Arsenal : Mercato sous tension avec Havertz, Álvarez et Martinelli
La soirée parfaite contre Coventry n’a pas calmé Londres. Elle l’a électrisée. Derrière le 3-0 tranquille, Arsenal continue de bouillonner sur le marché des transferts, tiraillé entre un désir d’attaquant « galactique », la montée en puissance de Kai Havertz et plusieurs dossiers brûlants en sortie comme en entrée.
Ornstein prévient : Arsenal veut encore mieux devant
David Ornstein l’a répété après la démonstration des Gunners : le secteur offensif reste la grande obsession du club.
« Arsenal voudrait encore améliorer sa ligne d’attaque. C’est pour ça qu’ils sont si déterminés à un retour en Angleterre, et ça peut être le point de blocage », a-t-il expliqué, à propos du dossier Julian Álvarez. Selon lui, si les choses se tendent, « Atlético Madrid ferait un deal avec Arsenal – contrairement au Barça, où les portes sont fermées ».
Le message est clair : les Londoniens poussent fort, mais ils se heurtent au rêve catalan de l’Argentin.
Yildiz, une porte fermée à Turin… pour l’instant
Le nom de Kenan Yildiz revient avec insistance. Arsenal l’a identifié comme cible potentielle pour renforcer les ailes. Ornstein, sur TNT Sport, a néanmoins refroidi l’enthousiasme : « Ils aiment Kenan Yildiz, mais les portes sont fermées du côté de la Juventus. »
Les dirigeants londoniens doivent donc jongler. Trouver un successeur à Gabriel Martinelli, sur le départ, sans accès direct à l’une de leurs pistes préférées.
Plus tard, un autre média a confirmé que Yildiz figure de nouveau en haut de la liste. L’ailier turc, 21 ans, auteur de 11 buts toutes compétitions confondues la saison passée, est évalué à environ 70 M€. Arsenal réfléchit encore à l’ampleur de l’investissement. Une option évoquée : inclure Martinelli dans un éventuel deal avec la Juve pour faire baisser la facture.
Simeone serre Álvarez contre lui, mais écoute Arsenal
Diego Simeone ne lâche pas Julian Álvarez. Pas en public, en tout cas.
En conférence de presse, l’entraîneur de l’Atlético a verrouillé le discours : « Julián Álvarez sera dans le groupe demain. Pour moi, Julián est extrêmement important pour atteindre nos objectifs. Tant qu’il est avec l’équipe, je vais le protéger. »
En coulisses, le décor est plus nuancé. L’Atlético a déjà rencontré des représentants d’Arsenal pour évoquer les conditions d’un départ. Le prix reste jugé trop élevé à ce stade, et le club madrilène privilégierait une vente à l’étranger pour ne pas renforcer un rival direct en Liga. Londres coche cette case.
Problème majeur : le joueur lui-même. Álvarez ne cache pas que son rêve se nomme Barcelona. Les Gunners continuent de pousser, espèrent que la situation économique du Barça les laisse dans le rétroviseur, et surveillent un autre paramètre : la course de l’Atlético pour Nicolas Jackson avec Aston Villa. Si Jackson arrive à Madrid, la porte pour Álvarez pourrait s’entrouvrir un peu plus.
Havertz, le neuf qui était déjà là
Pendant qu’Arsenal rêve d’Álvarez, Kai Havertz, lui, marque. Beaucoup. Et dans les grands rendez-vous.
Revenu de blessure après une saison tronquée, l’Allemand a trouvé le chemin des filets en finale de Ligue des champions, puis encore contre Coventry. Avant cela, il avait déjà frappé lors du Community Shield face à Manchester City. Son CV parle : buteur en finale de C1 avec Chelsea en 2021, puis encore décisif avec Arsenal sur la plus grande scène européenne contre le PSG en mai.
Arteta l’a longtemps fait alterner avec Viktor Gyökeres la saison passée. Havertz donne désormais l’impression d’être prêt à mener la ligne à plein temps, à justifier ses 70 M£ et à faire réfléchir tout le monde sur la nécessité d’un nouvel avant-centre.
