Cremonese s'incline face à Lazio lors de la 35e journée de Serie A
Au Stadio Giovanni Zini, Cremonese a laissé filer un avantage initial pour s’incliner 1-2 face à Lazio lors de la 35e journée de Serie A. Devant à la pause grâce à un but de F. Bonazzoli, l’équipe de Marco Giampaolo a progressivement reculé sous la pression d’un 4-3-3 laziale de plus en plus fluide, transformé par les changements de Maurizio Sarri. Malgré un volume de tirs supérieur (13 contre 8), les locaux n’ont pas su convertir leur domination initiale en points, alors que Lazio, portée par ses ajustements offensifs et une meilleure maîtrise du ballon (58 % de possession), a renversé le match en seconde période via G. Isaksen puis T. Noslin.
Premier Tournant
En termes de séquence, le premier tournant intervient dès la 21e minute, lorsque F. Baschirotto (OUT) cède sa place à M. Bianchetti (IN). Ce changement précoce en défense centrale modifie déjà la structure de la ligne arrière de Cremonese. Huit minutes plus tard, la construction patiente des locaux est récompensée : à la 29e, F. Bonazzoli ouvre le score sur une action construite, servi par R. Floriani, concrétisant le 4-4-2 de Giampaolo qui exploite bien les couloirs et les seconds ballons.
Lazio réagit d’abord par l’agressivité défensive : à la 40e, Oliver Provstgaard reçoit un carton jaune pour une faute, sanction qui illustre les difficultés des Romains à contenir les appels dans la profondeur. La pause intervient sur le score de 1-0, fidèle à une première période où Cremonese a su mieux transformer ses temps forts.
Bascule Tactique
La bascule tactique arrive dès le retour des vestiaires. À la 46e, double changement pour Lazio : Patric (OUT) est remplacé par N. Rovella (IN), puis D. Maldini (OUT) cède sa place à T. Noslin (IN). Sarri densifie son milieu avec un profil plus organisateur et ajoute de la puissance verticale devant. L’effet est immédiat : à la 53e, G. Isaksen égalise, servi par T. Noslin, déjà décisif dans les demi-espaces droits. Ce but valide le recentrage du jeu laziale sur des circuits courts entre les trois de devant et les milieux.
La vague de remplacements se poursuit. À la 60e, M. Zaccagni (OUT) sort pour Pedro (IN), ajoutant un attaquant expérimenté capable de fixer et de jouer entre les lignes. Cremonese répond à la 61e par un triple changement, signe d’une volonté de relancer la dynamique mais aussi d’un certain déséquilibre : A. Zerbin (OUT) est remplacé par M. Payero (IN), A. Sanabria (OUT) par J. Vardy (IN) et A. Grassi (OUT) par W. Bondo (IN). Giampaolo tente ainsi d’injecter de la fraîcheur au milieu et devant, tout en conservant le 4-4-2 de base.
À la 68e, nouveau mouvement clé côté local : R. Floriani (OUT), déjà passeur décisif, laisse sa place à T. Barbieri (IN). Cette rotation sur le flanc droit du milieu modifie les repères défensifs et offensifs, notamment dans la couverture des montées adverses. Lazio continue d’ajuster : à la 71e, K. Taylor (OUT) est remplacé par F. Dele-Bashiru (IN), donnant davantage de percussion et de volume au cœur du jeu.
Dernier Quart d’Heure
La dimension disciplinaire prend de l’ampleur dans le dernier quart d’heure. À la 76e, T. Barbieri est averti pour une faute, carton jaune qui sanctionne une intervention en retard et traduit les difficultés de Cremonese à contenir les renversements rapides de Lazio sur son côté. À la 81e, Sarri effectue un dernier changement offensif structurant : G. Isaksen (OUT), buteur, est remplacé par B. Dia (IN). Ce dernier va peser immédiatement en remise et dans l’attaque de la profondeur.
À la 88e, Nuno Tavares reçoit à son tour un carton jaune pour faute, illustrant l’intensité des duels dans les dernières minutes. Enfin, à la 90e, le coup de massue : T. Noslin, servi par B. Dia, inscrit le but du 1-2. Le duo de remplaçants combine dans une défense de Cremonese déjà entamée physiquement et réorganisée à plusieurs reprises, scellant le renversement laziale.
