RDC Sport

Manchester United : Priorités de transfert et nouvelles cibles

Le mercato de Manchester United prend forme : Scott et Fernandes en ligne de mire, Anderson trop cher, Rashford poussé vers la sortie

La fenêtre des transferts n’ouvre officiellement que le 15 juin, mais à Old Trafford, l’été a déjà commencé. Les priorités sont claires, les erreurs du passé servent enfin de leçon, et le milieu de terrain se retrouve au cœur de toutes les manœuvres.

Casemiro parti, l’avenir de Manuel Ugarte incertain, United doit se reconstruire dans l’axe. Et cette fois, le club refuse de se laisser entraîner dans une surenchère aveugle.

Elliot Anderson, le rêve… mais pas à n’importe quel prix

Pendant des mois, Elliot Anderson a été présenté comme le successeur idéal de Casemiro. Un numéro 6 de très haut niveau, déjà installé avec l’Angleterre aux côtés de Declan Rice, et au centre des plans de United pour remodeler son milieu.

Mais le dossier a explosé.

Nottingham Forest réclame un montant record pour la Premier League : 121 millions de livres. Manchester City a déjà dégainé une offre verbale de 106 millions, plus 15 millions de bonus potentiels. Anderson privilégie le projet du côté de l’Etihad. United, lui, recule.

Le club a pris une décision forte : ne pas entrer dans une guerre d’enchères pour un joueur qui rêve déjà de City. Une rupture nette avec la politique d’il y a quelques années, quand United surpayait Harry Maguire pour doubler City, ou montait les enchères pour Fred et Alexis Sanchez.

Cette fois, Old Trafford tourne la page. Anderson reste une cible de rêve, et Sir Jim Ratcliffe serait prêt à satisfaire ses exigences salariales – une hausse de 50 % sur ses 100 000 livres hebdomadaires actuels – mais pas à n’importe quel prix de transfert. City prépare une nouvelle offre au-delà de 80 millions, Forest campe sur sa position, et United regarde ailleurs.

Un signe que la cellule de recrutement a enfin décidé de choisir ses batailles.

Alex Scott et Mateus Fernandes, le nouveau plan à 165 millions

Le « plan B » a tout d’un plan principal.

Selon plusieurs rapports, Manchester United concentre désormais ses efforts sur deux milieux : Alex Scott de Bournemouth et Mateus Fernandes de West Ham. Les deux pourraient coûter ensemble environ 165 millions de livres. Une somme colossale, mais répartie sur deux profils complémentaires plutôt que sur un seul pari XXL.

Bournemouth valorise Alex Scott à près de 80 millions. Les Cherries veulent le garder, d’autant qu’ils se préparent à disputer l’Europe la saison prochaine. United sait qu’il faudra forcer la porte.

Mateus Fernandes, lui, est évalué autour de 80 millions par West Ham. Les Hammers ne sont pas pressés de vendre, mais leur relégation en Championship ouvre une fenêtre. United poursuit son travail de fond sur le joueur et le considère comme une cible réaliste, même si d’autres géants européens s’invitent dans la danse.

Un danger se précise : le Real Madrid. Le club de Florentino Pérez, décidé à frapper fort après une saison sans trophée, envisage aussi Fernandes comme renfort majeur au milieu, sous les ordres de José Mourinho attendu pour mener la reconstruction. Quand Madrid arrive sur un dossier, l’attraction est souvent irrésistible.

United n’a donc pas de temps à perdre.

Tonali, Baleba, Dele-Bashiru : l’autre marché des milieux

Le nom de Sandro Tonali revient aussi dans les discussions. À Newcastle, certains en interne s’attendent plus à son départ qu’ils ne le redoutent. Le Telegraph évoque un prix d’environ 100 millions de livres, un montant qui refroidira plus d’un prétendant. United suit la situation, conscient que ce tarif limite sérieusement les possibilités.

Le club garde aussi un œil sur Carlos Baleba, de Brighton. Le milieu voulait déjà rejoindre Old Trafford l’été dernier, et son envie n’a pas changé. Le problème, c’est le prix. Brighton réclame trop pour United, qui n’a pas l’intention de se faire dicter les conditions.

Une question se pose alors : Baleba sera-t-il prêt à forcer la main, comme l’avait fait son compatriote Bryan Mbeumo, déterminé à rejoindre United ? Une stratégie risquée, mais parfois payante dans un marché verrouillé par les prix.

Sur une autre ligne, Fisayo Dele-Bashiru figure désormais sur la liste des milieux suivis. Formé à Manchester City, passé par Sheffield Wednesday, Hatayspor puis Lazio où son prêt est devenu transfert définitif, l’international nigérian de 18 sélections a ouvert la porte à un retour en Premier League. Ses représentants estiment qu’il serait prêt à franchir ce cap. United prend des notes.

La défense aussi sur la table : Lukeba ciblé

Même si le milieu monopolise l’attention, la défense centrale n’est pas oubliée. Avec Matthijs de Ligt récemment opéré du dos, United se retrouve un peu juste dans l’axe.

Castello Lukeba, le défenseur français de RB Leipzig, apparaît comme une cible sérieuse. Sa clause libératoire se situerait entre 69 et 77 millions de livres, mais certains rapports avancent que Leipzig pourrait le laisser partir pour environ 56 millions. Un montant élevé, mais plus raisonnable à l’échelle d’un titulaire potentiel pour plusieurs années.

Lukeba s’ajoute à une liste où la priorité reste toutefois de reconstruire le cœur du jeu.