Arsenal n’en reste pas moins déterminé à remplacer Gabriel Jesus, très courtisé en Serie A. Mais pour recruter, il faudra d’abord vendre, dans un effectif déjà très dense.
Konsa, l’arme défensive polyvalente qui bouscule la hiérarchie
Sur le plan défensif, Arsenal a frappé fort. Ezri Konsa a officiellement rejoint le club en provenance d’Aston Villa pour environ 51 M£, plus 4 M£ de bonus éventuels.
Le directeur sportif Andrea Betra n’a pas caché sa satisfaction : « Nous sommes ravis d’avoir finalisé la signature d’Ezri Konsa. Ezri est un défenseur de très grande qualité, dont l’athlétisme, le sang-froid et l’intelligence tactique en ont fait l’un des joueurs les plus constants de Premier League. À l’aise en défense centrale comme à droite, il va apporter une vraie polyvalence tout en maintenant des standards défensifs élevés, fondamentaux dans notre quête de trophées majeurs. Nous accueillons un joueur avec une expérience confirmée en Premier League et au niveau international, avec de fortes qualités de leadership, qui s’adaptera parfaitement à notre style. Et tout aussi important, nous accueillons un joueur au caractère et au mental capables d’avoir un impact immédiat. Nous souhaitons la bienvenue à Ezri et sa famille à Arsenal. »
La blessure de William Saliba a mis en lumière la nécessité de renforcer ce secteur. Konsa arrive pour épauler Gabriel et offrir une solution fiable à droite. Mais ce mouvement n’est pas sans conséquence : Ben White voit son avenir se troubler.
Everton admire le défenseur anglais. White, 28 ans, a signé sa première passe décisive de la saison contre Coventry, mais Arteta a du mal à en faire un indiscutable. Un départ ouvrirait de nouvelles marges de manœuvre financières avant la fin du mercato.
Tyjon, le pari offensif à long terme
Arsenal n’oublie pas l’avenir. Le club touche enfin au but dans le dossier Igor Tyjon, le jeune attaquant de Blackburn Rovers, après plusieurs fenêtres de transferts passées à le suivre.
Le joueur de 18 ans a déjà évolué avec les U21 de Blackburn, les U17 d’Angleterre, et a goûté à l’équipe première en EFL Cup. L’accord prévoit 1,2 M£ immédiatement, 2 M£ de bonus et un pourcentage de 20 % à la revente pour Blackburn. Une somme nettement inférieure aux près de 5 M£ proposés l’été dernier par un autre club.
Martinelli, l’ombre au tableau
La grande tension de ce mercato se cristallise autour de Gabriel Martinelli. Le Brésilien a déjà refusé une approche de Galatasaray, mais reste clairement sur la liste des partants après une saison décevante.
Inter Milan, Roma, Atlético Madrid et Juventus suivent le dossier. Arsenal attend environ 60 M€ pour accepter de le laisser partir. Le signal le plus fort est tombé lors du 3-0 contre Coventry : Martinelli n’était même pas dans le groupe.
Ian Wright, légende du club, n’a pas caché son malaise sur Sky Sports : « Par rapport à Martinelli et la manière dont il est traité en ce moment, ça me met vraiment mal à l’aise. Je sais qu’ils peuvent vouloir s’en séparer, que certains diront qu’il est temps de le laisser partir. Mais il y a des façons de faire. Ça doit aussi lui convenir, la manière dont il part. Ne pas être dans le groupe, ne pas être informé, ne pas savoir ce qui se passe… Je sais ce qu’il se passe. »
Plus tard, Wright a insisté : l’arrivée de Christos Tzolis n’enlève rien à ce que Martinelli a apporté au groupe, et il espère que la situation se résoudra « correctement » pour le Brésilien.
Tzolis, déjà un coup de maître sur le flanc gauche
Christos Tzolis, lui, n’a pas attendu pour convaincre. Recruté à Club Brugge pour 34 M£, l’ailier de 24 ans a offert deux passes décisives lors du Community Shield contre Manchester City, puis a de nouveau brillé face à Coventry.
