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Raphinha furieux après l'élimination du Barça en Ligue des champions

Le Barça est sorti, la polémique est restée. Au bout d’un quart de finale étouffant face à l’Atlético de Madrid, Raphinha n’a pas cherché ses mots : pour lui, la Ligue des champions a laissé filer une injustice. « Pour moi, ce match a été un vol. Pas seulement ce match, mais l’autre aussi », a lâché l’attaquant brésilien après le retour.

Sur le terrain, le tableau est clair : 3-2 sur l’ensemble des deux matches pour l’Atlético. Un 2-0 sec à l’aller, un succès 2-1 du Barça au retour, insuffisant pour renverser la situation. Dans les têtes catalanes, c’est tout autre chose : un sentiment de répétition, de décisions arbitrales qui se ressemblent trop pour être acceptées.

Deux rouges, même scénario, même rancœur

Le fil rouge de cette double confrontation, ce sont justement… les rouges. À l’aller, Pau Cubarsí est exclu par Istvan Kovacs. Au retour, c’est Eric Garcia qui voit sa soirée s’arrêter prématurément sous l’ordre de Clément Turpin. Dans les deux cas, un même schéma : un jaune initial, puis le VAR qui appelle l’arbitre à l’écran, et la sanction qui s’alourdit pour déni d’occasion de but.

Pour le Barça, la répétition fait mal. Pour Raphinha, elle nourrit un discours frontal : « L’arbitrage a été vraiment mauvais, les décisions qu’il prend sont incroyables », a-t-il insisté au sujet de Turpin. L’ailier, blessé et absent des deux rencontres, n’a pas mis de gants pour juger depuis la tribune ce qu’il considère comme un traitement défavorable.

Le contraste disciplinaire du match retour alimente son discours : aucun joueur de l’Atlético averti, un seul carton jaune pour Barcelone, plus le rouge de Garcia. « Je ne sais pas combien de fautes l’Atlético a faites, mais l’arbitre ne leur a pas mis un seul jaune », a fulminé le Brésilien, 29 ans.

Le pénalty fantôme qui enflamme Barcelone

La colère catalane ne se résume pas aux exclusions. Le nom d’Istvan Kovacs revient aussi pour une autre scène clé du match aller : une main de Marc Pubill dans sa propre surface. Sur l’action, le défenseur de l’Atlético touche le ballon de la main après ce qui ressemble à une remise en jeu de Juan Musso sur coup de pied de but. Kovacs laisse jouer, le VAR, dirigé par Christian Dingert, ne corrige pas.

Pour le Barça, c’est l’incompréhension totale. Le club saisit l’UEFA, dénonce une « grave absence d’intervention du VAR » et espère au minimum une reconnaissance de l’erreur. La réponse tombe mardi : protestation jugée « irrecevable » par l’instance européenne. Dossier clos, officiellement. Pas dans les vestiaires catalans.

« C’était dur, surtout quand tu réalises que tu dois travailler trois fois plus pour gagner le match », souffle Raphinha. Il parle d’une « double confrontation trompeuse », où le score ne raconte pas, selon lui, la bataille réelle ni le poids des décisions arbitrales. Et il va plus loin : « Tout le monde peut se tromper, tout le monde est humain. Mais quand les erreurs se répètent exactement de la même manière, je pense que c’est quelque chose sur lequel on doit se pencher. »

Derrière ces mots, une accusation à peine voilée : l’idée que Barcelone serait freiné, voire craint. « Je veux vraiment comprendre pourquoi ils ont tellement peur que Barcelone vienne et gagne », lance-t-il, frontal.

L’Atlético réplique : « Vol ? C’est ridicule »

Face à cette charge, l’Atlético ne reste pas silencieux. Juan Musso, le gardien madrilène, renvoie sèchement les accusations au vestiaire : « Tu ne peux pas dire que ce match leur a été volé, c’est ridicule. » Pour lui, le terrain a parlé, point final. Il rappelle la réalité brute : « On a gagné sur le terrain, 2-0 à l’extérieur, et quand tu es le dernier défenseur, tu prends un rouge. »

Musso se moque aussi de la perception barcelonaise : « Ils ont agi comme s’ils auraient dû avoir trois penalties et nous, quatre expulsions. » Le gardien résume la vision colchonera : un quart de finale gagné avec solidité, une défense qui a tenu, des règles appliquées sans excès.

Deux lectures d’un même scénario. D’un côté, un club qui se sent lésé, qui parle de « vol » et de peur de voir Barcelone gagner. De l’autre, un vestiaire qui revendique une qualification méritée, acquise dans l’intensité et la rigueur défensive.

L’UEFA en embuscade, Raphinha sous la loupe

Les mots ont dépassé le simple débrief. Interrogée sur les déclarations de Raphinha, l’UEFA ne ferme pas la porte à une suite disciplinaire. Son organe compétent va étudier les rapports du match retour avant de décider d’éventuelles mesures, qui pourraient aller jusqu’à une sanction contre l’ancien joueur de Leeds.

Barcelone sort donc de cette Ligue des champions avec plus que de la frustration sportive. Il reste une question brûlante : cette élimination ne laissera-t-elle qu’un goût amer, ou marquera-t-elle un tournant dans la manière dont le club entend désormais parler, frontalement, de l’arbitrage européen ?