RDC Sport

Manuel Neuer et la nuit des regrets à Munich

Manuel Neuer n’a pas cherché d’excuses. Quelques minutes après l’élimination du Bayern Munich en demi-finale de Ligue des champions, le capitaine bavarois a pointé du doigt ce qui a manqué à son équipe face aux champions de France : le tranchant, ce fameux instinct de tueur qui fait basculer les grandes soirées.

Au Allianz Arena, le Bayern n’a arraché qu’un nul 1-1 contre l’équipe de Luis Enrique, porté par Ousmane Dembélé et Harry Kane, buteurs d’un soir où tout se jouait sur un fil. Sur l’ensemble des deux manches, le verdict est cruel : 6-5 en faveur des Français, qui filent en finale. Munich, lui, reste à quai, à une marche du rendez-vous ultime.

Neuer a résumé le sentiment général avec une lucidité glaciale : « Nous n’avons pas eu cet instinct de tueur en attaque ce soir. » Pas besoin de longues analyses tactiques. Le gardien sait que, dans ce genre de duel, la moindre hésitation se paie cash.

Le Bayern n’a pas forcément multiplié les occasions nettes, il l’admet. Mais, selon lui, les opportunités pour faire pencher la balance existaient bel et bien : « Nous n’avons peut-être pas eu tant d’occasions franches, mais nous avons certainement eu la possibilité de gagner le match. Nous étions proches de la finale mais nous n’avons pas réussi à franchir la ligne. » Proches, mais jamais vraiment à l’abri. Toujours en poursuite, jamais en contrôle total de leur destin.

Le scénario laisse un goût amer. Dans la bouche de Neuer, un constat revient comme un refrain : tout s’est joué sur un moment, un seul. « Si nous avions eu un moment clé et marqué ce but, c’est une autre histoire », souffle-t-il. Une déviation mieux ajustée, un tir un peu plus décroisé, un geste plus froid dans la surface, et la saison européenne du Bayern aurait pu prendre un tout autre visage.

Au lieu de ça, la réaction est arrivée trop tard. « Malheureusement, notre but est venu un peu trop tard », regrette le gardien. L’égalisation de Harry Kane n’a pas suffi à renverser le destin, seulement à prolonger l’espoir avant le coup de sifflet final. Un sursaut d’orgueil, pas une révolte victorieuse.

Pour Neuer, cette élimination ne tient pas à un manque de volonté, mais à ce petit supplément de férocité offensive qui distingue les champions en titre de ceux qui les poursuivent. Le Bayern a flirté avec la finale. Il ne l’a pas conquise. Et dans un club où seule la victoire compte, la question est désormais simple : qui, la saison prochaine, apportera enfin à Munich cet instinct de tueur qui a tant manqué dans cette demi-finale?