Neymar : larmes et adieu au MetLife après l'élimination du Brésil
Neymar, larmes au MetLife : le dernier acte avec le Brésil
Le génie s’est assis sur la pelouse et n’a plus bougé. Au MetLife Stadium, dans le vacarme étouffé d’un stade qui ne comprenait pas encore ce qui se jouait, Neymar a laissé couler les larmes de toute une génération. Le Brésil venait d’être éliminé en huitièmes de finale de Coupe du monde par la Norvège (2-1), et avec cette défaite s’est refermée l’ère Neymar en Seleção.
« J’ai essayé, j’ai essayé. Maintenant c’est fini », a-t-il confié à Globo, encore haletant. « J’ai commencé ici, je termine ici. »
Le début et la fin au même endroit
Le symbole est brutal. Août 2010, MetLife Stadium : un gamin de 18 ans, crête et insouciance, découvre la Seleção face aux États-Unis et inscrit déjà son premier but avec le maillot jaune. Juillet 2026, même stade, même maillot, mais une silhouette marquée par les blessures, le regard plus lourd. Seize ans ont filé entre ces deux frappes, comme une boucle refermée sur le même rectangle de pelouse.
Contre la Norvège, Neymar a tout de même laissé sa trace. Un penalty transformé dans les dernières minutes, simple réduction du score, mais but historique. À 34 ans, il quitte la scène internationale en tant que meilleur buteur de l’histoire du Brésil : 80 buts, trois de plus que Pelé. Devant lui, personne. Derrière, une légende éternelle.
Son dernier but le fait entrer dans un autre cercle très fermé : il devient seulement le deuxième Brésilien, avec Pelé, à marquer lors de quatre Coupes du monde. Une statistique qui dit la longévité, la constance au plus haut niveau, malgré un corps souvent malmené.
La chute la plus précoce depuis 1990
Cette fois, le scénario n’a rien d’un conte. Deux coups de griffe d’Erling Haaland, un Brésil trop fragile derrière, et une élimination dès les huitièmes de finale, la plus précoce en Coupe du monde depuis 1990. Une claque pour un pays qui ne se juge qu’aux demi-finales et aux étoiles sur le maillot.
Au coup de sifflet final, Neymar s’effondre. Allongé sur le dos, regard perdu dans les projecteurs du MetLife, il ne cherche même pas à masquer son chagrin. Des coéquipiers viennent le relever, le serrent, le couvrent de mots que les caméras ne captent pas. L’image restera : la star qui a porté le Brésil pendant plus d’une décennie, terrassée par une sortie de route bien trop tôt.
Avec 130 sélections, Neymar s’arrête aussi à la deuxième marche du podium des joueurs les plus capés de l’histoire brésilienne, derrière Cafu (142). Il laisse derrière lui des chiffres colossaux, mais aussi la sensation d’une histoire inachevée en Coupe du monde, malgré tout ce qu’il a tenté pour la réécrire.
Ancelotti déjà tourné vers un « nouveau cycle »
Sur le banc, Carlo Ancelotti a encaissé le choc avec le masque des vieux routiers. Le technicien italien n’a pas cherché d’excuses, mais il a vite ouvert une porte vers l’avenir.
« Nous continuons à faire notre travail et à chercher de nouvelles idées », a-t-il expliqué. « C’est la même chose que ce que nous avons fait cette année. C’est une expérience pour moi, un résultat très décevant, et nous sommes tous vraiment attristés. »
Le ton est posé, mais le constat est clair. Ancelotti insiste sur le groupe, sur l’investissement, sur l’injustice ressentie : « Je ne pense pas que nous méritions de perdre, mais nous devons l’accepter. C’est ça, le football, c’est ça, le sport. Parfois il faut gérer la tristesse et l’amertume d’une défaite. »
L’Italien sait ce que signifie reconstruire après un choc. « Je suis très habitué à cela, mais nous allons prendre cette défaite et l’utiliser comme carburant pour le nouveau cycle. Tout le monde est profondément triste, comme les supporters. C’est normal d’avoir ces sentiments, mais ce que nous devons faire, c’est réagir correctement. »
Un « nouveau cycle ». Les mots tombent au moment où la plus grande star de l’équipe annonce sa retraite internationale. La transition ne sera pas douce. Elle sera brutale, comme ce huitième de finale perdu face à la Norvège.
L’héritage et le vide
Neymar laisse un héritage chiffré, incontestable. Meilleur buteur de l’histoire, deuxième joueur le plus capé, buteur dans quatre Coupes du monde. Mais au-delà des statistiques, il laisse un vide émotionnel, celui d’un joueur qui a porté, parfois à lui seul, les espoirs d’un pays obsédé par la Coupe du monde.
Son corps a souvent lâché, ses choix de carrière ont été débattus, son comportement parfois critiqué. Pourtant, chaque rassemblement du Brésil tournait encore autour de lui. Ballons dans les pieds, coups de pied arrêtés, responsabilités dans les moments brûlants. Il était le centre de gravité de la Seleção.
Le MetLife Stadium aura donc été à la fois le théâtre de son émergence et celui de son adieu. Entre ces deux dates, Neymar aura traversé les années comme un funambule : génial, contesté, spectaculaire, blessé, mais toujours attendu.
Le Brésil va maintenant avancer sans lui. Ancelotti parle de « carburant » et de « réaction ». Les jeunes talents ne manquent pas, les promesses non plus. Reste une question, simple et vertigineuse : qui osera, qui pourra, reprendre le poids du numéro 10 laissé au sol, ce soir-là, à New Jersey ?




