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Neymar met fin à sa carrière internationale avec la Seleção

À New Jersey, la nuit a eu un goût de fin d’époque pour le football brésilien. Une défaite 2-1 contre la Norvège en huitièmes de finale, une élimination amère… et au milieu de la désillusion, les larmes de Neymar.

Le numéro 10 a lâché les mots que tout un pays redoutait d’entendre. « J’ai essayé, j’ai essayé. Maintenant c’est fini. J’ai commencé ici, j’ai fini ici », a-t-il déclaré, en sanglots, au micro de TV Globo, au MetLife Stadium.

Le cercle bouclé au MetLife Stadium

Le symbole est brutal. C’est dans cette même enceinte, le MetLife Stadium, qu’un jeune Neymar avait enfilé pour la première fois le maillot de la Seleção, le 10 avril 2010, en amical contre les États-Unis. Première cape, premier but. Une promesse.

Seize ans plus tard, au même endroit, il referme le livre. Cette fois, son but n’a pas suffi. Un penalty transformé dans le temps additionnel, seul rayon de lumière brésilienne dans une soirée grise. Un dernier geste décisif, presque par devoir, comme pour ne pas quitter la scène sans laisser une dernière trace.

Le meilleur buteur de l’histoire du Brésil

Si ses mots se confirment, Neymar quitte la Seleção avec un statut que personne ne pourra lui enlever : meilleur buteur de l’histoire de l’équipe nationale, avec 80 réalisations. Il dépasse ainsi la légende Pelé et ses 77 buts, figure tutélaire qu’il a rejointe aussi sur un autre terrain : celui des Coupes du monde disputées. Pelé était longtemps resté le seul Brésilien à avoir pris part à quatre éditions. Neymar l’a rejoint dimanche.

Au classement des apparitions, il n’est devancé que par Cafu. Le latéral droit mythique compte 142 sélections, Neymar 130. Deux trajectoires différentes, une même longévité au sommet.

Un crépuscule marqué par les blessures

La fin de parcours international de Neymar a été rongée par les pépins physiques. Son dernier but avant cette Coupe du monde remontait déjà à 2023, dernière année où il avait porté le maillot jaune avant de déchirer son ligament croisé antérieur. Une blessure lourde, qui a pesé sur tout le reste.

Au Mondial 2026, il a encore dû composer avec son corps. Touché au mollet droit, il a manqué les deux premiers matches de poule. Rentré en jeu seulement 15 minutes contre l’Écosse le 24 juin, il a encore débuté sur le banc face à la Norvège, avant d’entrer à la 67e minute pour ce qui ressemble désormais à sa dernière danse avec le Brésil.

Il aura tout de même trouvé le moyen de marquer. Une habitude. Un réflexe. Mais cette fois, le scénario n’a pas basculé en sa faveur.

Une page tournée, un vide immense

Neymar laisse derrière lui des chiffres, des records, des débats sans fin, mais surtout une empreinte. Génie précoce, dribbleur incandescent, joueur parfois contesté, souvent ciblé, toujours attendu. Il a porté sur ses épaules, pendant plus d’une décennie, les espoirs d’un pays qui ne tolère rien d’autre que la victoire.

Le Brésil devra maintenant apprendre à vivre sans son numéro 10. La Seleção a déjà connu des reconstructions, des transitions douloureuses, des renaissances spectaculaires. Mais comment remplace-t-on un joueur qui a marqué 80 fois sous ce maillot et qui a façonné toute une génération de supporters ?

La question, ce soir, dépasse la simple élimination. Ce n’est pas seulement une Coupe du monde qui s’achève pour Neymar. C’est une ère du football brésilien qui vient de tirer sa révérence, là où elle avait éclaté au grand jour.