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Mauricio Pochettino et la quête du titre mondial

Mauricio Pochettino grince des dents. Pas à cause du 3-2 concédé face à la Turkiye, jeudi. Pas vraiment. Ce qui l’agace, ce sont les questions, le ton, l’angle choisi après la rencontre. Son équipe vient de perdre, certes, mais elle a terminé première de son groupe. Et personne, dans la salle de presse, ne semble s’en souvenir.

« L’ambiance, c’est comme si nous rentrions à la maison ce soir et que la Turquie restait », lâche le sélectionneur de la United States Men’s National Team, visiblement piqué. Puis il martèle, presque incrédule : « Je dois vous rappeler à tous que nous avons gagné le groupe. Désolé les gars, mais on a gagné. »

Le décor est planté. D’un côté, un revers 3-2 qui casse la dynamique avant les huitièmes de finale. De l’autre, une première place déjà assurée avant même ce dernier match de poule. Entre les deux, un coach qui refuse de célébrer les records intermédiaires et ne veut parler que d’un seul horizon : le titre mondial.

Un onze remanié, un message clair

Pochettino avait annoncé avant la rencontre qu’il pousserait ses joueurs à chercher une nouvelle victoire. Sur le terrain, son équipe raconte une autre histoire : neuf changements par rapport au onze qui avait battu l’Australie. Une formation largement remaniée, presque une équipe bis, alignée dans un match sans enjeu comptable.

La conséquence est simple : la série de victoires s’arrête là. La USMNT rate l’occasion de devenir la première équipe de son histoire à remporter ses trois matches de groupe en Coupe du monde. Une ligne de plus au palmarès statistique du programme, que le sélectionneur balaie d’un revers de main.

« Faire l’histoire, c’est gagner la Coupe du monde », tranche Pochettino. « Ce n’est pas gagner seulement trois matches dans une Coupe du monde. Je ne comprends pas trop. C’est un peu mesquin, si vous voulez — vous pensez un peu trop petit. Vous me dites qu’on pourrait entrer dans l’histoire… qu’est-ce que ça veut dire de gagner trois matches si vous perdez le suivant ? »

Le message est brutal, mais limpide : les records de poule ne l’intéressent pas si le parcours s’arrête dès le premier match à élimination directe.

L’exemple allemand et le retour de Pulisic

Pour appuyer son raisonnement, Pochettino cite un géant du football mondial. Quelques heures plus tôt, l’Allemagne a chuté face à un Équateur désespéré, malgré un onze très proche de son équipe-type. Preuve, selon lui, que le débat ne se résume pas à la question « fallait-il faire tourner ou non ? »

Le sélectionneur estime que son équipe a « bien géré la situation » malgré la défaite, notamment sur un point clé : le retour sur le terrain de Christian Pulisic. La star de l’AC Milan, touchée au mollet et ménagée contre l’Australie après avoir été remplacée à la mi-temps de la victoire face au Paraguay, a retrouvé du temps de jeu. Un détail qui n’en est pas un à l’approche des matches couperets.

La soirée laisse donc un double sentiment : une alerte sportive, avec cette défense bousculée par la Turkiye, et un motif de soulagement avec la réintégration progressive de son joueur phare. Pochettino, lui, refuse de dramatiser. Pour lui, l’essentiel est ailleurs : son équipe a gagné le groupe, a reposé des cadres, a relancé Pulisic. La suite se jouera dans un tout autre décor.

Reste une question brûlante : ce refus obstiné de se satisfaire des petites victoires fera-t-il de la USMNT un prétendant crédible au titre… ou la privera-t-il d’un élan dont elle aura cruellement besoin au moment d’entrer dans le vrai tournoi ?