Manchester City reconnu coupable d'infractions financières
Le choc est à la hauteur de l’ère qu’a dominée Manchester City. Selon plusieurs rapports concordants, le club a été reconnu coupable sur la quasi-totalité des infractions aux règles financières de la Premier League par une commission indépendante.
Le verdict n’est pas encore officiel, les sanctions ne sont pas arrêtées, et City a déjà décidé de faire appel. Mais le signal est clair : l’un des empires les plus puissants du football moderne se retrouve frontalement exposé.
Un dossier tentaculaire, huit ans d’ombre portée
Tout commence officiellement en 2018. La Premier League ouvre une enquête sur Manchester City. En février 2023, elle débouche sur un acte d’accusation massif : plus de 100 infractions présumées aux règlements.
Au cœur du dossier, une période charnière : neuf saisons, de 2009-10 à 2017-18. City est accusé de ne pas avoir communiqué des informations financières exactes pendant ces années.
Les griefs sont multiples :
- informations incomplètes ou inexactes sur la situation financière du club,
- absence de détails complets sur la rémunération de l’ancien entraîneur Roberto Mancini entre 2009-10 et 2012-13,
- manque de transparence sur certaines rémunérations liées aux contrats de joueurs entre 2010-11 et 2015-16,
- et, point particulièrement sensible, défaut de coopération avec l’enquête entre 2018 et 2023.
Selon les informations rapportées, la commission indépendante aurait donc retenu la quasi-totalité de ces charges. Les discussions sur la nature et le niveau des sanctions, elles, n’en seraient qu’à leurs débuts.
Silence de la Premier League, contre-attaque de City
La Premier League, sollicitée, ne commente pas. La ligue rappelle simplement que le processus est « en cours ». Un rappel sec, mais lourd de sens : rien n’est encore officiellement clos, même si la direction générale du dossier semble désormais tracée.
Du côté de Manchester City, le ton reste offensif et verrouillé. Un porte-parole du club maintient la ligne défensive adoptée depuis le début : le processus de la Premier League est toujours en cours, une partie importante reste à mener, le tout sous le sceau d’une stricte confidentialité. La position du club, ajoute-t-il, demeure « cohérente » avec celle exprimée en février 2023.
À l’époque, City affirmait accueillir favorablement la perspective d’une commission indépendante, persuadé de disposer d’un « corpus complet de preuves irréfutables » en sa faveur.
Le club insiste aussi sur un point politique : il dit avoir respecté la procédure pendant huit ans, en partant du principe que le board et l’exécutif de la Premier League agiraient comme un régulateur indépendant, impartial, à l’abri de toute influence partisane.
En clair, City se pose en acteur coopératif… et laisse planer le doute sur la neutralité du système qui le juge.
Un géant sportif rattrapé par son passé
Le timing ajoute une dimension presque romanesque à l’affaire. Quand la Premier League renvoie le dossier devant la commission, en février 2023, Manchester City fonce vers le troisième de ses quatre titres consécutifs.
Quatre mois plus tard, le club décroche sa première Ligue des champions. Le sommet sportif de l’ère moderne de City, le point culminant d’un projet démarré justement à la fin des années 2000… la période même aujourd’hui scrutée et condamnée.
D’un côté, une machine à gagner, devenue référence du football européen. De l’autre, un long fil d’irrégularités présumées, désormais confirmées sur presque tous les points par une commission indépendante, si l’on en croit les informations publiées.
Et maintenant ?
Les sanctions possibles couvrent un spectre très large : amendes, retrait de points, restrictions sportives, voire atteinte au palmarès passé. Pour l’heure, rien n’est décidé, rien n’est communiqué.
Ce qui est certain, c’est que Manchester City ne compte pas s’incliner sans livrer bataille. Le club fera appel. Le bras de fer juridique et politique ne fait que commencer.
La question n’est plus seulement de savoir ce que City a gagné sur le terrain. Elle devient : à quel prix, et avec quelles conséquences pour l’avenir de la Premier League et de son champion le plus dominant de la dernière décennie ?




