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Nestory Irankunda : le transfert audacieux au Sporting CP

Nestory Irankunda va changer de dimension. Le jeune international australien disputera cette saison la Ligue des champions avec le Sporting CP, son transfert en provenance de Watford ayant été officialisé samedi.

Un deal lourd, un jackpot partagé

Le club lisboète débourse environ 15 millions d’euros pour attirer l’ailier de 20 ans, un montant qui pourrait grimper à un peu plus de 18 millions avec les bonus. Un chiffre conséquent pour un joueur qui n’a qu’une saison complète en Championship derrière lui, mais qui confirme la cote grandissante de l’Australien sur le marché européen.

Bayern Munich, où Irankunda était passé avant de rejoindre Watford en 2025, n’a pas été oublié. Grâce à une clause de revente négociée à l’époque, le club allemand récupérerait 40 % du montant global du transfert. Une opération qui récompense aussi, en coulisses, le travail de formation à l’autre bout du monde.

Adelaide United et Adelaide Croatia, les clubs où Irankunda a été façonné avant son départ pour l’Europe, toucheront eux aussi leur part du gâteau. Entre pourcentages à la revente liés à son passage au Bayern et mécanismes d’indemnité de formation de la FIFA, le transfert vers Lisbonne irrigue toute la chaîne de son développement.

De la Championship à la scène européenne

Sportivement, Irankunda arrive lancé. Pour sa première saison en Angleterre, il a inscrit neuf buts en Championship avec Watford, après son transfert définitif depuis le Bayern. Un rendement solide pour un joueur en phase d’adaptation, dans un championnat réputé rugueux.

En juin, il a frappé encore plus fort avec la sélection. En marquant lors de la victoire 2-0 des Socceroos face à Türkiye en Coupe du monde en Amérique du Nord, il est devenu le plus jeune Australien à scorer dans un Mondial masculin. Un but qui a changé son statut : d’espoir prometteur, il est passé à joueur suivi de très près par les recruteurs des grands championnats.

Le voilà désormais propulsé dans un club qui jouera la nouvelle phase de ligue de la Ligue des champions, après une deuxième place en Primeira Liga 2025-26 et un quart de finale la saison passée, perdu face au futur finaliste Arsenal. Le décor change, la pression aussi.

Un secteur offensif dense et concurrentiel

À Lisbonne, Irankunda débarque dans une attaque déjà bien fournie. Il va rejoindre le buteur grec Fotis Ioannidis, l’attaquant colombien Luis Suárez, l’ailier mozambicain Geny Catamo et l’international portugais Pedro Gonçalves. Un mélange de profils, de rythmes et de styles, dans lequel l’Australien devra rapidement trouver sa place.

Catamo, titulaire sur l’aile lors du nul 2-2 face à Estrela da Amadora lors de la première journée du championnat portugais samedi, pourrait toutefois s’en aller. Sunderland, Brentford, Aston Villa et Everton suivent de près le Mozambicain. Si un départ se concrétise, l’espace pour Irankunda sur les ailes pourrait s’ouvrir plus vite que prévu.

Le Sporting, club où Cristiano Ronaldo a effectué ses débuts professionnels en 2002, n’a plus rien à prouver en matière de formation et de valorisation de talents. Ces dernières années, Os Leões ont envoyé Geovany Quenda à Chelsea, Viktor Gyökeres à Arsenal, Bruno Fernandes à Manchester United ou encore Manuel Ugarte au Paris Saint-Germain. Irankunda sait exactement où il met les pieds : dans une machine à fabriquer des transferts majeurs.

Sous la direction de Rui Borges, le Sporting vise au minimum la répétition de son beau parcours européen de la saison passée. L’arrivée de l’Australien s’inscrit dans cette logique : apporter de la percussion, de la profondeur, et une menace constante dans le un-contre-un sur la scène continentale.

Entre Lisbonne et les Socceroos

Le calendrier d’Irankunda ne va pas tarder à se charger. Après ses premiers pas attendus au Portugal, il pourrait retrouver le maillot vert et or dès le mois prochain. L’Australie doit affronter le Brésil lors de deux matches amicaux à Townsville et Brisbane. Un double rendez-vous idéal pour mesurer, face à une référence mondiale, les progrès du nouveau joueur du Sporting.

À 20 ans, Irankunda change de plateau : d’une saison de révélation en Championship à la lumière crue de la Ligue des champions. Reste à savoir s’il deviendra au Sporting un simple maillon offensif… ou la prochaine grande vente d’un club qui a fait de ce scénario sa spécialité.