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Manchester United cible Manu Kone pour renforcer le milieu

Manchester United a longtemps tourné autour de sa troisième recrue au milieu. Le dossier est en train de se refermer sur un nom : Manu Kone. À Old Trafford, on ne parle plus d’une simple piste, mais d’une cible prioritaire. Et le timing devient brûlant, car Chelsea vient de s’inviter dans la danse.

Un été sous contrôle, malgré les ratés

Le plan n’était pas parfait. United a d’abord vu trois cibles s’échapper, recalé par les prix pour Elliot Anderson, Mateus Fernandes et Sandro Tonali. Trois échecs sur le marché, trois rappels à la réalité d’un mercato où les montants s’envolent.

Mais le club n’a pas paniqué. Sous l’impulsion d’INEOS, la stratégie est restée la même : ne pas surpayer, même pour des priorités. Résultat, deux renforts déjà bouclés au milieu, deux joueurs qui connaissent la Premier League et qui arrivent pour un total de 85 millions de livres : Andrey Santos et Youri Tielemans. De quoi offrir à Michael Carrick une base solide pour remodeler son entrejeu.

Il manquait le profil défensif. Le joueur capable de fermer les espaces, d’absorber les vagues adverses, tout en apportant une vraie qualité de relance. C’est là que le nom de Manu Kone s’est imposé.

Kone, la piste validée en interne

Manchester United avait déjà pris des renseignements dès le 9 juillet. Contact établi, feu vert reçu pour avancer sur un éventuel transfert. Puis un léger coup de frein. Jason Wilcox, le directeur du football, a voulu élargir le spectre, comparer, jauger, tester le marché pour ce fameux troisième milieu.

Un autre nom est ainsi remonté sur son bureau : Sander Berge, aujourd’hui à Fulham, étudié avec sérieux dans les couloirs d’Old Trafford. Un profil apprécié, une option réelle.

Mais en interne, un consensus se dessine. Kone, aujourd’hui à Roma, est devenu la priorité. Selon le journaliste Graeme Bailey, Wilcox et son équipe ont été séduits par ce qu’ils ont vu du milieu français, déjà crédité de 19 sélections avec les Bleus.

Le tournant ? Les 12 derniers mois.

Un Français qui a changé de dimension

Kone a franchi un cap. À Rome, il s’est imposé comme une pièce maîtresse. En sélection, Didier Deschamps lui a confié les clés de son milieu pendant le parcours jusqu’en demi-finales de Coupe du monde. Une montée en puissance qui n’est pas passée inaperçue à Manchester.

Son absence lors du match face à l’Espagne a d’ailleurs fait débat en France. Sans lui, le milieu tricolore a souffert. Rodri a dicté le tempo, Adrien Rabiot et un Aurélien Tchouameni diminué ont couru derrière le ballon. Dans les médias, beaucoup ont pointé ce choix : Kone manquait, et ça s’est vu.

À Old Trafford, on a pris des notes. Graeme Bailey résume la réflexion interne : Kone était déjà apprécié par plusieurs clubs anglais, mais certains doutes existaient encore il y a quelques années. Liverpool l’avait étudié de près, avant de changer de direction. Depuis, le joueur a mûri, techniquement et mentalement.

À Roma, il est devenu un cadre. Avec la France, un joueur de confiance pour Deschamps. À United, on estime désormais qu’il a atteint le bon niveau de maturité. Oui, il n’a jamais joué en Premier League. Mais le club est convaincu qu’il possède tout ce qu’il recherche : impact, volume, lecture du jeu, personnalité.

Un prix cohérent dans un marché démentiel

Un autre point pèse lourd dans la balance : le coût de l’opération. Kone est estimé à environ 51 millions de livres, soit 60 millions d’euros. Dans un marché où les prix s’affolent, le montant s’inscrit dans la ligne de conduite fixée par INEOS.

Avec Santos, Tielemans et Kone, Manchester United pourrait offrir à Carrick trois milieux de haut niveau pour environ 135 millions de livres. Un total que le club juge très correct au regard de l’inflation actuelle. En interne, l’idée de boucler ce trio pour ce prix suscite une vraie satisfaction.

Autre élément favorable : le joueur lui-même. Le camp Kone a fait savoir à Jason Wilcox et à la direction que Manchester United l’attire énormément. Le club, le projet, le rôle qui l’attendrait : tout l’intéresse.

Roma prête à vendre, sous pression du Fair-Play financier

Reste l’accord avec Roma. Sur ce point, les signaux sont ouverts. Gian Piero Gasperini a déjà laissé entendre que le club italien ne retiendrait pas forcément Kone à tout prix. Roma a besoin d’une grosse vente pour équilibrer ses comptes.

Le technicien italien l’a reconnu : le club sort de plusieurs exercices financièrement lourds et le retour en Champions League ne suffit pas à tout compenser. Les contraintes du Fair-Play financier poussent à un sacrifice. Et Kone est l’un des rares joueurs capables de rapporter ces fameux 60 millions d’euros.

Roma ne ferme pas la porte. Elle attend simplement l’offre qui déclenchera le processus.

Chelsea, l’ombre qui plane

Un détail change toutefois l’atmosphère autour du dossier : Chelsea. Sous Xabi Alonso, le club londonien a activé la piste Kone et représente désormais une menace réelle pour United. BlueCo accélère sur plusieurs fronts, et le milieu français figure sur leur tableau de chasse.

À Manchester, cette concurrence a eu un effet immédiat : elle a renforcé la détermination. Quand un joueur plaît autant à un rival direct, l’hésitation n’est plus permise. Le temps des évaluations est passé, celui des décisions approche.

Manchester United sait ce que Kone peut apporter. Roma sait qu’une vente est presque nécessaire. Le joueur, lui, a déjà fait connaître sa préférence. Reste une question, simple et brutale : qui posera le premier, et surtout le meilleur, chèque sur la table ?