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Novak Djokovic en quête de Turin à Bâle

Novak Djokovic, invité de dernière minute à Bâle, n’a pas choisi la voie facile pour rallier Turin. Le vétéran serbe, 39 ans, détenteur du record absolu de titres au Masters de fin d’année, joue gros sur cet ATP 500 suisse : sa qualification pour les ATP Finals est en jeu, et le tirage ne lui a fait aucun cadeau.

Une wild-card… et un parcours piégé

Bâle s’ouvre dimanche sur fond d’émotion, avec le dernier match professionnel de Stan Wawrinka. Mais au milieu de l’hommage au Suisse, un autre grand nom attire la lumière : Novak Djokovic, repêché via une wild-card et lancé dans une véritable course contre la montre pour Turin.

Le tableau est dense, presque étouffant : Ben Shelton, Arthur Fils, Taylor Fritz, Rafael Jodar, Stefanos Tsitsipas, Holger Rune… Une armée de frappeurs prêts à bousculer l’ordre établi sur dur indoor.

Pour Djokovic, la mission est claire : dépasser Rafael Jodar à la Race pour décrocher son billet pour les ATP Finals. Sur le papier, c’est faisable. Avec ce tirage, la route se transforme en col alpin.

Ugo Humbert pour commencer, puis la montée en régime

Dès le premier tour, le Serbe devra se coltiner Ugo Humbert. Le Français, gaucher, aime ce type de surface et ne se laisse pas facilement déborder en rythme. Ce n’est pas un tour de chauffe, c’est un test d’entrée.

S’il passe, Djokovic devrait retrouver Jan-Lennard Struff au deuxième tour. Un autre serveur-attaquant, dangereux en indoor, capable de faire sauter le verrou sur quelques jeux de service bien tenus. Rien de confortable, rien d’acquis.

Et ensuite, la pente se redresse encore.

Bublik, Shelton, Fils : un couloir à risques

En quart de finale, la projection l’envoie face à Alexander Bublik, tête de série n°7. Leur unique duel remonte aux finales de la Coupe Davis 2021, remporté par Djokovic. Le Serbe connaît donc le profil : un joueur imprévisible, capable de génie comme de déraillement, mais redoutable sous toit. Trois de ses neuf titres ont été conquis sur dur indoor. Sur ce terrain-là, Bublik n’est pas un simple figurant.

Si Djokovic franchit ce barrage, il devrait retrouver le joueur le mieux classé du tableau : Ben Shelton, en demi-finale. Leur dernière confrontation reste marquée dans les mémoires : l’US Open 2023, avec une victoire sèche du Serbe en trois sets pour filer en finale. Mais ce Shelton-là n’est plus tout à fait le même. L’Américain vient tout juste de disputer sa première finale de Grand Chelem à Flushing Meadows. Il sert plus fort, joue plus juste, assume davantage son statut. En indoor, avec son service, il peut faire exploser n’importe quel plan de jeu.

Et si Djokovic parvient jusqu’en finale ? Le scénario le plus probable le place face à Arthur Fils. Le Français, lui aussi lancé dans la course à Turin, occupe actuellement la sixième place de la Race, derrière seulement Flavio Cobolli et Daniil Medvedev. Puissant, agressif, sans complexes, Fils incarne cette génération qui ne regarde plus Djokovic avec admiration, mais comme une cible à faire tomber.

Une course à Turin sous haute tension

Aujourd’hui, Novak Djokovic pointe au dixième rang de la Race. Devant lui, un embouteillage de noms : Alex de Minaur, Taylor Fritz, Tommy Paul, Rafael Jodar, Frances Tiafoe, Arthur Fils, Daniil Medvedev, Flavio Cobolli. Pour un joueur qui a fait du Masters de fin d’année son terrain de chasse préféré, l’idée de manquer le rendez-vous a quelque chose d’irréel.

Depuis 2007, le Serbe s’est qualifié pour l’épreuve de fin de saison chaque fois qu’il a disputé une saison complète. Il n’a manqué le coche qu’en 2017, blessé au poignet, et n’est pas apparu au Masters en 2024 et 2025 malgré sa qualification. Il reste, de très loin, l’homme des ATP Finals, avec sept titres, record absolu.

Cette fois, rien ne lui sera offert. Pas de statut protégé, pas de tableau ouvert. Un dur indoor, une wild-card, un tirage truffé de serveurs-bombe et de jeunes affamés.

Pour Djokovic, Bâle ne sera pas un simple tournoi de reprise. Ce sera peut-être le tournant d’une fin de carrière qui refuse obstinément de se laisser ranger dans les archives. La question est simple : le maître des ATP Finals trouvera-t-il encore une fois le chemin de Turin, au milieu de cette nouvelle génération qui frappe à la porte à grands coups de raquette ?