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Neymar tire le rideau sur sa carrière avec la Seleção

Neymar, larmes aux yeux, tire le rideau sur sa Seleção

Au MetLife Stadium de New Jersey, l’histoire s’est refermée là où elle avait commencé. Sous les projecteurs d’un huitième de finale perdu contre la Norvège, Neymar a annoncé, la voix brisée, que son aventure avec le Brésil était terminée.

« J’ai essayé, j’ai essayé. Maintenant, c’est fini. J’ai commencé ici, je termine ici », a-t-il confié à TV Globo, quelques minutes après l’élimination. Phrase sèche, définitive. Comme un coup de sifflet final sur seize années de sélection.

Un dernier but, sans miracle

À 34 ans, Neymar n’était plus le centre du projet brésilien. Il est entré à la 67e minute, avec le Brésil déjà mené 2-0 par une Norvège solide et sans complexe. Mission impossible.

Il a touché quelques ballons, cherché les intervalles, tenté de provoquer. Le temps filait, la Norvège tenait, le Brésil s’éteignait.

Dans les arrêts de jeu, une dernière étincelle : un penalty transformé avec son sang-froid habituel. Filet secoué, gardien pris à contre-pied, geste maîtrisé. Mais but de consolation seulement, sans renversement d’histoire. Le Brésil sort, Neymar aussi.

Le stade des débuts, le stade des adieux

Le symbole est brutal. C’est dans cette même enceinte du MetLife Stadium qu’il avait enfilé pour la première fois le maillot de la Seleção, en août 2010. Il avait alors 18 ans, un futur à inventer, une coiffure déjà iconique, et un premier but lors d’un succès 2-0 en amical contre les États-Unis.

Seize ans plus tard, le décor n’a pas changé, mais le poids de l’histoire, oui. Entre-temps, Neymar est devenu le meilleur buteur de l’histoire de la sélection brésilienne, avec 80 réalisations. Un chiffre colossal, dans un pays qui a vu passer Pelé, Ronaldo, Romário, Zico.

Avec 130 sélections, il se place aussi sur le podium des plus fidèles au maillot jaune, juste derrière Cafu et ses 142 apparitions. Une longévité qui raconte autant son talent que l’attente permanente d’un peuple à son égard.

Un retour fragile, un dernier tournoi

Neymar n’avait plus joué avec le Brésil depuis 2023, miné par les blessures, les rechutes, les interrogations sur son avenir au plus haut niveau. Sa convocation pour la Coupe du monde 2026 avait donc valeur de pari. Et de dernière danse.

Son rôle a été réduit. Il est entré en jeu en fin de match lors du dernier rendez-vous de la phase de groupes, une victoire 3-0 face à l’Écosse. Quelques minutes pour se remettre le maillot sur le dos, renouer avec l’hymne, retrouver le regard des supporters.

Face à la Norvège, en huitième de finale, il a eu un peu plus de temps. Mais pas assez pour infléchir le destin. Pas assez pour changer l’allure d’un tournoi où il n’aura été qu’un acteur intermittent, loin du statut de figure centrale qui fut le sien en 2014, 2018 et 2022.

Quatre Coupes du monde, un héritage complexe

Quatre Mondiaux disputés. Quatre campagnes qui ont façonné l’image de Neymar en sélection : génie offensif, leader technique, mais aussi symbole d’une génération qui n’a jamais réussi à ramener le trophée au pays.

De la blessure en 2014 à domicile à cette sortie en 2026, en passant par les désillusions de 2018 et 2022, sa trajectoire en Coupe du monde reste marquée par ce manque ultime : une finale, une Coupe, une consécration. Les chiffres, eux, ne disparaîtront pas. Les dribbles non plus. Ni les buts, ni les coups francs, ni les soirées où il a porté le Brésil à bout de jambes et de talent.

Cette fois, il n’y aura pas de prochaine chance sous le maillot de la Seleção, si sa décision se confirme. Le joueur l’a dit, simplement : « Maintenant, c’est fini. »

Le Brésil devra apprendre à vivre sans son numéro 10 historique de l’ère moderne. La question, désormais, n’est plus de savoir ce que Neymar peut encore offrir à la sélection, mais ce que la sélection saura bâtir après lui.