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Nottingham Forest ridiculise Chelsea à Stamford Bridge

Nottingham Forest est arrivé à Londres avec une équipe remaniée, un œil sur l’Europa League et l’autre sur le maintien. Il en repart avec bien plus que trois points : une démonstration d’autorité et une claque infligée à un Chelsea apathique, qui a vu son week-end de Premier League tourner au fiasco.

Vítor Pereira avait prévenu : « J’ai changé les joueurs, pas l’esprit. » Huit modifications par rapport au onze victorieux contre Aston Villa en demi-finale aller d’Europa League, un deuxième acte européen à venir dans trois jours… Sur le papier, le pari frôlait l’inconscience. Sur la pelouse, ses doublures ont joué comme des titulaires installés, emmenées par un Taiwo Awoniyi clinique et un Dilane Bakwa intenable.

Chelsea puni d’entrée, Bakwa en feu, Awoniyi assassin

Le match n’avait que deux minutes lorsque Stamford Bridge a compris que la soirée pouvait mal tourner. Marc Cucurella se fait surprendre, les appuis plantés dans le gazon. Bakwa le prend dans son dos, accélère sur le côté droit et, sans se précipiter, va chercher le second poteau. Son centre est parfait, la course d’Awoniyi tout autant. La tête du Nigérian finit au fond. 0-1, et un silence lourd dans les tribunes.

Treize minutes plus tard, même couloir, même bourreau. Bakwa, cette fois, ne se contente pas de contourner Cucurella : il le dépose en un contre un, le dribble, l’efface, puis centre à nouveau. Awoniyi se jette, Malo Gusto accroche son maillot, l’attaquant s’écroule. L’arbitre laisse jouer, mais le VAR appelle Anthony Taylor à l’écran. Après visionnage, penalty. Igor Jesus s’avance, frappe avec sang-froid, et double la mise.

Deux actions, deux fois le côté gauche de Chelsea éventré, deux fois la même impuissance défensive. Pour un Stamford Bridge déjà au bord de la révolte, le scénario tourne à la caricature : treizième match consécutif sans clean sheet en Premier League, et aucune réaction.

Chelsea ne se réveille pas. L’équipe ronronne, sans rythme, sans tranchant. Les duels ? Perdus un par un. Les idées offensives ? Rares, prévisibles, facilement contenues par un Forest discipliné et agressif. Ce qui ressemblait à un coup de poker de Pereira avant le coup d’envoi devient, minute après minute, une leçon de gestion d’effectif.

McFarlane impuissant, Derry blessé, penalty manqué

Sur le bord du terrain, Calum McFarlane semble sans prise sur les événements. L’intérimaire de Chelsea subit le match, et doit en plus gérer un coup dur humain et symbolique : la grave blessure de Jesse Shaun Derry, lancé pour ses débuts et déjà en grande difficulté.

Juste avant la pause, sur un corner londonien, le ballon atterrit sur la tête du jeune ailier de 18 ans. Sa première tentative est mal assurée. Il se jette sur la seconde, courageux, mais Zach Abbott arrive lancé. Choc tête contre tête, brutal. Les deux joueurs restent au sol. Abbott finit par se relever et quitter la pelouse en marchant. Derry, lui, sort sur une civière, sous le regard inquiet de ses coéquipiers.

Anthony Taylor désigne le point de penalty pour la faute d’Abbott. La longue interruption – plus de dix minutes – ne change rien à la responsabilité qui pèse sur Cole Palmer. Il s’élance, frappe côté droit… Matz Sels plonge, devine, repousse. Le peu d’espoir qui restait dans l’enceinte retombe d’un coup.

Les cadres de Forest entrent, le match bascule définitivement

Au retour des vestiaires, Pereira appuie encore un peu plus là où ça fait mal. Il lance trois de ses titulaires habituels. Effet immédiat.

Cinq minutes après la reprise, Elliot Anderson perce les lignes d’une passe tranchante. Morgan Gibbs-White s’engouffre dans le dos de Cucurella, une nouvelle fois pris à défaut. Le numéro 10 de Forest, en pleine forme ces dernières semaines, fixe, temporise juste ce qu’il faut et sert Awoniyi sur un plateau. Le Nigérian ne se fait pas prier. 0-3, match plié.

La contribution de Gibbs-White sera pourtant courte. À l’heure de jeu, nouveau choc de têtes, cette fois avec Robert Sánchez, en courant après un ballon libre. Le meneur de jeu de Forest ressort avec un bandage et beaucoup de sang apparent, puis cède sa place à Chris Wood après une nouvelle longue interruption. Sánchez doit lui aussi quitter la pelouse, remplacé par Filip Jörgensen. Entre Derry, Abbott, Gibbs-White et Sánchez, le quota maximum de quatre remplacements pour commotion en championnat est atteint. Une rencontre hachée, lourde, qui laisse des traces des deux côtés.

João Pedro sauve l’honneur, sans effacer le malaise

Chelsea tente de sauver ce qui peut l’être. À un peu plus d’un quart d’heure de la fin, João Pedro pense enfin réduire l’écart. Sa première tentative est repoussée par Sels, mais il suit bien et catapulte le ballon de la tête dans le but. La joie est brève : le VAR intervient et annule.

Le Brésilien finit par être récompensé dans le temps additionnel. Centre de Cucurella, contrôle de la poitrine, retourné acrobatique qui file dans les filets. Cette fois, rien ne vient le priver de son but. Chelsea inscrit son premier but en Premier League depuis sept rencontres. Personne ne se rue vraiment pour célébrer.

Forest, lui, repart avec une victoire éclatante, obtenue avec une équipe largement remaniée, et la confirmation que sa profondeur de banc peut soutenir à la fois une lutte pour le maintien et un rêve européen. Chelsea, en revanche, reste englué dans ses doutes, incapable de défendre, stérile trop longtemps, et désormais confronté à une question brutale : combien de temps encore ce club acceptera-t-il de ressembler à ça ?

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