Les meilleurs avant-centres du moment
Un avant-centre se juge aux chiffres. Aux buts, surtout. Quand la série se brise, les regards se froncent, les débats s’enflamment. Mais les meilleurs ne disparaissent jamais vraiment d’un match. Ils continuent de courir dans le dos des défenseurs, d’ouvrir des brèches, de décrocher pour créer, de flairer chaque ballon qui traîne dans la surface. Ils pensent plus vite que les autres. Ils sentent le rebond, la déviation, le centre mal dégagé.
Dans cette édition 2026 du FC 100, la hiérarchie des buteurs de pointe raconte à la fois la continuité des monstres sacrés et l’irruption de nouveaux visages. Du rouleau compresseur Harry Kane au renouveau de Cristiano Ronaldo, en passant par les métamorphoses tactiques d’Oyarzabal ou Havertz, voici les 20 meilleurs avant-centres du moment.
20. Alexander SØRLOTH (Atlético Madrid / Norvège, 30 ans)
À 1,96 m, Sørloth est une cible aérienne quasi impossible à gérer et un finisseur étonnamment calme. Il a terminé meilleur buteur de l’Atlético en Liga avec 13 réalisations en 2025-26. Sur les trois dernières saisons de Liga, seul Robert Lewandowski (60) a marqué plus que lui (56).
Le Norvégien a même poussé Julián Álvarez pour le poste de numéro 9 titulaire : 13 buts en 1 981 minutes de Liga, soit cinq de plus que l’Argentin pour un temps de jeu comparable. Pourtant, Diego Simeone reste sur sa réserve. Il loue son efficacité, mais regrette son incapacité à peser sur tous les matchs avec la même intensité. Sørloth a tout pour être un bélier constant : physique, jeu de tête, finition. Il lui manque la régularité.
Son avenir ? Flou. Lui comme Álvarez ont été annoncés sur le départ cet été. Si l’Argentin s’en va et que Sørloth reste, l’opportunité sera immense : un couloir ouvert pour s’installer définitivement comme titulaire à l’Atlético en 2026-27.
19. Viktor GYÖKERES (Arsenal / Suède, 28 ans)
Puissant, tranchant, Gyökeres a répondu présent dans la saison du titre d’Arsenal. Sans être le phénomène attendu après son transfert à 70 millions d’euros depuis le Sporting, ses chiffres restent solides : 21 buts en 55 matches toutes compétitions confondues, dont 14 en Premier League pour mettre fin à 22 ans de disette en championnat.
Il a marqué un doublé dans le derby du nord de Londres face à Tottenham (3-1) et inscrit cinq buts lors de la campagne qui a mené les Gunners jusqu’en finale de Ligue des champions. Avec la Suède, il a porté son pays jusqu’au Mondial via les barrages, avec un triplé contre l’Ukraine et un but à la 88e minute face à la Pologne, puis un but et deux passes décisives au tournoi avant l’élimination contre la France en seizièmes.
Le paradoxe est là : ses statistiques sont bonnes, mais Arsenal en veut plus. Son explosion au Sporting (97 buts en 102 matches) sert d’étalon. Mikel Arteta ne lui garantit pas une place dans les grands rendez-vous : Gyökeres est resté sur le banc lors de la finale de C1 perdue contre le Paris Saint-Germain. Pour devenir l’indiscutable numéro 9 des Gunners, il devra marquer davantage, et surtout dans les moments qui comptent.
18. Mikel OYARZABAL (Real Sociedad / Espagne, 29 ans)
Longtemps ailier intelligent et créatif, Oyarzabal a changé de dimension en changeant de rôle. Son repositionnement en avant-centre avec l’Espagne a été l’une des clés du deuxième sacre mondial de la Roja cet été. Il est le meilleur buteur espagnol de l’année 2026, club et sélection confondus, avec 21 buts, cinq de plus que le suivant, Lamine Yamal.
