Benrahma et la tendance du partage des honneurs en Saudi Roshn League
À Riyad, Benrahma imite Ronaldo… à sa manière
Neom a gagné, mais c’est Saïd Benrahma qui a écrit la scène du soir. Une image, simple, qui résume l’état d’esprit du vestiaire et une mode qui agite déjà la Saudi Roshn League.
Au terme de la victoire 2-1 de Neom contre Al-Diriyah, ce vendredi au Al-Awwal Park, l’Algérien est logiquement désigné homme du match. Un but, du caractère, une influence constante. Il avait lancé son équipe sur penalty, ouvrant la voie à un succès précieux lors de cette 12e journée.
Le trophée l’attend, posé, classique rituel d’après-match. Benrahma pourrait savourer seul. Il ne le fera pas.
L’Algérien fait signe à Alexandre Lacazette de le rejoindre. L’ancien buteur d’Arsenal, aujourd’hui attaquant de Neom, a inscrit le deuxième but, celui qui sécurise définitivement la victoire. Benrahma lui tend alors le trophée pour le partager. Geste clair, assumé, presque symbolique : le succès appartient à plusieurs mains.
Le public apprécie. Les caméras aussi. Et l’écho est immédiat, car la scène rappelle une autre image forte de ce début de saison.
Cristiano Ronaldo avait ouvert la voie une semaine plus tôt. Après la victoire 3-1 d’Al-Nassr contre Al-Faisaly lors de la 11e journée, le capitaine portugais avait refusé de garder pour lui son titre d’homme du match, le remettant à son coéquipier Abdullah Al-Hamdan. Un message de leader, très commenté.
La tendance a pris. Les stars s’emparent du rituel, le détournent, le partagent. Et tout le monde n’applaudit pas.
L’ancienne icône saoudienne Sami Al-Jaber a publiquement critiqué cette répétition de gestes, parlant d’une « mode » à combattre. Selon lui, la distinction individuelle doit garder son sens, récompenser une performance précise, pas devenir un accessoire d’image ou un échange de politesse entre coéquipiers.
Benrahma, lui, n’a pas parlé. Il a simplement agi, dans la foulée d’un match où il a pesé, où il a marqué, où il a assumé son rôle de leader technique. Lacazette, buteur décisif, a reçu sa part de lumière.
Sur la pelouse du Al-Awwal Park, la soirée a donc raconté deux histoires en une : celle d’une victoire arrachée 2-1, et celle d’un vestiaire où les stars choisissent de partager les honneurs. Reste à savoir combien de temps cette « mode » survivra aux critiques de figures comme Sami Al-Jaber… et combien de joueurs suivront encore la trace de Cristiano Ronaldo.




