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Inter – Betis : dernier test avant le combat

Invaincue tout l’été, l’Inter boucle sa préparation face à un Real Betis euphorique devant le but. Samedi, au Stadio San Nicola de Bari, ce ne sera pas un simple tour d’honneur pour les champions d’Italie. Ce sera un vrai crash-test face à une équipe andalouse qui retrouve la Ligue des champions après vingt ans d’absence et qui voyage avec l’odeur du but dans les valises.

L’Inter solide… mais jamais hermétique

Les chiffres sont têtus : l’Inter n’a pas encore rendu une seule copie propre défensivement cet été. Karlsruher SC, Manchester City, Milan, Juventus : quatre adversaires, quatre buts encaissés, un par match. Cristian Chivu a gardé son invincibilité, mais sa ligne arrière a été systématiquement percée.

Le tableau n’est pas alarmant, mais il est clair. Cette Inter-là sait contrôler, sait gagner, mais elle laisse toujours une ouverture. Et face à un Betis qui a marqué 14 fois en sept rencontres de préparation, la marge d’erreur sera mince.

Les Milanais restent sur des succès contre Karlsruher SC et la Juventus, et des nuls face à Milan et Manchester City, avec une victoire finale aux tirs au but contre les champions d’Angleterre à Hong Kong. Bilan : quatre matches, six buts marqués. Efficace, sans être étincelant.

La vraie bonne nouvelle, c’est le retour du duo de feu. Lautaro Martínez et Marcus Thuram, laissés au repos lors de la tournée asiatique après la Coupe du monde, sont de nouveau opérationnels et devraient débuter ensemble. Devant, le ton va monter.

Derrière eux, les recrues estivales Ivan Provedel et John Stones poussent pour gratter du temps de jeu dans ce dernier galop d’essai. Au milieu, Davide Frattesi se rapproche d’un prêt à la Lazio, signe que la hiérarchie se clarifie à l’approche de la reprise.

Betis, l’été en vert, en blanc… et en buts

En face, Betis arrive avec une seule défaite en sept matches de préparation et des références qui claquent : 4-0 contre Lyon, 3-1 face à Arsenal, puis un 2-2 animé contre Bournemouth. Les hommes de Manuel Pellegrini ne ferment pas le jeu, ils l’ouvrent en grand.

Au cœur de cette vague offensive, un nom a surgi : Nelson Deossa. Le Colombien est devenu l’histoire de l’été bético. Avec Cédric Bakambu parti et Cucho Hernández encore en congés prolongés, Pellegrini l’a repositionné en faux neuf dans son 4-2-3-1. Pari tenté, pari gagné.

Deossa a transformé l’essai. Un penalty contre Sportfreunde Lotte, un autre face à Lyon, puis une frappe lointaine splendide contre Arsenal, à plus de 30 mètres, trompant Kepa. Ce dernier missile, décoché sous les yeux de recruteurs d’Ipswich, Leeds, West Ham et Wolves, a fait grimper sa cote d’un cran.

Les clubs de Premier League observent, prennent des notes. Betis, lui, se montre désormais beaucoup plus réticent à l’idée de le laisser partir. Mais le marché anglais sait parfois formuler des offres impossibles à refuser. En attendant, Deossa a un dernier rendez-vous pour frapper fort avant la fermeture du mercato.

Autre bonne nouvelle pour Pellegrini : Antony est disponible malgré son carton rouge lors d’un récent amical. Álvaro Fidalgo a vu son problème au genou se résorber, Junior Firpo a laissé derrière lui ses soucis musculaires. Et le jeune ailier de 19 ans, José Antonio Morante, devrait conserver sa place après avoir marqué des points cet été.

Pari logique : Inter vainqueur, mais filet secoué des deux côtés

Tout pointe vers un scénario identique à celui qui rythme les matches des deux équipes depuis un mois : des occasions, des espaces, et des défenses pas encore totalement réglées.

L’Inter reste plus armée, plus complète, plus habituée à ce type de rendez-vous. À domicile, même délocalisée à Bari, avec Lautaro Martínez et Marcus Thuram de retour aux commandes, la victoire milanaise reste la piste la plus cohérente.

Mais imaginer Betis muet serait aller contre le courant de l’été. Entre la série de l’Inter sans clean sheet et le réalisme offensif andalou, tout pousse à envisager un succès nerazzurro avec au moins un but espagnol au passage.

Deossa, la cote brûlante

Dans ce contexte, le regard se tourne forcément vers Deossa. Il arrive en Italie avec la confiance gonflée par ses trois buts estivaux, dont cette frappe monstrueuse contre Arsenal qui a fait le tour des bureaux de recrutement.

Installé en faux neuf, mobile, agressif, il incarne le danger numéro un côté Betis. Son envie de marquer les esprits, sous l’œil des scouts anglais et dans un grand stade italien, ajoute une couche de tension. Un but de sa part dans un match ouvert n’aurait rien d’une surprise. Au contraire, ce serait presque la continuité logique de son été.

Vers un match ouvert : la porte grande ouverte aux buts

Les chiffres racontent la même histoire que les sensations. Sur les quatre amicaux de l’Inter, deux ont produit trois buts, deux autres seulement deux. Rien de fou, mais jamais un blocage total.

Du côté de Betis, les tests les plus relevés ont tourné à la soirée portes ouvertes : quatre buts contre Lyon, quatre encore contre Arsenal, quatre toujours face à Bournemouth (2-2). Quand le niveau monte, le score s’emballe.

Avec un dernier match de préparation, des changements en cascade attendus et des joueurs qui veulent arracher une place de titulaire, tout laisse penser que les lignes vont s’étirer, que les défenses vont souffrir, que les attaquants vont s’amuser.

Un score du type 2-1 pour l’Inter s’inscrit parfaitement dans cette logique : les Nerazzurri plus forts dans les zones décisives, Betis suffisamment tranchant pour trouver la faille, et un Deossa capable de s’inviter sur la feuille.

Les compositions probables : des armes partout

Côté Inter, une ossature déjà très compétitive se dessine : Provedel dans le but, une défense Bastoni – Pavard – Stones, Luis Henrique et Dimarco sur les côtés, Barella, Stankovic et Zielinski au milieu, Lautaro Martínez et Thuram devant. Difficile de faire plus sérieux pour un dernier test.

En face, Betis devrait aligner : Manu González, Gómez, Llorente, Ortiz, Firpo, Roca, Bernal, Antony, Morante, Fidalgo, Deossa. Un mélange d’expérience, de jeunesse, et surtout de profils offensifs capables de faire mal en transition.

La préparation s’achève, les réglages aussi. À Bari, ce ne sera plus un simple exercice de style : ce sera un révélateur. L’Inter est-elle déjà prête à défendre son trône ? Et Betis, prêt à revenir avec fracas sur la scène européenne ?