Avec la Real Sociedad, il a signé 15 buts et 4 passes décisives sur plus de 2 700 minutes en Liga, dans une équipe qui a pourtant terminé seulement 10e après huit matches sans victoire pour finir. Au Mondial, il est devenu l’étrange mais brillant point de fixation de l’attaque espagnole : cinq buts, record égalé pour un Espagnol sur une Coupe du monde, un jeu de remise et de liaison autour de la surface qui a fluidifié tout le système, et un pressing d’attaquant moderne, très haut, très intense.
Sa polyvalence dans le dernier tiers – ailier, neuf, second attaquant – donne presque l’impression d’un avantage déloyal. Courtisé chaque été par le Barça, il reste pourtant fidèle à la Real et à San Sebastián, qu’il décrit comme son refuge. Il lui reste deux ans de contrat, mais aucune envie de précipiter quoi que ce soit.
17. Donyell MALEN (Roma / Pays-Bas, 27 ans)
Malen court vite, gagne ses duels, frappe fort. Sur le papier, c’est simple. Sur le terrain, il a souvent dérouté ses entraîneurs : cerveau d’avant-centre dans un corps d’ailier, profil hybride difficile à caser. À Rome, il a enfin trouvé le système qui le met en valeur.
Arrivé en janvier après une année frustrante à Aston Villa, il a transformé la Roma. En Serie A, ses 14 buts l’ont placé à la deuxième place du classement des buteurs, derrière Lautaro Martínez (17), avec une moyenne folle : un but toutes les 105,6 minutes, meilleure ratio pour les joueurs à 10 buts ou plus. Toutes compétitions confondues, il a dominé les statistiques offensives du club : buts, tirs, tirs cadrés, un-contre-un tentés et réussis dans la surface, fautes provoquées, ballons récupérés dans le dernier tiers.
Il offre peu dans le jeu de relais, mais dans la zone de vérité, il pilonne sans relâche. La Roma a logiquement levé l’option d’achat et l’a associé cet été à Santiago Castro. Si le duo fonctionne et que Malen reste sur la même agressivité offensive, le club romain peut légitimement viser le Scudetto.
16. Marcus THURAM (Inter Milan / France, 29 ans)
Thuram est l’attaquant que tous les entraîneurs rêvent d’avoir. Généreux, altruiste, infatigable, capable de jouer seul devant ou dans un duo, il bonifie ceux qui l’entourent. Fort physiquement, dominateur dans les airs, il a ajouté une couche de réalisme à son jeu.
En 2025-26, il a inscrit 18 buts et délivré 8 passes décisives en 44 matches, guidant l’Inter vers un nouveau titre de Serie A et un doublé avec la Coppa Italia. Pendant la blessure de Lautaro Martínez, une bonne partie du poids offensif est tombée sur ses épaules. Il a répondu présent. Sa Coupe du monde a été perturbée par une blessure, limitant son impact, mais sa fiabilité reste incontestable.
Avec au moins 15 buts lors de chacune de ses trois dernières saisons à l’Inter, Thuram vient d’entrer dans la tranche d’âge où un attaquant atteint souvent son sommet. L’impression est claire : le meilleur est peut-être encore devant lui.
15. Antoine GRIEZMANN (Orlando City / France, 35 ans)
Talent démesuré, humilité au travail, amour du collectif : Griezmann a quitté l’Atlético Madrid en légende et découvre désormais la MLS avec le sourire. Meilleur buteur de l’histoire des Colchoneros, il a bouclé la saison 2025-26 avec 22 contributions décisives (14 buts, 8 passes), record pour un joueur de 34 ans ou plus en Liga.
Son adieu au Metropolitano a rappelé l’ampleur de son héritage : aucun joueur n’a marqué plus pour l’Atlético, et seuls trois ont disputé plus de rencontres. Ses chiffres en Liga (7 buts, 4 passes) reflètent un rôle réduit, mais son influence a pesé lourd dans le parcours jusqu’en demi-finales de Ligue des champions, une première depuis neuf ans.
