Olivier Giroud et Zlatan Ibrahimovic : la loi du roi à Milan
Quand Olivier Giroud pose ses valises à Milan à l’été 2021, il n’arrive pas en inconnu. Champion du monde avec les Bleus en 2018, figure installée de la Premier League après ses passages à Arsenal puis Chelsea, buteur respecté en Europe, son statut est déjà solidement bâti. En Italie pourtant, une hiérarchie l’attend. Et Zlatan Ibrahimovic se charge très vite de la lui rappeler.
Dans un entretien accordé à L’Équipe, l’attaquant français de 40 ans a raconté cette première rencontre au centre d’entraînement de l’AC Milan. L’accueil est chaleureux… jusqu’à la petite phrase qui plante le décor. « Il m’a tué quand je suis arrivé à Milan », sourit Giroud. Ibrahimovic le félicite pour sa venue, puis lâche, droit dans les yeux : « C’est cool que tu viennes, mais sache qu’ici, il n’y a qu’un seul roi et c’est moi. »
Tout est là. Le personnage, l’ego, le théâtre permanent. Zlatan en pleine cohérence avec Zlatan. Giroud, lui, encaisse, comprend, et s’adapte. Pas question de défier le totem du vestiaire, encore moins de se poser en rival. Le Français vient pour marquer, pour gagner, pour ajouter une ligne à son histoire, pas pour entrer dans un concours de territoire.
Ce choc de générations et de styles ne tourne pas au bras de fer. Au contraire. Giroud parle d’« une rencontre incroyable ». Derrière la phrase assassine, il y a le respect, la curiosité, presque une forme de relais. Ibrahimovic est alors dans sa deuxième vie à l’AC Milan, figure tutélaire d’un club en reconstruction, tandis que l’ancien buteur de Montpellier HSC arrive pour apporter son expérience et son efficacité dans les surfaces.
La suite lui donnera raison. Sous le maillot rossonero, Giroud s’impose vite comme un homme de confiance. Il empile les apparitions – 132 matches toutes compétitions confondues – et les buts, 49 au total, souvent précieux, parfois décisifs dans les moments où Milan vacille. Il ne détrône pas le « roi » autoproclamé, mais il s’installe comme un pilier, un cadre silencieux, l’autre voix de l’attaque.
Entre les deux, la cohabitation fonctionne. Ibrahimovic reste le symbole, le ton, la posture. Giroud devient l’assurance, la constance, le bras armé. Deux ego, deux carrières monumentales, un même maillot, et cette phrase fondatrice qui résume le vestiaire milanais de l’époque : un trône, plusieurs généraux.
En 2024, Giroud tourne la page. Direction LAFC, nouveau continent, nouveau défi, après avoir marqué de son empreinte un géant italien de plus. À Milan, il laisse des buts, des titres, et cette image tenace : celle d’un champion du monde qui, en arrivant, a dû s’incliner devant le « roi », avant de gagner, à sa manière, sa propre couronne.




