètent le trio de gardiens. Un choix qui confirme la hiérarchie actuelle mais souligne aussi la confiance accordée au secteur le plus exposé d’une équipe en pleine série positive.
La défense, elle, s’articule autour d’un noyau expérimenté – Gianluca Mancini, Evan Ndicka, Mario Hermoso, Nahuel Molina, Leonardo Balerdi – auquel viennent s’ajouter des profils plus jeunes comme Wesley Franca, Devyne Rensch, Konstantinos Koulierakis ou Daniele Ghilardi. Et puis il y a le cas Emanuele Lulli.
Le piston de 19 ans est l’une des histoires de ce début de saison romain. Lulli reste sur deux buts lors de ses deux dernières apparitions en Serie A. Son explosion soudaine lui vaut une nouvelle convocation, presque évidente désormais, tant il a apporté de profondeur et d’énergie dans le couloir. Son but face à Cagliari, célébré avec Mancini au Stadio Olimpico, a laissé l’impression d’un joueur prêt à s’installer durablement dans la rotation.
Les ados prennent la lumière
Lulli n’est pas le seul à incarner ce virage vers la jeunesse. Gasperini emmène aussi à Udine le milieu Rodrigo Mora (19 ans), arrivé cet été, ainsi que deux produits du centre de formation : Alessandro Di Nunzio (19 ans) et Mandjou Camara, 17 ans à peine. À cet âge-là, se retrouver dans un groupe invaincu en Serie A n’est pas anodin.
Au milieu, la colonne vertébrale reste plus classique, avec Bryan Cristante et Marten De Roon pour encadrer ce sang neuf. Niccolò Pisilli et Di Nunzio complètent un secteur où l’expérience et la fraîcheur vont cohabiter dans un match qui peut vite devenir piégeux si le rythme se brise.
Car si la Roma avance, Udinese, elle, recule.
Udinese en chute libre, Roma sur un nuage
L’équipe de Kosta Runjaic traverse une période noire : six défaites consécutives, cinq petits points au classement, une place juste au-dessus de la zone de relégation. La dynamique est inquiétante, la confiance fragile. Et c’est dans ce contexte que débarque une Roma invaincue, portée par un dernier succès spectaculaire.
Face à Cagliari, les Giallorossi ont livré un match ouvert, parfois désordonné, mais terriblement efficace offensivement, conclu sur un 4-2 qui a entretenu leur série sans défaite. Neuf journées, zéro revers, et la sensation d’un groupe qui sait gagner même sans tous ses leaders.
C’est là que ce déplacement à Udine prend une autre dimension. Sur le papier, tout oppose les deux équipes : l’une ne perd plus, l’autre ne sait plus comment arrêter la spirale. Mais une série, bonne ou mauvaise, finit toujours par s’arrêter. Gasperini le sait. Runjaic aussi.
Un test de caractère pour les invaincus
Entre blessures et intégration de plusieurs adolescents, la Roma s’avance avec un mélange de certitudes et d’inconnues. La solidité de Cristante et De Roon, l’autorité de Mancini, la forme de Lulli, la fiabilité de Gollini : autant de paramètres qui devront tenir face à une équipe d’Udinese acculée, mais dangereuse parce qu’elle n’a plus grand-chose à perdre.
La liste des convoqués donne le ton : profondeur d’effectif, place réelle accordée aux jeunes, et une identité de jeu que Gasperini ne reniera pas, même amoindri. Dans un championnat où chaque point pèse lourd dès l’automne, la question est simple : cette Roma-là, rajeunie, diminuée mais toujours invaincue, saura-t-elle transformer un déplacement chez un malade de la Serie A en nouvelle démonstration de force ?



