Rodri : Manchester City refuse l'offre du Barça de 38,5 millions
Le dossier Rodri vient de changer de dimension. Manchester City a repoussé une première offensive de Barcelone, estimée à 38,5 millions de livres, bien en dessous des attentes du champion d’Angleterre. Le message est clair : le milieu espagnol ne partira qu’à un prix supérieur à 60 millions.
Le timing n’a rien d’anodin. À 30 ans, Rodri entre dans la dernière année de son contrat à l’Etihad Stadium et n’a toujours pas prolongé. L’incertitude autour de son avenir nourrit le marché depuis des semaines. Longtemps, tout menait vers le Real Madrid. Désormais, c’est le Barça qui tient la corde.
Jeudi, des sources proches du club catalan ont confirmé à BBC Sport que Barcelone avait obtenu le feu vert du joueur pour ouvrir des négociations avec City. L’offre est tombée dès le lendemain. Elle a été refusée tout aussi vite. Mais le mouvement est lancé.
Au départ, le discours en interne à Barcelone se voulait prudent : aucune garantie de conclure, un intérêt mesuré, un contexte économique fragile. L’évolution est nette. Le club a reconnu vendredi être en discussions continues avec les représentants de Rodri avant de formaliser cette première proposition. Dans le même temps, des sources proches du dossier indiquent que les pourparlers avec le Real sont, eux, terminés.
Si City se montre inflexible sur le prix, ce n’est pas seulement par posture. Malgré une saison 2024-2025 largement amputée par une grave blessure au genou, et des pépins aux ischio-jambiers la saison précédente, Rodri reste une pièce maîtresse du football européen. L’été l’a rappelé avec force : revenu à son meilleur niveau pour la Coupe du monde, il a mené l’Espagne vers un deuxième sacre planétaire et a été sacré joueur du tournoi. Quelques semaines plus tard, le Ballon d’Or 2024 est venu graver son statut dans le marbre.
Aujourd’hui, le décor est paradoxal. Le meilleur joueur du monde en titre est convalescent. Opéré du dos le mois dernier, Rodri est encore en arrêt. Il doit retrouver ses coéquipiers à Manchester au début de la semaine prochaine, sans certitude sur le maillot qu’il portera dans quelques mois.
Pour City, le calendrier se resserre. La deuxième semaine d’août approche, le mercato file, et le club ne peut pas se permettre de traîner ce feuilleton jusqu’aux derniers jours. Vendre Rodri impliquerait de lui trouver un successeur de niveau élite, immédiatement. C’est là qu’un autre nom entre en scène : Ayyoub Bouaddi.
Le milieu marocain de 18 ans, propriété de Lille, figure tout en haut de la liste des dirigeants mancuniens. Les discussions existent, le profil séduit, le potentiel intrigue. Mais un obstacle bloque pour l’instant toute avancée : les 86 millions de livres réclamés par le club français. Une somme colossale pour un joueur aussi jeune, même dans un marché devenu démesuré.
City se retrouve donc pris dans un délicat jeu d’équilibre. D’un côté, la tentation de capitaliser sur un Rodri en fin de contrat, dont la valeur marchande ne fera que baisser. De l’autre, le risque sportif immense de perdre son métronome sans garantie de pouvoir arracher Bouaddi – ou un autre – à temps, et à un prix raisonnable.
Barcelone, lui, avance à pas mesurés mais déterminés. Le refus de la première offre n’a rien d’un coup d’arrêt. Il ressemble plutôt à une ouverture de négociation classique entre deux géants habitués à ces bras de fer. Le club catalan sait qu’il tient là une occasion rare : un Ballon d’Or, au sommet de sa carrière, disponible à un an de la fin de son contrat.
Reste une question, la seule qui compte vraiment : jusqu’où City est-il prêt à aller pour garder son maître à jouer, et jusqu’où Barcelone est-il prêt à monter pour enfin s’offrir un patron au cœur de son jeu ? Le marché, lui, n’attendra pas.