Il a toujours assumé son envie de finir en MLS, porté par sa passion pour le sport et la culture américains. Transféré à Orlando City, il a déjà marqué, notamment contre San José Earthquakes le 23 juillet. Retiré de la sélection française depuis 2024, il peut se consacrer pleinement à cette fin de carrière américaine, avec encore assez de fraîcheur pour laisser son empreinte sur la saison 2026 de MLS.
14. Cristiano RONALDO (Al Nassr / Portugal, 41 ans)
À 40 ans passés, Ronaldo a trouvé un nouveau niveau. L’un des plus grands de l’histoire a signé une saison 2025-26 de patron avec Al Nassr : 28 buts, titre de Saudi Pro League, le premier du club depuis 2018-19, et son premier titre de champion en cinq saisons.
Avec le Portugal, son histoire en Coupe du monde s’est achevée sans éclat, par une élimination en huitièmes contre l’Espagne au terme d’un match terne. Il y a tout de même ajouté deux buts, devenant le premier joueur à marquer dans six Mondiaux consécutifs. Il termine avec 11 buts en 27 matches de Coupe du monde, records nationaux, et le plus grand nombre de matches disputés dans la compétition pour un joueur n’ayant jamais soulevé le trophée.
Aucun bruit sérieux ne pointe vers un retour en Europe. Ronaldo semble concentré sur la continuité à Al Nassr, même si son extension signée en 2025 prend fin l’été prochain. Y aura-t-il une nouvelle page à écrire au milieu de la quarantaine ? Personne ne peut l’affirmer, mais tout le monde regardera.
13. Robert LEWANDOWSKI (Libre / Pologne, 37 ans)
Machine à buts parmi les plus redoutables de l’histoire, Lewandowski continue de le prouver à un âge où beaucoup ont déjà rangé les crampons. En Liga, il a marqué toutes les 118,3 minutes la saison passée, deuxième meilleure moyenne pour les joueurs à plus de 30 matches, derrière Kylian Mbappé.
Pour son ultime exercice au Barça, il a inscrit 19 buts, contribuant au doublé Liga – Supercopa de España et entrant dans le top 10 des meilleurs buteurs de l’histoire du club avec 120 réalisations en quatre saisons seulement. Le Camp Nou lui a offert un au revoir spectaculaire contre le Real Betis, signe du respect immense qu’il a gagné en aidant le club à retrouver les sommets après son arrivée du Bayern en 2022.
La saison n’a pas été parfaite : il a dû partager le poste de numéro 9 avec Ferran Torres et a manqué la Coupe du monde, la Pologne ayant chuté en barrages contre la Suède. Mais il n’a plus rien à prouver. La suite se jouera aux États-Unis, avec le Chicago Fire, où il vise clairement les titres. Le club n’a plus remporté la MLS Cup depuis près de 30 ans. Lewandowski a annoncé la couleur à sa signature : il voit le potentiel pour soulever des trophées. Son historique en la matière parle pour lui.
12. Ollie WATKINS (Aston Villa / Angleterre, 30 ans)
Mouvement d’élite, fiabilité physique, pressing sans relâche : Watkins martyrise les défenses de Premier League depuis des années. Il vient de boucler une quatrième saison consécutive à plus de 20 buts et passes décisives cumulés avec Aston Villa, une régularité exceptionnelle.
Après un début d’exercice 2025-26 poussif, marqué par des doutes sur sa forme et sa lucidité devant le but, il a explosé au printemps : 13 buts en deux mois. Il est devenu le premier joueur de l’histoire de la Premier League à inscrire un doublé contre Manchester City, Liverpool et Chelsea au cours de la même saison. Sa prestation en demi-finale retour de Ligue Europa face à Nottingham Forest (4-0) reste probablement son chef-d’œuvre sous le maillot de Villa.
