Séisme à la FIGC : Maldini démissionne après le veto sur Pirlo
Deux semaines. C’est tout ce qu’aura duré l’aventure de Paolo Maldini comme directeur technique de la Nazionale. L’icône du Milan a présenté sa démission lundi, en même temps que son conseiller Leonardo, au terme d’un bras de fer perdu avec les dirigeants du football italien autour du choix du futur sélectionneur.
Pirlo, ligne rouge entre Maldini et Malagò
Maldini et Leonardo avaient un plan clair. Ils voulaient confier le banc de l’Italie à Pirlo, figure d’une génération dorée, ancien meneur de jeu de la Squadra et ex-entraîneur de la Juventus. La Federazione Italiana Giuoco Calcio, portée par son président Giovanni Malagò, a opposé un non catégorique.
Raison officielle : la tempête politique provoquée par le rôle de Pirlo comme ambassadeur d’une société de paris russe. Dans le climat actuel, la FIGC a jugé ce choix intenable. Pour Maldini et Leonardo, ce veto a pris une tout autre dimension : une atteinte directe à leur autonomie, un signal que leur marge de manœuvre était plus théorique que réelle.
Ils n’ont pas avalé la pilule. Ils sont partis.
Thiago Motta refusé, Conte et Mancini imposés
Avant de claquer la porte, Maldini et Leonardo ont tenté une autre voie. Selon plusieurs sources, ils ont proposé Thiago Motta, fraîchement passé par la Juventus et Bologna, profil moderne, en pleine ascension. Nouveau refus. Malagò a balayé cette option lui aussi.
Lundi, une ultime réunion a réuni Maldini, Leonardo et le président de la FIGC. Dernière tentative de conciliation. Malagò a insisté pour les voir se détourner de Pirlo et se concentrer sur deux noms : Antonio Conte et Roberto Mancini. Deux anciens de la maison azzurra, deux entraîneurs au pedigree incontestable, mais loin d’être consensuels aux yeux du duo.
La pression institutionnelle était nette : Conte ou Mancini, pas Pirlo, pas Thiago Motta.
Les doutes sur Mancini et Conte
Maldini et Leonardo n’ont pas seulement résisté par principe. Ils ont avancé des arguments précis.
Pour Mancini, le problème remonte à 2023. Le sélectionneur avait alors quitté son poste en pleine campagne de qualification pour l’Euro 2024, avant de s’engager rapidement avec l’Arabie saoudite. Pour le duo, ce départ en pleine route posait les mêmes questions de fiabilité que celles soulevées par les critiques visant Pirlo. Comment vendre à l’opinion publique un retour de Mancini après un tel précédent ?
Le cas Conte soulevait une autre inquiétude. Sa trajectoire parle pour lui : un entraîneur brillant, mais adepte des cycles courts, souvent deux ans, rarement plus. Avec la Coupe du monde 2030 en ligne de mire, Maldini et Leonardo voyaient là un risque structurel. Construire un projet à long terme avec un coach qui, historiquement, change de club à intervalles réguliers leur paraissait fragile.
Deux profils imposés, deux profils jugés bancals pour un projet à huit ans. Le fossé s’est creusé.
Un bras de fer politique perdu d’avance
Au fil des échanges, Maldini et Leonardo ont eu le sentiment que leurs prérogatives se réduisaient. Le choix du sélectionneur, cœur de leur mission, leur échappait. Le veto sur Pirlo, le refus de Thiago Motta, la pression pour Conte ou Mancini : pour eux, la ligne était franchie.
Leur départ n’est pas un simple geste d’humeur. Il acte une fracture profonde entre la vision sportive portée par Maldini et Leonardo et la stratégie politique et institutionnelle incarnée par Malagò et la FIGC.
Pendant que le Conseil fédéral se réunit ce mardi à 12h00 (11h00 GMT), le président de la Fédération pourrait déjà annoncer le nom du nouveau sélectionneur. Sans Maldini, sans Leonardo, sans Pirlo, sans Thiago Motta.
La Nazionale changera de visage. Reste à savoir si elle vient de perdre, en coulisses, les deux hommes qui voulaient lui redonner une identité à long terme.



