Procès de Diego Maradona : responsabilités médicales en jeu
À San Isidro, dans la banlieue nord de Buenos Aires, le nom de Diego Maradona résonne à nouveau dans une salle d’audience. Cinq ans et demi après la mort du génie argentin, la justice rouvre un dossier qui n’a jamais cessé de brûler : celui des responsabilités médicales dans ses derniers jours.
Un deuxième procès pour un même drame
Sept membres de l’entourage médical et paramédical de Maradona se retrouvent cette fois sur le banc des accusés. Parmi eux, des figures centrales de son suivi : son médecin personnel Leopoldo Luque, sa psychiatre Agustina Cosachov, un psychologue, un autre médecin, le coordinateur médical de la compagnie d’assurance santé et deux aides-soignants.
Tous sont poursuivis pour homicide involontaire. Tous contestent fermement les accusations.
Le ton est donné : le procès s’annonce long, technique, mais aussi chargé d’émotion. Deux audiences par semaine ont été programmées, et près de 90 témoins doivent défiler à la barre. Le feuilleton judiciaire pourrait durer des mois.
En parallèle, une autre infirmière fait l’objet d’un procès séparé, preuve que la justice argentine a choisi de disséquer, pièce par pièce, la chaîne de soins entourant le champion du monde 1986.
Maradona, une fin de vie sous haute tension
Diego Maradona est mort le 25 novembre 2020, à 60 ans, terrassé par une crise cardiaque dans une résidence privée. Quelques semaines plus tôt, il avait subi une opération au cerveau. La suite s’est jouée loin des projecteurs, dans une maison où l’on était censé veiller sur lui jour et nuit.
C’est précisément cette prise en charge à domicile qui se retrouve aujourd’hui au centre du débat. Les enquêteurs estiment que de graves erreurs ont été commises, au point de mettre en cause la manière dont a été organisée et assurée la surveillance médicale de l’ancienne idole de Napoli et de la sélection argentine.
À la clé, des peines lourdes : en cas de condamnation, les accusés risquent jusqu’à 25 ans de prison. Le chiffre, à lui seul, dit la gravité des faits reprochés.
Un premier procès annulé, une affaire relancée
Cette affaire n’en est pas à son premier acte. Un premier procès avait débuté avant d’être purement et simplement annulé en mai dernier, après 21 jours d’audiences. Motif : la suspension de l’une des trois juges du collège, impliquée dans un documentaire non autorisé sur le procès.
Le dossier a donc dû être repris depuis le début, comme si rien n’avait été dit, rien n’avait été plaidé. Une nouvelle équipe judiciaire, un nouveau tempo, mais les mêmes questions, brûlantes.
Que s’est-il vraiment passé dans cette résidence privée où Maradona vivait ses dernières semaines ? Les soins prodigués étaient-ils à la hauteur de l’état d’un patient aussi fragile ? Et jusqu’où va la responsabilité de celles et ceux qui, officiellement, avaient sa vie entre les mains ?
Les audiences qui s’ouvrent à San Isidro ne rendront pas Diego Maradona au football. Elles diront, en revanche, si sa mort, au-delà du destin, porte aussi la marque d’une chaîne de négligences coupables.