Son avenir a semblé un temps incertain, le club étant ouvert à des ventes majeures. Des rumeurs persistantes l’ont envoyé à Fenerbahçe, mais tout indique qu’il restera pour mener une nouvelle fois la ligne d’Unai Emery.
11. Igor THIAGO (Brentford / Brésil, 25 ans)
Igor Thiago a signé une saison de rêve en Premier League : 22 buts, deuxième meilleur total derrière Erling Haaland, et un billet pour la Coupe du monde avec le Brésil. Il a aussi été le meilleur tireur de penaltys du championnat avec huit réalisations, seul Harry Kane ayant fait mieux dans les cinq grands championnats européens (10).
Arrivé pour 30 millions de livres à l’été précédent, il avait vu sa première saison quasiment anéantie par les blessures. 2025-26 devait être un nouveau départ. Il a tout emporté sur son passage. Il a marqué à un rythme constant, sécurisé le maintien de Brentford et plus encore, propulsant le club dans la première moitié de tableau et faisant oublier toute peur de relégation. Son gabarit, son jeu dos au but et son agressivité ont occupé les défenseurs centraux, libérant des espaces pour ses partenaires. Le profil rêvé de point de fixation pour un club outsider.
La fin de saison plus discrète et un Mondial décevant ont toutefois laissé une drôle d’impression : comme s’il devait tout recommencer pour convaincre qu’il n’a pas été qu’une comète. La saison à venir dira s’il s’agit d’un vrai grand buteur de Premier League ou d’un feu de paille.
10. Hugo EKITIKE (Liverpool / France, 24 ans)
Ekitike a débarqué à Liverpool pour 60 millions de livres en provenance de l’Eintracht Francfort et s’est immédiatement imposé. Naturel devant le but, il a terminé meilleur contributeur offensif des Reds en Premier League avec 15 actions décisives (11 buts, 4 passes).
Alors qu’Alexander Isak peinait avec sa forme et ses blessures, le Français a pris la lumière et gagné sa place en équipe de France. Sa saison a pourtant été brutalement interrompue : rupture du tendon d’Achille contre le PSG en quart de finale de Ligue des champions, Mondial manqué, progression stoppée net.
À 24 ans, son potentiel reste immense, mais la blessure est l’une des pires pour un footballeur. La rééducation sera longue. Liverpool ne l’attend pas avant 2027. Il a déjà commencé le travail à Anfield pour revenir le plus fort possible. La vraie question sera de savoir s’il retrouvera cette pointe de vivacité et de confiance qui faisait de lui un futur grand.
9. Victor OSIMHEN (Galatasaray / Nigeria, 27 ans)
Peu de joueurs au monde sont capables de se créer autant de situations de but de si haute qualité. Osimhen, lui, le fait saison après saison. En 2025-26, il a inscrit sept buts en Ligue des champions, son meilleur total dans la compétition, tout en dominant le championnat turc avec Galatasaray.
Depuis plusieurs années, il tourne à au moins 1,05 but + passe décisive par 90 minutes en championnat lors de trois de ses quatre dernières saisons, et plus de quatre tirs tentés par 90 minutes depuis cinq ans. On pourra objecter qu’il évolue désormais dans la meilleure équipe de Süper Lig, mais ses chiffres européens confirment le niveau : 4,5 tirs par 90 minutes, sept buts, et des victoires marquantes, comme deux succès sur trois contre Liverpool ou une démonstration face à la Juventus.
Admirateur déclaré de Didier Drogba, il joue comme tel : puissance, appels tranchants, sens du but. Les rumeurs de transfert vers des clubs comme Tottenham ou l’Atlético Madrid reviennent chaque été. La seule vraie surprise, c’est qu’il n’a pour l’instant quitté Naples que pour Istanbul. Prédire sa prochaine destination relève du pari, mais une certitude demeure : où qu’il joue, il marquera.
