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McArdle et l'Irlande du Nord : un nouveau départ vers la Coupe du Monde 2027

À Mourneview ce soir (19h00), l’Irlande du Nord féminine tourne une page et en ouvre une autre. Sur le banc, un nouveau visage : Michael McArdle. En face, Malte, adversaire à la portée des Nord-Irlandaises. Mais le contexte, lui, est tout sauf simple : l’équipe cherche ses premiers points dans ces qualifications pour la Coupe du monde 2027 et un souffle neuf pour viser au moins les barrages du tournoi prévu au Brésil.

McArdle, un nouveau regard sur un groupe en transition

Pour sa première à la tête de la sélection, Michael McArdle hérite d’un double rendez-vous déjà décisif : Malte à domicile, puis le retour à l’extérieur samedi 18 avril. Une entrée en matière sans filet.

Ellie Mason, installée dans le couloir gauche, sent déjà la différence. « Michael apporte beaucoup d’expérience, donc on est toutes vraiment excitées à l’idée de le connaître et d’aller sur le terrain », confie-t-elle à BBC Sport NI. Des mots simples, mais qui disent bien l’attente d’un vestiaire en quête de repères après les passages de Kenny Shiels puis de Tanya Oxtoby.

Pour Mason, ce nouveau cycle tombe au bon moment. Internationale depuis 2022 avec l’Irlande du Nord après avoir débuté sa carrière avec Gibraltar, la joueuse de Charlton Athletic s’est imposée comme une pièce polyvalente du groupe, déjà créditée de 15 sélections. Elle ne regrette rien : « Je suis vraiment heureuse de ma décision. J’ai adoré chaque minute depuis que je suis ici, donc chaque fois que j’enfile ce maillot, c’est un immense honneur. »

Le message est clair : nouveau sélectionneur, nouveau souffle, mais la ligne reste la même. « On sait à quel point ces deux prochains matches sont importants, donc on va continuer à s’entraîner dur et construire à partir de là », insiste-t-elle. La lucidité d’une joueuse qui sait que la fenêtre pour accrocher un barrage se referme vite.

Cinq ans après l’exploit, une faim intacte

Lundi 13 avril a rappelé un souvenir qui ne s’efface pas. Il y a cinq ans jour pour jour, l’Irlande du Nord validait son billet pour l’Euro 2022. Une nuit historique à Seaview, une qualification arrachée face à l’Ukraine et aux pronostics, pour un premier grand tournoi disputé ensuite en Angleterre.

Cette génération-là a laissé une trace. Mais elle n’est plus vraiment là. Sur les 23 joueuses qui ont voyagé jusqu’à Southampton pour l’Euro, seules neuf figurent encore dans le groupe actuel pour la campagne mondiale. Le chiffre remontera à dix lorsque la capitaine et buteuse majeure Simone Magill fera son retour après la naissance de son premier enfant, prévue plus tard au printemps. En attendant, l’équipe a changé de visage, de rythme, presque de peau.

Les chiffres le confirment : l’âge moyen a glissé de 26,7 à 25,2 ans. L’expérience, elle aussi, s’est allégée, avec une moyenne de sélections passée de 42,3 à 28,4. Moins de vécu, plus de fraîcheur. Une équipe en reconstruction, mais pas en résignation.

Au milieu de ce renouvellement, quelques repères tiennent bon. Rebecca McKenna en est l’un des plus solides. À 25 ans, la défenseure de Birmingham City s’apprête à fêter sa 60e sélection contre Malte, un cap symbolique pour celle qui a traversé toute la période la plus riche de l’histoire récente de la sélection.

Elle a tout vu : l’ascension, le rêve de l’Euro, puis la fin des cycles Shiels et Oxtoby. Et pourtant, elle refuse la nostalgie facile. « Je ne pense pas qu’il y ait vraiment de comparaisons à faire entre les générations », explique-t-elle, toujours à BBC Sport NI. Pour elle, la flamme n’a pas faibli. « Se qualifier pour l’Euro il y a cinq ans, ça nous a juste rendues plus affamées. C’était un moment spécial et on méritait d’y être. Je pense que le groupe que nous avons maintenant est tout aussi spécial et que toutes les filles qui sont là méritent d’être là. »

Pas de culte du passé, donc. Plutôt une exigence : faire honneur à cet héritage.

Une double confrontation pour poser le ton

Face à Malte, l’Irlande du Nord n’a pas le droit au faux départ. Le scénario est limpide : prendre des points ce soir à Mourneview, confirmer au retour, et se replacer dans la course aux barrages. Le tout avec un nouveau sélectionneur qui doit, en temps réel, apprendre son groupe et poser son empreinte.

Le contexte ne laisse pas de marge. Une génération rajeunie, une hiérarchie technique en recomposition, une capitaine offensive encore absente, mais une envie intacte de se mesurer à nouveau au très haut niveau international.

Ce soir, McArdle lance sa mission, Mason assume son choix de pays, McKenna s’avance vers sa 60e cape. Cinq ans après Seaview, l’Irlande du Nord ne veut plus seulement se souvenir d’un exploit : elle veut écrire le prochain.

McArdle et l'Irlande du Nord : un nouveau départ vers la Coupe du Monde 2027