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Diego Simeone : humour et superstitions avant le choc contre Arsenal

Diego Simeone, l’humour pour balayer les superstitions avant Arsenal – Atlético

À la veille d’une demi-finale retour de Ligue des champions qui peut faire basculer une saison, Diego Simeone a choisi de désamorcer la pression avec un sourire. Interrogé sur le changement d’hôtel de l’Atlético de Madrid à Londres, l’Argentin a envoyé une frappe sèche, façon contre-attaque bien menée.

Simeone a tranché, hilare : « L’hôtel était moins cher. C’est pour ça qu’on a changé. » Pas de gri-gri, pas de marabout. Juste un clin d’œil et un message : l’Atlético ne compte pas rejouer ce match dans sa tête, mais bien sur la pelouse de l’Emirates Stadium.

Un partout, balle au centre

Le décor est posé. Un 1-1 à l’aller, une place en finale en jeu, et une équipe de l’Atlético qui avance avec ses codes habituels : tension maximale, détails scrutés, émotions à canaliser. Mardi, il ne s’agira plus d’un simple voyage londonien, mais d’un examen final.

Simeone l’a rappelé, lucide : « En tant qu’entraîneurs, on doit penser à ce qui peut arriver mais ce sont les joueurs qui décident. On doit gérer nos émotions et jouer le mieux possible. Le match change dès le coup d’envoi. Avec le temps, on devient patient. Il ne s’agit pas d’être passif, mais calme, et c’est ce dont on a besoin dans ce type de rencontre. »

Calme, mais pas tiède. L’Atlético sait que la moindre erreur se paiera cash face à une équipe d’Arsenal qui l’a déjà puni lourdement cette saison. Le souvenir du 4-0 plane, même si personne ne veut l’admettre.

Julián Álvarez, l’arme retrouvée

Dans ce contexte, une bonne nouvelle a traversé le camp madrilène : Julián Álvarez est là, et il est prêt. Buteur sur penalty et très en vue au match aller, l’ancien attaquant de Manchester City avait dû quitter la pelouse prématurément avant de manquer la victoire 2-0 à Valence samedi dernier.

Cette fois, il a voyagé avec le groupe et se dirige vers une place de titulaire à l’Emirates. Un détail ? Pas vraiment. Avec 20 buts cette saison sous le maillot rojiblanco, l’Argentin est devenu une pièce maîtresse du dispositif de Simeone, qui sait aussi qu’Arsenal lorgne sur lui pour l’avenir.

Le coach ne s’en cache pas : « Julián Álvarez est important dans ce match parce qu’il connaît très bien le championnat anglais. Il a très bien joué la semaine dernière et j’espère qu’il pourra apporter ce dont il a besoin dans le match demain. »

Connaissance des pelouses anglaises, capacité à faire mal en transition, sang-froid sur penalty : le profil idéal pour un rendez-vous aussi nerveux. Si l’Atlético doit frapper juste et peu, Álvarez sera au cœur du plan.

Griezmann, peut-être le dernier tour de piste européen

Derrière l’enjeu collectif, une histoire plus intime se dessine. Antoine Griezmann, 212 buts en 494 matchs avec l’Atlético, joue peut-être sa dernière grande nuit européenne. À 35 ans, le Français n’a jamais soulevé la Ligue des champions et doit rejoindre Orlando City en fin de saison.

Si l’Atlético tombe à l’Emirates, ce sera sans doute la fin de son histoire avec la plus grande scène continentale. La perspective est lourde, mais Griezmann refuse d’en faire un drame personnel.

« Ce n’est pas quelque chose à laquelle je pense, a-t-il assuré. J’attends ce match avec impatience, ce sera une grande rencontre à jouer, et j’espère qu’on aura la bonne attitude, la bonne pression, et qu’on pourra s’appuyer sur notre deuxième mi-temps du match aller. »

Le discours reste celui d’un compétiteur obsédé par le présent. Pas par la nostalgie, ni par les regrets. « À chaque fois qu’on commence une campagne de Ligue des champions, tu peux te voir soulever le trophée, et n’importe quel enfant dans sa chambre ferait pareil. On n’est plus qu’à deux matchs maintenant et on doit être justes, tactiquement, défensivement et offensivement, et bien sûr on a besoin de marquer plus de buts qu’Arsenal. »

Tout est dit. Deux matchs pour un rêve, ou une sortie par la petite porte.

Entre calcul et courage

Sur le plan tactique, Simeone avance sur une ligne de crête. Il sait que son équipe ne pourra pas simplement bétonner face à une formation d’Arsenal qui a déjà démontré sa capacité à étouffer l’Atlético. Le 1-1 de l’aller laisse tout ouvert, mais impose une exigence : être clinique.

Gérer les émotions, oui. Mais refuser le combat, jamais. L’Atlético devra trouver ce point d’équilibre si caractéristique de ses grandes campagnes européennes : l’agressivité sans la panique, la patience sans la peur.

Le choix d’un nouvel hôtel ne changera rien à cela. Ni les étoiles sur la façade, ni l’adresse dans Londres. Ce qui comptera, ce sera la manière dont Julián Álvarez répondra au défi, dont Griezmann assumera peut-être sa dernière grande nuit européenne, dont ce groupe acceptera ou non de se frotter à ses propres limites.

Le reste se décidera là où Simeone aime que tout se décide : sur le coup de sifflet, dans le bruit, et sous les projecteurs d’une Ligue des champions qui ne pardonne rien.