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Haaland propulse la Norvège en quarts après la victoire contre le Brésil

La Norvège a fait tomber un monument et écrit un morceau d’histoire. Menée par un Erling Haaland longtemps discret puis dévastateur, elle a renversé le Brésil (2-1) à New York New Jersey Stadium pour se hisser, pour la première fois de son histoire, en quarts de finale de Coupe du monde. Deux buts dans les onze dernières minutes, un gardien en état de grâce, et la Seleção renvoyée à ses doutes les plus sombres.

Nyland ferme la porte, le Brésil s’agace

Le ton est donné très vite. Patrick Berg pense ouvrir le score dès la troisième minute, mais la joie norvégienne s’éteint aussitôt, rattrapée par un hors-jeu dans la préparation de l’action. Avertissement sans frais pour le Brésil.

La suite devient le show d’Ørjan Nyland. Le gardien norvégien, déjà héroïque plus tôt dans le tournoi, passe un cap. Quand Kristoffer Ajer percute Matheus Cunha dans la surface, l’arbitre Ismail Elfath laisse d’abord jouer. La VAR l’appelle, le penalty est finalement accordé. Bruno Guimarães s’avance. Frappe molle, regard incrédule : Nyland plonge sur sa gauche et repousse. Premier tournant.

Le Brésil se crée alors une série d’occasions qui, un autre soir, auraient suffi. Une main ferme de Nyland détourne un tir croisé de Gabriel Martinelli, privant Guimarães d’un but tout fait au second poteau. Quelques minutes plus tard, une perte de balle de Martin Ødegaard plein axe offre un cadeau empoisonné à Vinícius Junior. Nyland, encore, sort la jambe et sauve les siens.

La Norvège plie, mais répond physiquement. Haaland, muselé dans le jeu, pèse pourtant sur la charnière Gabriel–Marquinhos. Juste avant la pause, sa puissance fait exploser la défense brésilienne, le ballon revient sur Ødegaard, dont la frappe oblige Alisson à une belle envolée. Le match vit sur un fil.

Endrick manque le coup parfait, Neymar entre en scène

Au retour des vestiaires, Ståle Solbakken tente un coup. Oscar Bobb et Andreas Schjelderup remplacent Antonio Nusa et Alexander Sørloth. Des jambes fraîches, davantage de mobilité entre les lignes. En face, la réponse est immédiate côté brésilien : l’entrée d’Endrick.

Le jeune attaquant a besoin de quelques secondes pour faire basculer l’atmosphère. Vinícius Junior le lance d’une merveille de passe extérieur du pied. Face-à-face. Nyland jaillit, Endrick pique… à côté. Le stade retient son souffle. La Norvège, elle, respire encore.

Nyland ne relâche jamais. Il claque un tir puissant de Rayan, puis sort une nouvelle parade devant Guimarães, même si l’action est finalement signalée hors-jeu. Le gardien norvégien tient son match référence sur la plus grande scène possible.

À la 67e minute, le volume sonore change. Neymar apparaît sur la touche, enlève son chasuble, entre. Le stade, largement acquis à la cause brésilienne, explose. Le symbole est fort : le Brésil jette toutes ses forces dans la bataille pour éviter une sortie indigne de son statut.

Haaland frappe, la Norvège fait tomber un géant

Le scénario, pourtant, s’écrit à contre-courant de cette ferveur. Alors que le Brésil pousse, c’est la Norvège qui frappe la première. Schjelderup, très juste depuis son entrée, se crée un peu d’espace côté gauche. Centre fouetté, ballon tendu. Haaland s’élève au-dessus de Gabriel et catapulte une tête dans le petit filet. Silence de plomb dans les tribunes, explosion sur le banc norvégien.

Le Brésil se rue vers l’avant, quitte à frôler la catastrophe. Sur un ballon aérien mal négocié, Ajer manque de tromper son propre gardien. Nyland, encore lui, recule en catastrophe et effleure juste assez le ballon pour l’empêcher de retomber sous la barre. Symbole d’une soirée où tout ce qui pouvait tourner en faveur de la Norvège a tourné en faveur de la Norvège… parce que son gardien l’a décidé.

Le temps file, la panique gagne les Sud-Américains. Et Haaland, lui, attend son moment. Il arrive à la 90e minute. Ballon récupéré à l’entrée de la surface, une touche pour se mettre sur son pied, frappe sèche et rasante dans le coin du but d’Alisson. 2-0. La Norvège croit tenir son exploit, Haaland rejoint Lionel Messi en tête du classement des buteurs du tournoi avec sept réalisations. L’image est forte : le géant nordique, souvent accusé de disparaître dans les grands rendez-vous internationaux, vient de sortir le Brésil.

Neymar réduit, l’Europe poursuit sa série noire pour la Seleção

Le match refuse pourtant de s’éteindre tranquillement. Au bout du temps additionnel, une nouvelle intervention litigieuse dans la surface norvégienne offre au Brésil un second penalty, après un geste de coude sur Casemiro. La tension monte d’un cran quand Neymar et Nyland s’invectivent avant la frappe. Cette fois, le numéro 10 brésilien ne tremble pas et transforme, au bout de la 100e minute.

Trop tard. La réduction du score ne change rien au verdict, seulement à la marge du naufrage. Le Brésil quitte la Coupe du monde dès les huitièmes de finale, une première depuis 1990. Sixième élimination consécutive face à un adversaire européen, malgré l’arrivée de Carlo Ancelotti censée mettre fin à 24 ans de disette mondiale.

La Norvège, elle, prolonge son rêve. Elle disputera un quart de finale historique à Miami, le 11 juillet, face au coorganisateur Mexico ou à l’Angleterre. Avec un gardien en état de grâce, un collectif discipliné, et un Haaland lancé dans une course au Soulier d’or aux côtés de Messi.

Après avoir fait tomber le Brésil, qui osera encore parler de surprise si les Norvégiens frappent un nouveau grand coup au prochain tour ?