Neymar : avenir entre Santos, MLS et tensions avec les supporters
Le feuilleton Neymar a repris de la voix. À 34 ans, l’attaquant de Santos voit son nom revenir avec insistance du côté des États-Unis, où FC Cincinnati se montre déterminé à l’attirer en MLS après la Coupe du monde 2026. En coulisses, le dossier s’active déjà : son père préparerait une réunion de haut niveau avec des représentants du championnat nord-américain pour explorer un accord qui l’enverrait « stateside » une fois le Mondial bouclé.
Un retour à Santos productif, mais sous compte à rebours
Revenu à Santos en janvier 2025, dans ce club qui l’a lancé et où son histoire professionnelle a commencé, Neymar n’est pas venu faire de la figuration. Quinze buts, sept passes décisives, 38 apparitions : les chiffres rappellent que le talent est intact, que le flair devant le but n’a pas disparu avec les années ni les blessures.
Mais le calendrier, lui, ne pardonne pas. Son contrat expire en décembre. Chaque match ressemble un peu plus à un compte à rebours. Chaque prise de parole est scrutée à la loupe, chaque geste interprété comme un indice sur son avenir.
Après le nul frustrant de Santos face à Recoleta, dans la zone mixte, la question est tombée, frontale : va-t-il quitter le club dès le prochain mercato ? Neymar n’a pas joué la carte de la grande déclaration.
« Je ne sais pas. Honnêtement, je ne sais pas. J’ai un contrat avec Santos jusqu’à la fin de l’année et j’ai l’intention de l’honorer », a-t-il répondu. Une phrase qui ferme la porte à un départ immédiat… tout en laissant largement ouverte celle d’un nouveau chapitre dès janvier.
Une nuit électrique à Vila Belmiro
Si l’incertitude sportive plane, l’ambiance autour de lui s’est brutalement tendue mardi soir. À la Vila Belmiro, le climat a viré au toxique. Neymar, buteur du premier but de Santos, s’est retrouvé au cœur d’une altercation avec un supporter qui l’a traité de « gâté ».
L’international brésilien n’a pas encaissé en silence. Il a répliqué, s’en prenant à l’apparence physique de son détracteur et en défendant son implication sur le terrain. Scène rare, presque irréelle, entre un enfant du club revenu au pays et une partie d’un public censé l’adorer.
Plus tard, il a tenu à clarifier sa version :
« Je me suis seulement plaint, je ne me suis pas disputé. J’ai répondu au supporter à propos de la façon dont il m’a parlé. Je comprends les fans qui critiquent notre jeu, mais quand ça devient personnel, quand il attaque d’une autre manière, je ne peux pas l’accepter. »
Ces mots disent tout de la ligne de fracture actuelle : la critique sportive, il l’assume ; l’attaque personnelle, il la rejette. Et dans un stade où la frustration grandit au rythme des résultats mitigés, la moindre étincelle peut allumer un incendie.
Entre Mondial, genou fragile et vitrine américaine
Pendant que les rumeurs de MLS enflent et que le climat se crispe, Neymar a une autre obsession : être prêt pour ce qui pourrait être sa quatrième Coupe du monde. Son genou, déjà martyrisé par les années, reste sous surveillance. Il vient de subir une nouvelle intervention de suivi, pensée pour lui permettre d’atteindre son pic de forme avec le Brésil cet été, sur le sol nord-américain.
Ce Mondial-là pourrait tout changer. Il peut servir de tremplin, de vitrine, presque d’audition géante pour une arrivée en MLS. Les dirigeants de FC Cincinnati le savent. Les représentants de la ligue aussi. L’idée est claire : capter une star mondiale au moment où le football s’enracine un peu plus dans le paysage sportif américain.
En attendant, la réalité quotidienne reste celle de Santos. Avant de rêver de stades pleins aux États-Unis, Neymar doit affronter une série de matches compliqués avec le club pauliste. Prochain obstacle : la réception de Fluminense, test sérieux pour une équipe sous pression et un leader dont chaque geste sera disséqué.
Son avenir se jouera peut-être dans des bureaux climatisés, entre réunions et contrats. Mais sa crédibilité, elle, continue de se construire sur la pelouse. À Santos, au Mondial, puis peut-être à Cincinnati. La question n’est plus de savoir si un nouveau chapitre arrive, mais à quelle vitesse il va s’ouvrir – et sur quel continent.