Ailes offensives : Nico Williams, Leao et la piste Fernandez-Pardo

Sur les côtés, United prépare aussi l’avenir. Nico Williams, l’ailier d’Athletic Club, est suivi de près. Un contrat avec une clause libératoire à 87 millions de livres, plusieurs clubs intéressés – Liverpool, City, Arsenal – et un profil explosif qui plaît pour le flanc gauche. À Old Trafford, Williams est vu comme une alternative possible à Rafael Leao, lui aussi régulièrement associé au club.

Rafael Leao, justement, a reçu le soutien public de Bruno Fernandes après son carton rouge en amical avec le Portugal. Le capitaine de United a répondu d’un simple « Together » au message d’excuse de l’ailier de l’AC Milan sur Instagram. Un mot, mais un signe. Le vestiaire de United sait faire passer des messages subtils en pleine période de rumeurs.

Autre nom offensif évoqué : Matias Fernandez-Pardo, attaquant polyvalent de Lille, appelé avec la Belgique pour la Coupe du monde après avoir brillé à Gent puis en Ligue 1. United s’y intéresse, mais seulement si Joshua Zirkzee venait à quitter le club. Sans départ, pas de place pour un nouvel attaquant.

Rashford, la rupture avec Barcelone et l’ombre de Londres

Le dossier Marcus Rashford prend une tournure de plus en plus brutale.

Son aventure à Barcelone semble toucher à sa fin. Le club catalan ne paiera pas la clause de 26 millions de livres pour le conserver définitivement. Hansi Flick a salué son travail et son but lors du Clásico du 10 mai, mais a refusé de s’engager sur son avenir, rappelant que la priorité restait les matches à jouer jusqu’à la fin de saison.

Rashford, de son côté, aurait retiré toute mention de Barcelone de ses bios sur les réseaux sociaux. La rupture est nette.

Selon la presse anglaise, Tottenham, Chelsea et Arsenal se préparent désormais à se battre pour le recruter. Trois rivaux londoniens, trois projets différents, une même opportunité : relancer un joueur formé à United, que le club ne prévoit pas de réintégrer dans l’effectif de Michael Carrick.

Barcelone, d’après Marca, aurait de toute façon décidé de privilégier Anthony Gordon, jugé plus jeune et plus travailleur défensivement. Le club catalan n’était prêt qu’à payer environ 13 millions de livres, moitié moins que le prix souhaité par United. Dossier refermé.

Dans le même temps, des rumeurs évoquent un intérêt du Bayern Munich, mais Rashford ne répondrait pas aux sollicitations, concentré uniquement sur un départ vers Barcelone… alors même que cette porte semble se refermer. Un paradoxe qui résume bien l’impasse actuelle.

Sancho, la sortie par la petite porte

Le communiqué officiel de Manchester United sur la liste des joueurs retenus pour la saison prochaine ne consacre qu’une ligne à Jadon Sancho. C’est suffisant pour mesurer le naufrage.

Arrivé pour 73 millions de livres en provenance du Borussia Dortmund, il n’a disputé que 83 matches avec United. Son développement a déraillé, et ses prêts successifs à Dortmund, Chelsea puis Aston Villa n’ont convaincu aucun de ces clubs de le conserver.

Sancho aurait pu prétendre à une place dans le groupe anglais pour la Coupe du monde. Il se retrouve sans club. Une chute vertigineuse, qui rappelle à United le coût d’un recrutement mal maîtrisé.

Autres mouvements et pistes en périphérie

Les rumeurs ne manquent pas autour d’Old Trafford.

Marc Cucurella, latéral gauche de Chelsea, intéresserait à la fois United et City. Chelsea, privé de Coupe d’Europe, serait prêt à écouter des offres au-dessus de 35 millions de livres. Il reste trois ans de contrat au défenseur à Stamford Bridge, ce qui laisse au club londonien une bonne marge de négociation.

Joao Neves, lui, peut être rayé de la liste. Jorge Mendes a été catégorique : Neves, comme Vitinha, est « non négociable » pour le PSG. Les deux milieux sont heureux à Paris et comptent y rester pour « continuer à collectionner les trophées ».

Morgan Rogers, attaquant d’Aston Villa lié à United comme à beaucoup d’autres grands clubs, a choisi de ne pas se laisser perturber. Sur le podcast Rest is Football, il a expliqué avoir appris à considérer 95 % des rumeurs comme du « bruit » et à rester concentré sur son jeu, alors qu’il se prépare à disputer la Coupe du monde avec l’Angleterre.

Enfin, un ancien de la maison tourne une page : Phil Jones a annoncé la fin de son aventure à Blackburn Rovers, où il avait entamé sa carrière d’entraîneur adjoint chez les moins de 18 ans, avant de rejoindre le staff de Michael O’Neill. Dans un message de remerciement, il a salué le club où tout avait commencé pour lui.

Une nouvelle ligne de conduite : dépenser, oui, mais choisir

Entre la prudence affichée sur le dossier Anderson, les montants réfléchis pour Scott, Fernandes ou Lukeba, et le refus de céder à la panique après les fiascos Sancho ou Maguire, Manchester United semble enfin avoir trouvé un fil conducteur.

Le club veut recruter fort, mais mieux. Il lui faut au moins deux milieux, un défenseur central, peut-être un ailier, éventuellement un attaquant si Zirkzee part. Les besoins sont lourds, le budget n’est pas illimité, et chaque erreur se paie très cher dans une Premier League où la moindre décision peut coûter une saison.

La fenêtre n’ouvre que le 15 juin. Les premières offres officielles, les bras de fer, les volte-face et les coups de théâtre ne font que commencer.

Reste une question : United parviendra-t-il à bâtir un milieu capable de rivaliser avec City et, bientôt, avec le Real remodelé de Mourinho, sans retomber dans les excès qui ont plombé la dernière décennie ?