Marcus Rashford : été décisif entre Mondial et avenir à Manchester United
Marcus Rashford aborde un été à double tranchant. D’un côté, la vitrine ultime : une Coupe du monde en Amérique du Nord avec l’Angleterre. De l’autre, un avenir trouble à Manchester United, alors même que sa saison en prêt au Barcelona l’a relancé comme rarement.
L’attaquant de 28 ans sort pourtant d’un exercice plein en Catalogne : 14 buts, 14 passes décisives toutes compétitions confondues. Des chiffres solides, suffisants pour lui ouvrir une place dans l’avion des Three Lions, désormais installés à Kansas City après un stage de deux semaines à Miami. Mais pas forcément suffisants pour lui garantir un statut de titulaire avec la sélection.
Gordon, le choix fort de Tuchel
Mercredi soir, à Dallas, l’Angleterre de Thomas Tuchel débute son Mondial face à la Croatie, dans ce Groupe L où chaque faux pas peut coûter cher. Rashford, lui, pourrait bien regarder le coup d’envoi depuis le banc.
Selon le Daily Mail, Tuchel s’apprête à aligner Anthony Gordon sur l’aile gauche. Le nouveau joueur du Barcelona, fraîchement arrivé en provenance de Newcastle pour 69 millions de livres, aurait convaincu le sélectionneur au point de lui offrir ce couloir si convoité. C’est précisément la zone de prédilection de Rashford.
La logique est implacable : deux gauchers d’attaque, un seul poste. Sauf surprise tactique, l’attaquant de United semble destiné à débuter comme remplaçant. Reste l’hypothèse d’un repositionnement, mais rien ne l’indique à ce stade.
Un rôle de joker… pour commencer ?
Même sur le banc, Rashford ne sera pas un figurant. Son profil colle parfaitement aux matchs qui se débrident dans la dernière demi-heure. S’il ne fait pas partie du onze contre la Croatie, il gardera l’espoir d’entrer pour faire basculer la rencontre, comme finisseur ou créateur entre les lignes.
Tuchel l’a utilisé lors des deux rencontres de préparation avant le tournoi, face à la Nouvelle-Zélande et au Costa Rica. Un signal positif, mais nuancé : pour le deuxième match, Rashford a débuté sur le banc, tandis que Gordon obtenait une titularisation précieuse. Un choix qui ressemble aujourd’hui à une répétition générale pour ce premier rendez-vous mondialiste.
L’Angleterre enchaînera ensuite face au Ghana puis au Panama dans cette phase de groupes. Trois affiches, trois opportunités pour Rashford de peser, même si sa route vers le statut de titulaire semble désormais semée d’embûches.
L’ombre de Barcelona sur son avenir à United
Pendant que le Mondial s’ouvre, un autre dossier brûlant accompagne chaque apparition de Rashford : son futur en club. Son prêt au Barcelona avait tout d’un tremplin vers un transfert définitif, avec une option d’achat fixée à 26 millions de livres.
Mais l’arrivée d’Anthony Gordon en Espagne a tout rebattu. En allant chercher un autre ailier gauche à prix fort, le club catalan a envoyé un message clair sur sa hiérarchie offensive. Résultat : des rumeurs insistantes évoquent désormais la possibilité que le Barcelona renonce à lever l’option d’achat de Rashford.
Dans ce contexte, l’Anglais regarde à nouveau vers Old Trafford. Des informations sorties ce week-end indiquent qu’il a déjà étudié la perspective de réintégrer le groupe professionnel de Manchester United la saison prochaine. Il serait en contact régulier avec Michael Carrick, le manager, pour préparer une éventuelle réintégration dans l’effectif.
Un été décisif sur deux fronts
Rashford se trouve donc à la croisée des chemins. Sa saison en prêt lui a rendu son éclat, mais elle ne lui a pas offert de certitudes. Ni en sélection, ni en club.
Au Mondial, il devra d’abord accepter la concurrence féroce d’Anthony Gordon et transformer chaque minute de jeu en argument irréfutable. À Manchester, il pourrait retrouver un vestiaire qu’il n’a jamais vraiment cessé de considérer comme le sien, avec l’obligation de prouver qu’il peut encore être une pièce maîtresse du projet.
Un banc à Dallas ne serait pas une condamnation. Plutôt un rappel : à 28 ans, Marcus Rashford joue peut-être la phase la plus déterminante de sa carrière. Sur les pelouses nord-américaines comme dans les couloirs d’Old Trafford, il n’a plus vraiment le droit au temps mort.




