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Luis Díaz en vacances à Barranquilla : un derby mémorable

À Barranquilla, Luis Díaz en vacances, Barranquilla FC en état de grâce

Luis Díaz a rangé les crampons pour quelques semaines, mais pas le football. De retour chez lui sur la côte caraïbe après sa Coupe du monde avec la Colombie, l’ailier du Bayern Munich profite d’un congé prolongé. Mercredi soir, pourtant, il n’était ni sur une plage ni en soirée privée. Il était là où tout a commencé pour lui : en tribune, à Barranquilla, pour un duel de Coupe aussi symbolique que spectaculaire entre ses deux anciens clubs, Junior FC et Barranquilla FC.

Un derby de famille sous les tropiques

Junior FC, champion en titre, institution de Barranquilla et fierté de la côte caraïbe. En face, Barranquilla FC, club de deuxième division, créé en 2004, véritable usine à talents et équipe-relais du grand Junior. Deux maillons d’une même chaîne, autorisés à s’affronter en Coupe nationale, contrairement à ce qui se pratique en Allemagne.

Dans ce décor brûlant, un parfum d’histoire. Carlos Bacca, Teófilo Gutiérrez, Luis Díaz : tous sont passés par ce double tremplin avant de s’envoler vers l’Europe. Díaz, lui, a pris le chemin de Porto puis de Liverpool, avant de franchir un nouveau cap en 2025 avec un transfert au Bayern Munich estimé à 70 millions d’euros.

Mercredi, il n’était plus le gamin du quartier ni la star de la sélection. Il était le témoin privilégié d’un soir de Coupe où le petit frère a décidé de bousculer l’ordre établi.

Junior au bord du gouffre, Muriel rallume la flamme

La première manche avait déjà donné le ton : 2-2 entre Junior et sa réserve officielle. Le match retour allait pousser le scénario encore plus loin.

Barranquilla FC, les « petits », prennent l’avantage et mènent 3-2 pendant de longues minutes. Junior vacille, le champion en titre doute, la tribune s’agite. Dans la chaleur tropicale, on sent la nervosité monter, même chez Luis Díaz, filmé à plusieurs reprises en train de se rafraîchir comme il peut avec un petit ventilateur portatif.

La pression finit par se transformer en opportunité. À la 88e minute, une main dans la surface offre un penalty à Junior. Luis Muriel, 35 ans, ancien de la sélection colombienne et globe-trotter passé par Atalanta Bergame et Sevilla, s’avance. Il égalise. 3-3. Junior respire, Barranquilla encaisse le coup sans plier.

On pense alors que l’expérience va reprendre ses droits. Que le grand club va finir par imposer sa loi.

La séance qui fait basculer la hiérarchie

La suite, c’est une séance de tirs au but comme les amateurs de Coupe les adorent. Cruelle, folle, inattendue.

Barranquilla FC, immense outsider, ne se contente pas d’avoir tenu tête au champion. Le club de deuxième division va le renverser. Le gardien Sebastian Guerra sort un tir au but, plonge au bon endroit, maintient l’espoir. En face, son homologue de 20 ans, Yesid García, ne se contente pas de garder ses cages : il s’avance pour tirer. Et ose.

Panenka. Plein centre. Froid, culotté, dévastateur psychologiquement. Le ballon retombe doucement dans le but, et avec lui l’idée que Barranquilla FC serait venu pour apprendre.

Puis vient le moment de Guerra. Le portier, déjà héros sur sa ligne, prend le ballon pour frapper à son tour. Il ne tremble pas. Il marque le penalty décisif et offre la qualification aux siens.

Junior FC, champion en titre, est à terre. Barranquilla FC vient de signer l’un de ces soirs dont on reparle longtemps dans les quartiers, dans les académies, dans les vestiaires.

Díaz spectateur, Barranquilla en cadeau d’adieu

Tout au long de la retransmission télévisée, les caméras traquent la réaction de Luis Díaz. Lui qui connaît chaque recoin de ce football-là, chaque visage, chaque accent des tribunes. Assis, ventilateur à la main, il assiste à la révolte du club qui sert de tremplin à tant de destins, dont le sien.

Pour Díaz, ce spectacle ressemble à un clin d’œil du destin. Un dernier cadeau de sa ville avant de repartir vers les obligations d’une superstar européenne. Son séjour à la maison touche à sa fin. Le 1er août, il s’envolera avec le Bayern Munich pour une tournée en Asie.

En quittant Barranquilla, il emportera sans doute avec lui l’image de Sebastian Guerra qui transforme un tir au but en coup de tonnerre, et celle de Yesid García qui ose une Panenka contre le grand frère.

Dans une carrière où tout se joue désormais dans les grandes capitales du football, ce genre de nuit rappelle d’où tout est parti. Et, parfois, qui écrit encore les plus belles histoires.