Maty Ryan écarté : Popovic révolutionne les Socceroos avant le Brésil
Le brassard ne protège plus personne. Maty Ryan, capitaine emblématique des Socceroos, ne figure même pas dans la liste pour la double confrontation face au Brésil. Tony Popovic a tranché : place au renouvellement, brutal, assumé, avec sept joueurs encore jamais capés.
Ryan dehors, le dossier brûlant du poste de gardien
Le cas Ryan couvait depuis la Coupe du monde. Relégué sur le banc au profit du jeune Patrick Beach, le gardien de Levante avait vécu un tournoi déroutant, jusqu’à cette entrée improbable pour la séance de tirs au but contre l’Égypte en huitièmes de finale.
Après l’élimination, Ryan avait expliqué n’avoir été prévenu qu’au début de la prolongation qu’il pourrait remplacer Beach pour les penalties. Popovic, lui, a assuré que le scénario avait été évoqué avant le match. Le malaise était là. La décision est tombée.
À 34 ans, alors qu’il réalise un excellent début de saison en Liga avec Levante, Ryan disparaît complètement du groupe. À sa place, le sélectionneur convoque Jacob Chapman, gardien de St Mirren, encore jamais appelé, qui rejoint Beach et Paul Izzo dans la hiérarchie pour ce rassemblement.
Un choix fort, presque un signal : le poste de numéro un est officiellement rouvert.
Sept nouveaux visages, une sélection tournée vers demain
Les deux rencontres à domicile – Brisbane le 25 septembre, Townsville le 28 septembre – serviront de laboratoire. Popovic a décidé d’y tester une nouvelle vague.
Au poste de latéral gauche, Kasey Bos poursuit son intégration. Le petit frère de Jordan Bos, blessé au genou, est rappelé pour un nouveau rassemblement. En défense, Dylan Leonard, 19 ans, fait aussi son apparition.
Plus haut, les anciens prodiges de l’A-League Marcus Younis (Brondby IF) et Eli Adams (Gamba Osaka) décrochent leur première convocation. Ils sont accompagnés de Kealey Adamson (QPR), de Yaya Dukuly (NK Celje) et de Chapman. Tous sans la moindre cape.
Sept débutants, donc, dans un groupe où 16 des 26 mondialistes conservent leur place. Le socle demeure, mais la porte est grande ouverte à la concurrence.
Blessures, affaires et retours attendus
Les Socceroos devront faire sans deux piliers défensifs : Jordan Bos, touché au genou, et Cam Burgess, victime d’un tendon d’Achille, sont indisponibles. Cristian Volpato manque également à l’appel, blessé aux ischio-jambiers.
Le nom de Volpato restera pourtant au centre des discussions. L’attaquant de Sassuolo a été récemment condamné à une amende pour conduite avec de la cocaïne dans son organisme en juillet. Il clame son innocence et entend contester les charges devant la justice. Popovic s’exprimera pour la première fois sur ce dossier lors du rassemblement.
Sur une note plus positive, Riley McGree et Patrick Yazbek reviennent après avoir manqué la Coupe du monde sur blessure. Alex Robertson est lui aussi rappelé, signe que le sélectionneur veut s’appuyer sur un noyau technique solide au milieu.
À l’inverse, Cameron Devlin, Nishan Velupillay, Mathew Leckie, Ajdin Hrustic, Kai Trewin et Awer Mabil sortent du groupe. Un autre symbole fort : Aziz Behich reste le seul représentant de l’A-League Men dans cette sélection. Le message est clair pour le championnat local.
Popovic vise déjà la Coupe d’Asie
Tony Popovic ne s’en cache pas. Ces matches face au Brésil ne sont pas de simples amicaux de prestige. Ils tracent la route vers la prochaine Coupe d’Asie.
« Nous avons choisi un groupe avec un œil sur la Coupe d’Asie et un œil sur l’avenir », explique-t-il dans un communiqué. Le sélectionneur insiste sur l’importance de ces rendez-vous : deux camps, quatre matches, puis il faudra trancher pour la liste définitive du prochain grand tournoi.
Les Socceroos retrouveront aussi leur public pour la première fois depuis mars. Et pas contre n’importe qui : le Brésil, nation la plus titrée de l’histoire de la Coupe du monde, débarque pour deux tests d’une rare exigence.
Entre un capitaine écarté, une nouvelle génération lâchée dans le grand bain et une Coupe d’Asie déjà en ligne de mire, l’Australie se tient à un carrefour. Cette liste marque-t-elle la fin de l’ère Maty Ryan, ou un simple détour avant un dernier rappel ?



