Lucas Herrington brille pour sa première en Premier League
Lucas Herrington, 18 ans, n’aurait pas pu rêver meilleur baptême en Premier League. Entré en jeu en seconde période, le jeune défenseur australien a participé à l’exploit de Hull City, vainqueur 2-0 de Manchester United, et a bouclé sa première apparition avec un clean sheet contre l’un des géants du championnat.
Un gamin devant la télé, un pro sous les projecteurs
Unique représentant australien dans l’élite anglaise, le longiligne défenseur venu du Queensland a savouré l’instant. Lui qui se levait à l’aube pour regarder la Premier League s’est soudain retrouvé au cœur de l’action, face à Manchester United, dans un MKM Stadium en fusion.
« Just buzzing. J’ai regardé la Premier League depuis que j’ai cinq ans, en me levant à toutes les heures du matin », a-t-il confié aux médias du club. Être sur la pelouse, avec ces joueurs-là, contre United, c’était « un grand moment » pour lui. Sa mère et son agent étaient dans les tribunes. L’émotion était partout.
Début en Premier League. Victoire. Clean sheet. Contre Manchester United. Pour Herrington, la soirée frôle la perfection. « Ça ne devient pas beaucoup mieux que ça », a-t-il résumé, porté par les chants des supporters et l’impression de vivre « le début de quelque chose de spécial » à Hull.
Hull bouscule les pronostics, United piétine
Annoncé comme candidat quasi certain à la relégation, Hull City avait été publiquement enterré par Joe Cole, qui avait lâché un cinglant « Hull are gone, man ». Sur le terrain, les Tigers ont répondu avec fracas.
Manchester United, englué dans un jeu lent et prévisible, a subi. Très tôt. Trop tôt.
À la 17e minute, Semi Ajayi ouvre le score après un corner mal géré par la défense de United. Premier coup de tonnerre. Les hommes de Michael Carrick ne réagissent pas vraiment. Hull sent le doute s’installer et insiste sur les coups de pied arrêtés.
La pression finit par payer. Sur un coup franc parfaitement enroulé par Regan Slater à la 38e minute, le défenseur central Nobel Mendy, recruté le même jour qu’Herrington plus tôt dans le mois, s’élève et place une tête victorieuse pour le 2-0. Le MKM Stadium explose. Dans les tribunes, un chant s’élève, moqueur, implacable : « Are you watching, Joe Cole? »
United vacille, Hull s’arc-boute. Et le doute change de camp.
Herrington, 30 minutes de sang-froid
Mendy, préféré au jeune Australien dans le onze de départ, doit quitter la pelouse sur blessure à la 64e minute. C’est le moment d’Herrington.
Le contexte est brûlant : deux buts d’avance à défendre, United qui pousse, une première en Premier League, tout ça sous les yeux d’un stade en ébullition. Le jeune Socceroo ne tremble pas.
Réputé pour son calme, Herrington reste dans son registre. Sobre, concentré, propre. Neuf touches de balle seulement, mais aucune erreur, aucune panique, alors que United tente par à-coups de revenir avec une série d’attaques plus volontaires que réellement tranchantes.
Pendant la dernière demi-heure, le Queenslander devient le cœur de la défense des Tigers. Il ferme les espaces, tient sa ligne, accompagne ses partenaires dans un bloc compact qui finit par étouffer les velléités mancuniennes.
Une victoire historique, des portes qui s’ouvrent
Pour Hull City, cette soirée a un parfum d’histoire : première victoire en championnat contre Manchester United depuis 52 ans, premier succès en Premier League après neuf ans d’absence, et un début de saison qui fait voler en éclats les pronostics les plus pessimistes.
Dans les travées, le propriétaire Acun Ilicali exulte, les supporters chantent à pleins poumons pendant que « Rocking All Over the World » de Status Quo résonne. Sur la pelouse, les joueurs savourent. United, lui, rentre sonné : première défaite de son histoire en Premier League face à Hull, et un démarrage de campagne cauchemardesque pour Michael Carrick.
L’euphorie n’efface pas tout, pourtant. L’entraîneur de Hull, Sergej Jakirovic, a confirmé que Semi Ajayi, Nobel Mendy et le capitaine Lewis Coyle devront passer des examens dans les 24 heures pour évaluer leurs blessures. Derrière eux, une porte s’ouvre pour Herrington.
Le jeune défenseur se retrouve désormais en première ligne pour une nouvelle opportunité dès mardi (mercredi AEST), en League Cup, sur le terrain de Stoke, pensionnaire de Championship.
Une soirée, un match, quelques minutes. Parfois, c’est tout ce qu’il faut pour lancer une carrière en Premier League. Herrington vient de faire son entrée. À lui, désormais, de voir jusqu’où il peut emmener cette histoire.