8. João PEDRO (Chelsea / Brésil, 24 ans)
Dans une saison chaotique à Chelsea, João Pedro a été la lumière. Arrivé l’été dernier en même temps que Liam Delap, c’est lui qui s’est imposé comme l’attaquant majeur du club. Il a terminé meilleur buteur des Blues avec 20 buts toutes compétitions confondues et meilleur contributeur offensif global avec 26 actions décisives. Aucun de ses buts n’est venu sur penalty.
Son profil est précieux : technique fine, contrôle orienté, capacité à décrocher pour relier le milieu et l’attaque, tout en restant un finisseur clinique. Dans un contexte brouillon, avec une fin de saison ratée qui a privé Chelsea de coupe d’Europe, il a été élu joueur de la saison par le club.
La désillusion est venue du Mondial : grande absence de la liste du Brésil, au point que Carlo Ancelotti a reconnu qu’il « méritait » d’y être, sacrifié seulement par un choix de profil. Une décision que la Seleção a pu regretter, Igor Thiago et Endrick n’ayant pas convaincu, avant une élimination en huitièmes contre la Norvège.
La suite s’écrira avec un nouveau coach, Xabi Alonso. João Pedro a déjà connu la valse des entraîneurs à Watford (neuf en trois ans). Il sait s’adapter. Chelsea discute même d’une prolongation de contrat après une seule saison, preuve qu’Alonso veut en faire une pièce centrale de son projet.
7. Kai HAVERTZ (Arsenal / Allemagne, 27 ans)
Havertz est un attaquant à part : lien de jeu de classe mondiale, sens du but, capacité à apparaître là où la défense ne l’attend pas. Ses 18 derniers mois ont pourtant été minés par les blessures au genou et aux ischio-jambiers. Résultat : seulement 12 matches de Premier League avec Arsenal en 2025-26, pour deux buts, mais une Ligue des champions où il a brillé.
Quatre buts en six rencontres de C1, dont l’ouverture du score après six minutes en finale contre le PSG. Un appel parfait dans le dos de Willian Pacho, une finition clinique. Comme à Chelsea, où il avait déjà marqué en finale de C1, il répond présent dans les grands soirs. Quand Arsenal l’a remplacé, la menace offensive s’est nettement affaiblie.
Havertz ne bénéficie pas toujours de la reconnaissance des autres stars du top 100. Il le sait, et l’assume, expliquant qu’on lui reproche de ne pas marquer assez, et qu’on juge normal qu’il le fasse quand il y parvient. Au Mondial, il a inscrit un doublé contre Curaçao, marqué encore contre le Paraguay en seizièmes, avant de manquer le premier tir lors d’une séance de penalties fatale à l’Allemagne.
L’arrivée de Viktor Gyökeres l’été dernier, puis les rumeurs insistantes autour de Julián Álvarez, n’envoient pas un signal idéal pour son statut à l’Emirates. Mais son surnom d’« Alleskönner », le joueur qui sait tout faire, reste d’actualité : sa polyvalence en fait un atout qu’Arsenal aurait tort de sous-estimer.
6. Lautaro MARTÍNEZ (Inter Milan / Argentine, 28 ans)
Lautaro marque. Tout le temps. Depuis cinq saisons, il dépasse les 20 buts avec l’Inter, dont il est désormais le troisième meilleur buteur historique avec 175 réalisations. À ce rythme, le record de Giuseppe Meazza (287) n’est plus un rêve lointain.
En 2025-26, malgré une blessure au mollet qui l’a tenu écarté de mi-février au début mai, il a cumulé 22 buts et 6 passes décisives toutes compétitions confondues. Ses 17 buts en Serie A lui ont offert le titre de capocannoniere, et son efficacité a porté l’équipe de Cristian Chivu vers un doublé championnat – Coppa Italia.
Avec l’Argentine, il a inscrit trois buts au Mondial, deuxième total de l’équipe derrière Lionel Messi. Utilisé comme joker lors des trois derniers matches, il a signé des buts décisifs en sortie de banc contre la Suisse et l’Angleterre.
