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Nicolas Jackson : Chelsea a-t-il fait une erreur en le vendant à Aston Villa ?

Nicolas Jackson n’a pas seulement changé de club. Il a changé de dimension. Sept buts en 11 matches avec Aston Villa, une victoire signée d’un doublé contre Manchester City, et une question qui revient en boucle : pourquoi Chelsea l’a-t-il laissé partir à un rival direct de Premier League ?

À 25 ans, l’attaquant sénégalais est en train de se réinventer sous les ordres d’Unai Emery. Et certains anciens, pas les moindres, commencent à pointer du doigt la décision de Stamford Bridge.

Jackson, retrouvé sous Emery

Le décor est familier pour lui. Villa Park, certes, mais surtout Unai Emery, son mentor de l’époque Villarreal. Sous les ordres du technicien espagnol, Jackson a retrouvé cette pointe de tranchant qui manquait parfois à Londres.

Il a marqué lors de trois rencontres consécutives plus tôt dans la saison, puis a frappé un grand coup le week-end dernier avec un doublé décisif face au leader Manchester City. Une série qui change tout. Les mêmes courses, la même puissance, mais cette fois, la finition suit.

À Chelsea, on lui reprochait son déchet devant le but. Son jeu sans ballon, ses appels dans le dos, sa capacité à peser sur les défenses, eux, n’ont jamais été vraiment contestés. Désormais, ces qualités sont habillées de buts. Et c’est là que la décision des Blues commence à grincer.

Les anciens s’en mêlent

Sur le plateau de The Overlap, Gary Neville n’a pas tourné autour du pot. L’ancien défenseur de Manchester United a posé la question qui fâche : « Is Nicolas Jackson the most improved player in the Premier League? I always thought he would be a good signing for someone because he's a handful, I would hate to play against him. I do like him. »

Face à lui, Ian Wright a embrayé sans hésiter. L’ex-buteur d’Arsenal et de l’Angleterre savoure la renaissance du Sénégalais : « I'm delighted for him. When you watched him at Chelsea, yes he missed chances but everything else about his game... the way he makes runs, plays on the shoulder, his touch... you knew that if he could just start nicking some goals, he would be fine. »

Wright insiste sur ce basculement mental, visible même à l’écran : « You're looking at him now after scoring a few goals and you can actually see the confidence in him. He could go on a run at Villa, it's up to him now where he goes. »

La lecture est limpide : Chelsea détenait un attaquant complet, encore brut, mais avec un potentiel évident. Villa récolte aujourd’hui les fruits de cette patience que Londres n’a pas eue.

De Stamford Bridge au Bayern, puis retour… pour partir

L’histoire entre Jackson et Chelsea n’a pourtant pas commencé sous les pires auspices. Recruté en 2023 en provenance de Villarreal, il signe une première saison correcte : 17 buts toutes compétitions confondues. De quoi nourrir des espoirs légitimes.

La suite se grippe lors de l’exercice 2024-25. Son rendement baisse, la confiance s’effrite, et le club choisit de l’envoyer se relancer au Bayern Munich. Le deal est lourd : 14 millions de livres pour le prêt, avec une obligation d’achat à 56 millions conditionnée à certains critères, notamment un nombre d’apparitions.

Problème, Jackson tombe sur un mur : Harry Kane. Capitaine de l’Angleterre, tout frais Ballon d’Or, indiscutable en pointe. Le Sénégalais reste dans l’ombre, ne joue pas assez, ne déclenche donc pas l’option obligatoire. Il revient à Londres cet été, sans véritable statut, presque entre deux mondes.

À son retour, la voie est bouchée. La présence de Joao Pedro complique encore plus son accès au onze de départ. Chelsea tranche : vente sèche. Aston Villa pose 65 millions de livres. L’affaire est conclue.

Chelsea regarde-t-il déjà derrière lui ?

Pendant que Jackson empile les buts et la confiance à Birmingham, les regards se tournent vers Stamford Bridge. Entre critiques passées sur son manque de réalisme et départ précipité, le contraste est brutal.

Les faits sont têtus : un avant-centre de 25 ans, déjà à 7 buts en 11 rencontres, vendu à un concurrent direct, après une saison à 17 réalisations et un prêt dans un géant européen. À Villa, on parle de marge de progression, de série possible, de saison de référence. À Chelsea, on commence à se demander si ce transfert ne restera pas comme l’un de ces mouvements que l’on regrette longtemps.