RDC Sport

Le Portugal triomphe à Copenhague malgré la crise Ronaldo

Le Portugal a marqué quatre fois, a renversé le Danemark dans une soirée folle à Copenhague, a pris une option sur sa poule de UEFA Nations League. Pourtant, en zone mixte, un seul nom occupait l’air lourd des couloirs : Cristiano Ronaldo.

Sur la pelouse, le scénario avait tout du match référence offensif. Succès 4-2, caractère, réponses techniques, un groupe qui adhère déjà aux idées de Jorge Jesus. Mais la victoire n’a pas suffi à faire oublier l’onde de choc provoquée par le départ de Ronaldo du rassemblement, consécutif à une nouvelle mise sur le banc décidée par le sélectionneur.

Veiga, mur de silence autour de Ronaldo

Renato Veiga s’est présenté devant les micros comme un titulaire indiscutable, un jeune pilier de cette nouvelle ère. Il en est reparti comme le symbole d’un silence organisé.

Le défenseur, proche de Ronaldo, a été immédiatement bombardé de questions sur l’épisode qui secoue la Seleção. Il a d’abord désigné, presque mécaniquement, les officiels de la Fédération portugaise de football. Puis il a lâché la ligne officielle, sans la moindre hésitation.

« J’ai une relation proche avec Cristiano Ronaldo, et il sait combien je l’apprécie et je l’aime, mais j’ai reçu des instructions pour ne pas parler de ce sujet », a-t-il déclaré.

Les questions ont continué, plus insistantes, plus précises. La réponse, elle, n’a jamais changé. « Je ne peux pas parler de ça, je suis désolé, je ne peux vraiment pas en parler », a-t-il répété, excuses à l’appui, mais avec une fidélité stricte au message imposé.

Le contraste était saisissant : d’un côté, un vestiaire qui vient de signer un succès majeur à l’extérieur ; de l’autre, une affaire qui oblige l’un de ses jeunes cadres à se retrancher derrière une consigne de silence, au sujet de l’icône absolue du football portugais.

Jeune mais déjà incontournable

Au milieu du tumulte, une certitude sportive se dégage pourtant : Renato Veiga est au cœur du projet de Jorge Jesus. Le défenseur a disputé chaque minute des trois premiers matches de ce nouveau cycle. À 21 ans, né en 2003, il s’est imposé comme une pièce maîtresse de la ligne arrière.

Son discours, dès qu’il s’éloigne du cas Ronaldo, respire l’enthousiasme brut de ceux qui savent ce que représente ce maillot.

« Je travaille chaque jour pour donner le maximum avec le club et la sélection. Jouer avec le Portugal, c’est le plus grand honneur qu’un joueur puisse avoir, et je vais continuer à travailler pour faire progresser mon niveau », a-t-il assuré.

Loin des polémiques, Veiga insiste sur le terrain, sur le travail accumulé avec le nouveau staff, sur les automatismes qui se créent séance après séance. Il souligne la progression tactique du groupe, le fait que le temps passé ensemble permet d’appliquer plus fidèlement les consignes de Jorge Jesus. Une manière de recentrer le débat sur le jeu, alors que tout l’environnement ne parle que de l’absent le plus célèbre du pays.

Une attaque en feu, une défense sous surveillance

La soirée danoise a confirmé ce double visage du Portugal version Jesus. Devant, l’équipe frappe fort, souvent, et sait faire mal à n’importe quelle défense. Derrière, le tableau est moins rassurant : deux buts encaissés à Copenhague, quelques alertes évitables, des moments de flottement qui entretiennent un doute persistant.

Le staff le sait : pour prétendre à autre chose qu’une belle campagne de poule, il faudra resserrer les rangs derrière. Le talent ne manque pas, la structure reste à consolider. Et la gestion du contexte extra-sportif pèsera forcément sur cette quête de solidité.

Car la crise Ronaldo ne se contente pas de flotter en arrière-plan. Elle menace de s’infiltrer dans chaque conférence de presse, chaque analyse, chaque décision forte de Jorge Jesus. Le sélectionneur a déjà tranché en reléguant son capitaine sur le banc à plusieurs reprises. La rupture de ce rassemblement, avec le départ de la star, place désormais chaque choix sous un microscope.

Cap sur le Dragão… avec des ombres au tableau

Dimanche, le Portugal accueille la Norvège au Estádio do Dragão. Un rendez-vous clé pour asseoir sa domination sur le groupe et transformer un bon départ en mainmise nette sur la qualification.

Sportivement, le plan est clair : garder cette puissance offensive, corriger les failles défensives aperçues au Danemark, offrir un match plein à domicile. Mentalement, l’enjeu est tout aussi important : protéger le vestiaire du bruit extérieur, éviter que le feuilleton Ronaldo ne vampirise chaque minute de ce rassemblement.

Renato Veiga, lui, continuera d’enchaîner les minutes et d’avancer, entre loyauté affichée envers son capitaine historique et fidélité aux consignes d’un staff qui veut tourner la page sans le dire. Le Portugal gagne, marque, séduit par séquences. Reste à savoir si cette équipe pourra construire son avenir dans la lumière… alors que l’ombre de Cristiano Ronaldo plane encore sur chaque victoire.