Sous contrat jusqu’en 2029, il a résisté à toutes les tentatives d’approche venues de l’étranger. L’Inter peut donc compter sur la même recette : travail, buts, titres. Reste à voir quel rôle lui réservera la sélection à l’approche de la Copa América 2028.
5. Julián ÁLVAREZ (Atlético Madrid / Argentine, 26 ans)
Avant-centre buteur, meneur de jeu, ailier, tireur de coups francs : Álvarez est un attaquant total. Il vient de battre un record symbolique en Ligue des champions : 25 buts en 41 matches, plus rapide que Lionel Messi pour un joueur sud-américain.
Le paradoxe, c’est qu’il n’a jamais semblé totalement à sa place ni à Manchester City, où il vivait dans l’ombre d’Erling Haaland, ni à l’Atlético, où son profil colle imparfaitement au style de Diego Simeone. Sa saison 2025-26 en Liga est en retrait (8 buts contre 17 la saison précédente), mais il a flambé en C1 : 10 buts, dont des réalisations face à Tottenham, Barcelone et Arsenal sur la route des demi-finales.
Au Mondial, il a démarré sur le banc derrière Lautaro Martínez, avant de gagner sa place à partir des huitièmes. Titulaire jusqu’en finale contre l’Espagne, il a comme toute l’Argentine peiné à exister, sans le moindre tir en 102 minutes.
Son avenir est l’un des grands feuilletons de l’été. Il a publiquement évoqué son « rêve » de rejoindre Barcelone pendant le Mondial, au grand dam de l’Atlético. Le Real Madrid a déjà vu une offre de 150 millions d’euros refusée. Barcelone espérait payer bien moins pour en faire le successeur de Lewandowski. Pour l’instant, il a repris l’entraînement avec l’Atlético, mais son malaise est palpable. Rester, partir, forcer la main ? Sa prochaine décision pèsera lourd sur le marché, et sur sa carrière.
4. Ousmane DEMBÉLÉ (Paris Saint-Germain / France, 29 ans)
Ballon d’Or en titre, Dembélé est en état de grâce. Ambidextre, fulgurant, déroutant, il est devenu l’arme absolue du PSG et l’un des joueurs les plus décisifs de la planète. En 2025-26, il a produit une action décisive toutes les 70 minutes en championnat et en Ligue des champions, deuxième meilleure moyenne parmi les joueurs à plus de 30 matches, derrière Harry Kane (60).
Ses chiffres sont vertigineux : 22 buts, 12 passes décisives en 44 matches avec Paris. Il a porté le PSG vers un nouveau sacre européen, avec un but en finale, trois en demi-finales et deux en quarts. En Ligue 1, il a été utilisé avec parcimonie, entre gestion physique et rotation, mais en Europe, il a mené par l’exemple.
Avec la France, il a bouclé un Mondial de très haut niveau : six buts, deux passes en huit rencontres. Certains de ses buts – contre Lille, contre le Bayern – ont rappelé la pureté de son talent, frappes venues d’ailleurs, dribbles assassins. À 29 ans, il est au sommet, après des années compliquées au Barça. Luis Enrique l’a amené à ce point de maturité.
Les discussions pour prolonger son contrat au PSG sont en cours. Rien ne laisse penser qu’il lèvera le pied. Il faudra encore compter avec sa magie dans les années à venir.
3. Erling HAALAND (Manchester City / Norvège, 26 ans)
Peut-être le meilleur pur buteur du monde. Les chiffres de Haaland parlent d’eux-mêmes : 162 buts en 198 matches de Premier League, trois Souliers d’or sur quatre saisons à l’Etihad, 27 buts en championnat et 38 toutes compétitions confondues en 2025-26.