Analyse Tactique
Sur le plan tactique, Cremonese a débuté en 4-4-2 classique, avec E. Audero dans les buts, une ligne défensive Pezzella – Luperto – Baschirotto/Bianchetti – Terracciano, un milieu de quatre (Zerbin, Maleh, Grassi, Floriani) et un duo Bonazzoli – Sanabria devant. Ce dispositif a bien fonctionné en première période, notamment grâce à une densité axiale et à des transitions rapides vers les deux attaquants. Les 13 tirs (dont 5 cadrés) reflètent une volonté d’attaquer, mais l’xG limité à 0,51 montre que beaucoup de tentatives venaient de zones peu favorables ou sous pression.
L’entrée de M. Bianchetti très tôt a stabilisé la charnière sans pour autant changer la hauteur de bloc. En revanche, la série de remplacements à la 61e a fragmenté les repères collectifs : Vardy et Payero apportent de la mobilité, Bondo plus d’impact, mais l’équipe perd en continuité dans la circulation. L’introduction de T. Barbieri pour Floriani, passeur sur le but, a aussi diminué la qualité offensive sur le couloir droit, tout en exposant davantage ce côté aux permutations laziales. Défensivement, Audero n’a réalisé qu’un seul arrêt, alors que la métrique de buts évités négative (goals prevented à -0,75) suggère qu’il a concédé plus que ce que les tirs adverses laissaient anticiper.
Lazio, de son côté, a commencé en 4-3-3 avec E. Motta dans les buts, une défense Marusic – Romagnoli – Provstgaard – Nuno Tavares, un milieu Basic – Patric – K. Taylor et un trio Isaksen – Maldini – Zaccagni. La première période a été marquée par une possession déjà élevée (58 % sur l’ensemble du match) mais une faible production offensive (8 tirs au total, 3 cadrés). L’équipe a longtemps manqué de présence entre les lignes et de connexions verticales.
Les ajustements de Sarri ont tout changé. Le passage par Rovella au milieu a fluidifié la première relance et permis de mieux exploiter la supériorité technique au centre, tandis que l’entrée de Noslin a ajouté une menace constante dans les demi-espaces et dans la profondeur. L’apport successif de Pedro, Dele-Bashiru puis Dia a progressivement transformé le 4-3-3 initial en un dispositif plus hybride, proche d’un 4-2-4 en phase offensive, avec une forte occupation de la largeur et des zones de finition. Motta, auteur de 4 arrêts, a tenu son équipe dans le match lorsque Cremonese poussait encore, même si son propre indicateur de buts évités est également négatif (-0,75), signe que les occasions concédées étaient de bonne qualité.
Statistiques et Discipline
Sur le plan statistique, l’affrontement confirme un paradoxe : Cremonese tire plus (13 contre 8), cadre davantage (5 contre 3) mais produit moins d’xG (0,51 contre 0,96). Lazio, plus clinique, a mieux optimisé ses situations, notamment après les changements. La possession de 58 % pour les visiteurs s’accompagne d’une supériorité nette dans la circulation : 629 passes totales, 569 réussies (90 %), contre 447 et 376 (84 %) pour Cremonese. Cela traduit une domination progressive et un contrôle territorial croissant en seconde période.
Sur le plan disciplinaire, le bilan est précis : un carton jaune pour Cremonese (T. Barbieri à la 76e pour faute) et deux pour Lazio (Oliver Provstgaard à la 40e, Nuno Tavares à la 88e, tous deux pour faute). Aucun carton rouge. Collectivement, les 16 fautes de Cremonese contre 13 pour Lazio montrent un bloc local souvent en réaction, surtout après l’égalisation. En synthèse, les indices de forme globale et de solidité défensive penchent vers une Lazio plus cohérente dans la durée, capable d’élever son niveau structurel grâce à ses remplaçants, alors que Cremonese, malgré un plan initial efficace, a souffert d’une gestion des changements qui a fragmenté son organisation et laissé la main à un adversaire techniquement supérieur.




