Mondial 2023 : États-Unis, Allemagne et Pays-Bas visent les huitièmes
EAST RUTHERFORD (États-Unis) – Jeudi s’annonce comme une journée de bascule dans ce Mondial : les coorganisateurs américains et l’Allemagne visent le sans-faute en phase de groupes, tandis que les Pays-Bas et le Japon se placent déjà dans le couloir d’accès vers les huitièmes.
Les États-Unis veulent garder le pied au plancher
Les chiffres sont clairs : deux matchs, deux victoires, la première place du groupe D déjà verrouillée après des succès contre le Paraguay et l’Australie. Mais dans ce Mondial à domicile, les États-Unis ne comptent pas lever le pied face à une Turquie déjà éliminée, à Los Angeles.
Mauricio Pochettino, lui, doit jongler. Quatre titulaires majeurs – Chris Richards, Antonee Robinson, Tyler Adams et Folarin Balogun – sont sous la menace d’une suspension en cas de nouvel avertissement. La tentation de faire tourner est réelle. Le risque aussi.
Une bonne nouvelle, pourtant, change la donne offensive : Christian Pulisic est de retour. Gêné au mollet, limité à 45 minutes depuis le début du tournoi, le meneur américain veut tout de suite remettre le curseur très haut. « Aller en phase à élimination directe avec une victoire, ça change tout », insiste-t-il. « On n’en a pas forcément besoin, mais c’est un match de Coupe du monde, on veut tous donner le maximum et bien faire. »
Les États-Unis n’ont plus atteint les quarts de finale depuis 2002. Le départ canon dans ce tournoi a ravivé l’idée d’un vrai parcours sur leurs terres. Face à une Turquie déjà dehors, ils ont l’occasion d’envoyer un signal de plus, sans perdre de vue la gestion des cartons et des organismes.
Dans l’autre rencontre du groupe, l’Australie et le Paraguay se disputent la deuxième place à Santa Clara. Un nul suffirait aux Socceroos grâce à une meilleure différence de buts, mais pourrait aussi, selon les scénarios, ouvrir la porte au Paraguay via le classement des troisièmes. Un match où chaque but pèsera lourd.
L’Allemagne tourne la page de ses fiascos
L’Allemagne, elle, a déjà verrouillé la première place du groupe E. Deux victoires contre Curaçao et la Côte d’Ivoire, et une impression nette : la double élimination au premier tour lors des deux dernières Coupes du monde appartient au passé, au moins dans les têtes.
Julian Nagelsmann temporise, mais ne freine pas l’ambition. « Je suis très heureux que notre aventure ne soit pas terminée, mais il est très important de rester modestes », prévient le sélectionneur. « Nous avons gagné deux matchs, un largement, un de justesse. Nous voulons gagner encore demain et nous verrons qui nous affronterons lundi en huitièmes. »
Face à eux, l’Équateur joue sa survie. Une seule option : la victoire. Tout autre résultat les renverrait à la maison. L’intensité promet d’être brutale.
La Côte d’Ivoire, bien placée pour terminer deuxième, aborde de son côté un rendez-vous piégé mais abordable contre Curaçao. Les débutants ont prouvé qu’ils n’étaient pas venus pour faire de la figuration, en arrachant un 0-0 héroïque contre l’Équateur. Ils restent en vie, mais doivent cette fois frapper devant.
Groupe F : trois géants pour une seule première place
Le groupe F est un champ de mines. Pays-Bas, Japon, Suède : trois équipes encore en course pour la première place, trois visions du jeu, trois trajectoires heurtées.
À Kansas City, les Néerlandais croisent une Tunisie en plein naufrage. Deux défaites de rang, huit buts encaissés, un sélectionneur limogé dès le premier match. Sabri Lamouchi a été débarqué après le 5-1 encaissé contre la Suède, remplacé en urgence par Hervé Renard. Le choc n’a pas eu lieu : le Japon a infligé un 4-0 sec, scellant l’élimination tunisienne.
Les Pays-Bas, eux, montent en puissance. Ils restent sur un 5-1 retentissant contre la Suède et savent qu’un succès leur offrirait une voie a priori plus dégagée en huitièmes. Face à une Tunisie déjà sortie du tournoi, l’excuse du relâchement n’existe pas.
Le Japon, à égalité avec les Néerlandais à quatre points, joue gros contre la Suède à Arlington. Les Scandinaves avaient démarré en trombe avant de s’effondrer face aux Oranje. Le choc devient un test mental autant que tactique : comment réagir après une gifle à ce niveau ? Le vainqueur peut viser la première place, le perdant risque de tout perdre.
Le Brésil trace sa route, le Maroc s’accroche
Mercredi, le groupe C a livré son verdict. Le Brésil a verrouillé la première place grâce à un 3-0 maîtrisé contre l’Écosse à Miami, avec un Vinicius Junior encore décisif, auteur de deux buts. Autre image forte : le retour de Neymar, sa première apparition internationale depuis octobre 2023.
L’équipe de Carlo Ancelotti attend désormais le deuxième du groupe F en huitièmes. Un choc en vue, quel que soit le nom qui sortira du chapeau.
Le Maroc, lui, a manqué la première place à la différence de buts, mais a répondu présent. Menés deux fois par Haïti, les Marocains ont arraché une victoire 4-2 pour terminer aussi à sept points. Une réaction de caractère, qui leur vaut d’affronter le vainqueur du groupe F. Un tirage relevé, mais cohérent avec leurs ambitions.
L’Écosse, battue par le Brésil, reste suspendue aux calculs : elle devra attendre pour savoir si sa troisième place suffira à se glisser parmi les huit meilleurs troisièmes. Un pays entier va scruter les autres groupes, tableau à la main.
Mexique en fête, Afrique du Sud en histoire
Dans le groupe A, l’autre pays hôte a fait le travail avec autorité. Au Estadio Azteca, le Mexique a dominé la République tchèque 3-0, validant un parcours parfait en phase de groupes. Récompense immédiate : un huitième de finale dans le même stade, devant le même volcan de bruit.
La surprise du jour vient pourtant d’ailleurs. L’Afrique du Sud a signé la plus grande page de son histoire en Coupe du monde en battant la Corée du Sud 1-0. Première qualification pour la phase à élimination directe, exploit sec, sans appel. Dans un tournoi souvent dominé par les grands noms, ce genre de victoire bouscule la hiérarchie.
Dans le groupe B, la Suisse a terminé en tête grâce à un succès 2-1 sur le Canada, devant son public à Vancouver. Les coorganisateurs nord-américains devront se contenter d’un ticket déjà validé, mais sans la première place. La Bosnie-Herzégovine, victorieuse 3-1 du Qatar, a profité de ce succès pour décrocher l’un des strapontins réservés aux meilleurs troisièmes.
La phase de groupes s’achève à peine que le tableau à élimination directe commence déjà à prendre forme. Les favoris tiennent leur rang, quelques outsiders frappent à la porte, et certains hôtes rêvent plus grand. Reste à savoir qui assumera vraiment ce rêve quand les matchs à quitte ou double commenceront.