Il a enfin découvert la Coupe du monde, et il l’a dévorée : sept buts, meilleur total pour un joueur disputant son premier Mondial depuis Grzegorz Lato en 1974. La Norvège a atteint les quarts de finale pour la première fois depuis 1998. Haaland a notamment inscrit un doublé contre le Brésil en huitièmes (2-1), dont un coup de casque typique au-dessus de Gabriel Magalhães. En parallèle, il a conquis un nouveau public avec sa communication décalée sur les réseaux sociaux, renforçant son statut de visage du football post-Messi/Ronaldo.
Les rumeurs l’envoient régulièrement au Real Madrid ou au Barça. Mais son contrat avec City court jusqu’en 2034. Il n’est pas près de bouger. Il abordera la nouvelle saison avec un objectif clair : plus de buts, plus de trophées, sous les ordres d’un nouvel entraîneur, Enzo Maresca, mais toujours avec la même obsession : marquer.
2. Kylian MBAPPÉ (Real Madrid / France, 27 ans)
Mbappé a encore repoussé une frontière : il est devenu le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde masculine, avec 22 réalisations, dépassant Lionel Messi. Sur le Mondial 2026, il a inscrit 10 buts, devenant le premier joueur à remporter deux fois le Soulier d’or et l’un des rares à atteindre au moins 10 buts sur une seule édition. Ses quatre matches à plusieurs buts égalent le record sur un tournoi.
La France s’est arrêtée en demi-finales contre l’Espagne, mais difficile de lui reprocher quoi que ce soit. Sa combinaison de vitesse, de puissance, d’intelligence de déplacement et de finition reste sans équivalent. Avec le Real Madrid, il a signé 25 buts en Liga en 2025-26, plus 15 en Ligue des champions. En deux saisons, il est déjà 27e meilleur buteur de l’histoire du club. Au rythme actuel, il sera dans le top 10 d’ici deux ans.
Le problème, c’est le palmarès collectif : deux saisons sans grand trophée pour Madrid depuis son arrivée. Lui l’a répété : « Ce n’est pas une question de buts, c’est une question de trophées. » José Mourinho est désormais chargé de bâtir une équipe à sa mesure, capable de tirer le meilleur trio possible de Mbappé, Vinícius Júnior et Yan Diomande.
En sélection, il va évoluer sous les ordres de l’une de ses idoles d’enfance, Zinedine Zidane, successeur de Didier Deschamps. Une nouvelle ère s’ouvre pour lui avec les Bleus, mais l’exigence reste la même : gagner.
1. Harry KANE (Bayern Munich / Angleterre, 33 ans)
Kane n’est pas seulement dans cette liste. Il est au sommet. Devant Mbappé, devant Haaland, devant Dembélé. Sa saison 2025-26 a été monstrueuse : 58 buts toutes compétitions confondues avec le Bayern, 73 en comptant la sélection et la Coupe du monde, total le plus élevé depuis les 82 buts de Lionel Messi en 2011-12. Il a effacé des records détenus par Robert Lewandowski et Gerd Müller, rien que ça, et a ajouté six buts au Mondial, portant son total à 14, record absolu pour un Anglais.
L’Angleterre a terminé troisième, portée par un Kane auteur de quelques chefs-d’œuvre, dont un but vainqueur fabuleux contre la RD Congo. Mais réduire son influence à ses buts serait injuste. Il a encore redéfini ce que doit être un numéro 9 moderne : buteur, oui, mais aussi meneur de jeu. Il a parfois décroché si bas qu’il venait chercher des passes courtes auprès de son gardien, avant de lancer Michael Olise ou Luis Díaz. Il se montre aussi heureux de servir qu’il ne l’est de frapper. Ce qui rend ses totaux déjà irréels encore plus impressionnants.
Que lui reste-t-il ? En club, un objectif domine : la Ligue des champions. Le Bayern et lui viseront ce trophée en 2026-27. Avec l’Angleterre, il devra patienter jusqu’à l’Euro 2028 pour une nouvelle chance de titre. À 33 ans, il est au zénith. La question n’est plus de savoir s’il marquera, mais combien de temps il pourra maintenir ce rythme inhumain.



