Mourinho revient avec le Real Madrid, Haaland brille avec City
PARIS – La Ligue des champions a retrouvé un visage familier sur son banc, et il a recommencé par une victoire. Pour son retour dans la compétition avec le Real Madrid, Jose Mourinho a dominé l’Inter Milan 2-1 au Bernabeu, au terme d’un match débridé, parfois irrationnel, comme il les aime.
Dans le même temps, Erling Haaland a encore fait plier l’Europe, avec un doublé pour offrir le succès de Manchester City à Porto. Aston Villa et le Borussia Dortmund ont également lancé leur campagne par une victoire lors de cette première soirée d’une phase de ligue désormais étalée sur trois jours.
Mourinho revient, Mbappé frappe, l’Inter se saborde
Le Real n’a pas traîné pour marquer son territoire. Deux erreurs grossières de la défense de l’Inter, deux coups de poignard. D’abord Yann Bisseck, en difficulté, laisse Kylian Mbappé ouvrir le score pour sa 99e apparition en Ligue des champions. Une frappe, un but, et un nouveau jalon : 71 réalisations dans la compétition, autant que la légende Raul.
Madrid mène, Madrid contrôle, et l’Inter s’enfonce. Josep Martinez tente un dribble suicidaire dans ses six mètres face à Fede Valverde. Le gardien se fait reprendre, le milieu uruguayen récupère et pousse le ballon au fond. 2-0, le Bernabeu gronde, Mourinho jubile.
L’Inter refuse pourtant de mourir. Carlos Augusto réduit l’écart et relance le suspense. Le Real recule, concède, mais tient jusqu’au bout. Quand le coup de sifflet final retentit, Mourinho résume la folie de la soirée au micro de Movistar : « C’était un match fou. Un match qui finit 2-1 aurait pu finir 7-6 sans aucun problème. »
Haaland, 59 buts en 59 matches, City déroule à Porto
À Porto, le scénario fut moins chaotique, mais tout aussi implacable. L’équipe d’Enzo Maresca a attendu la seconde période pour faire la différence face au champion du Portugal. Deux minutes après la reprise, Enzo Fernandez dépose un centre sur la tête d’Erling Haaland. Le Norvégien surgit, conclut, et casse la résistance de Porto.
Le temps additionnel offre le doublé. Haaland surgit encore, plie le match, et aligne désormais une statistique irréelle : 59 buts en 59 rencontres de Ligue des champions. Fernandez, lui, n’en revient presque pas : « Erling Haaland est un animal. C’est une bête, donc à chaque fois qu’il est sur le terrain, je vais le chercher, et j’espère lui donner encore beaucoup de passes décisives », lâche-t-il sur Amazon Prime.
Manchester City, vainqueur de l’édition 2023, enchaîne une quatrième victoire consécutive toutes compétitions confondues. Prochain rendez-vous européen : un choc à domicile face au tenant du titre, le Paris Saint-Germain.
Villa se libère, enfin
Aston Villa avait besoin d’air. Après un début de saison étouffant en Premier League, sans le moindre but en trois journées, le champion en titre de la Ligue Europa a trouvé un peu de lumière en Belgique. À Bruges, les hommes d’Unai Emery s’imposent 3-2 face au Club Brugge, champion de Belgique, au terme d’un match ouvert et parfois décousu.
John McGinn ouvre la voie d’une superbe frappe enroulée dans le petit filet opposé. L’embellie est de courte durée : Hugo Vetlesen égalise pour les locaux. Mais Villa réagit aussitôt. Emiliano Buendia redonne l’avantage, puis Nicolas Jackson, recrue estivale, profite d’une sortie manquée de Yann Sommer hors de sa surface pour filer seul au but et inscrire le 3-1 juste avant la pause.
La deuxième période devient plus nerveuse. Nicolo Tresoldi redonne espoir à Bruges sur penalty après une main d’Aaron Wan-Bissaka. Le même Tresoldi trouve ensuite le poteau, tout près du doublé. Villa plie, mais ne rompt pas. « On a fait un pas en avant aujourd’hui et c’était très, très important pour notre confiance et notre stabilité », insiste Emery. Un souffle dont le club de Birmingham avait cruellement besoin.
Guirassy, héros et malheureux de Dortmund
À Dortmund, le spectacle a pris une tournure encore plus étrange. Finaliste en 2024, le Borussia débute sa campagne par une victoire 3-2 contre Villarreal, avec Serhou Guirassy au centre de toutes les attentions.
Au retour des vestiaires, Renato Veiga marque contre son camp et offre l’avantage au BVB. Villarreal réagit par Santiago Mourino, auteur d’une tête victorieuse qui ramène les Espagnols à hauteur. Le Signal Iduna Park gronde, attend un sauveur. Il s’appelle Guirassy.
À dix minutes du terme, l’attaquant guinéen redonne l’avantage aux Allemands. Puis il transforme un penalty pour signer son doublé et le troisième but de son équipe. Le match semble plié. Pourtant, la soirée réserve une dernière ironie : sur un arrêt de Gregor Kobel, le ballon rebondit sur le visage de Guirassy et termine au fond. Un but contre son camp improbable, qui ramène Villarreal à 3-2. Dortmund s’en sort, mais son avant-centre quitte la pelouse à la fois héros et malchanceux.
Parrott encore décisif, Betis renverse Lille
À Lille, le Real Betis a signé un retour marquant en Ligue des champions, 21 ans après sa dernière apparition. Les Andalous s’imposent 3-2 en France après avoir été menés deux fois, avec Troy Parrott encore en sauveur.
Ayase Ueda ouvre le score pour Lille. Marc Bartra égalise une première fois. Alexsandro redonne l’avantage aux Nordistes, Bartra répond encore. Le match se tend, les défenses souffrent. À la 53e minute, Parrott, déjà buteur décisif le week-end précédent contre le Real Madrid, frappe à nouveau. Son but offre la victoire à Betis et scelle un retour européen parfaitement assumé.
La soirée se termine mal pour Lille : Ethan Mbappe, le frère cadet de Kylian, est expulsé. Une note sombre pour un club qui avait pourtant mené deux fois au score.
Le coup franc de Marin fait exulter Athènes
Dans l’autre rencontre de la soirée, l’AEK Athens s’offre un départ idéal. Face au champion d’Autriche LASK, les Grecs s’imposent 1-0 grâce à un coup franc somptueux de Razvan Marin. Une frappe sèche, précise, qui contourne le mur et laisse le gardien sans réaction.
Une première nuit européenne déjà riche en récits, en erreurs coûteuses, en buts fous et en chiffres démentiels. Et la sensation que cette nouvelle Ligue des champions, éclatée sur trois soirées, n’a pas fini de bousculer les habitudes. Qui saura en tirer le meilleur avant le printemps ?