Le choix du meilleur joueur du match a été décrit comme un « pile ou face » par le consultant de Sky Sports, partagé entre le capitaine Martin Ødegaard et Tzolis, avant de finalement opter pour le Norvégien.
Ce transfert s’inscrit dans une logique claire : rajeunir sans perdre en rendement. Le Grec arrive pour remplacer Leandro Trossard, parti à Besiktas après avoir été un homme-clé d’Arteta, notamment avec un but capital à West Ham la saison passée dans la course au titre. Remplacer un ailier de 31 ans par un profil de 24 ans déjà très menaçant sur le côté gauche ressemble à un pari très bien calculé.
Jamie Carragher l’a résumé crûment sur Sky Sports : « C’est une amélioration par rapport à Trossard et Martinelli. »
Zubimendi, convoité mais intouchable
Un autre dossier a semblé s’ouvrir pour rien : celui de Martin Zubimendi. Après une première saison prometteuse en Premier League, le milieu espagnol a vu son temps de jeu menacé par l’arrivée de Bruno Guimarães, l’émergence d’Ethan Nwaneri et le retour de Declan Rice.
Chelsea suit la situation de près, tout comme le Real Madrid, déjà intéressé après avoir manqué Rodri. Mais Mikel Arteta a coupé court à toute spéculation.
Interrogé sur un éventuel départ, il a répondu sans ambiguïté : « Non, c’est un joueur vraiment important. Sans aucun doute, il a été l’un des meilleurs joueurs d’Arsenal la saison dernière. Sans lui, nous n’aurions jamais atteint la position dans laquelle nous étions dans les dernières semaines. »
Le message est passé : Zubimendi reste au cœur du projet.
Arteta assume le virage « prime » avec Bruno et Konsa
L’arrivée de Bruno Guimarães et d’Ezri Konsa, tous deux âgés de 28 ans, marque une inflexion nette dans la construction de l’effectif. Arteta, interrogé par Sky Sports, a assumé ce choix.
« Nous regardons l’effectif dans sa globalité, nous avons une ligne défensive jeune. Au milieu, nous avons déjà la prochaine génération avec Ethan et Max. À 28 ans, ils sont dans leur prime et je pense qu’ils vont apporter des choses incroyables à notre équipe. »
Bruno sort d’un titre historique avec Newcastle en EFL Cup, le premier trophée du club depuis 56 ans. Konsa, lui, a été un élément majeur de la victoire d’Aston Villa en Europa League et de la campagne de Coupe du monde de l’Angleterre. Deux joueurs dans la force de l’âge, deux leaders prêts à performer immédiatement.
Arteta l’a rappelé avant le coup d’envoi de la saison de Premier League : « Nous essayons d’améliorer l’équipe, mais cela dépend de certains départs et de l’argent disponible après. Jusqu’ici, je suis très heureux. »
Odegaard porté par le niveau autour de lui
Martin Ødegaard a donné le ton contre Coventry : un but, un match plein, et une distinction de meilleur joueur. Il a déjà égalé son total de buts de la saison précédente.
Gary Neville y voit une promesse encore plus grande si Arsenal parvient à recruter un pur buteur comme Álvarez : « Si Arsenal avait un Ian Wright devant, Ødegaard serait encore meilleur, parce que Havertz et Gyökeres aiment venir jouer plutôt que plonger dans la profondeur. Si Arsenal obtenait un Álvarez, je pense qu’Ødegaard passerait un cap. »
Le capitaine norvégien ne dit pas autre chose sur la qualité de l’effectif : « La qualité dans l’équipe est incroyable, on peut mettre tellement de joueurs dans le onze et on serait à un niveau incroyablement élevé. On se pousse les uns les autres à être meilleurs à l’entraînement. »
Un mercato qui balaie les rumeurs de mai
Un rapport de CBS Sports, en mai, évoquait jusqu’à huit départs possibles cet été : Ben White, Gabriel Jesus, Ethan Nwaneri, Gabriel Martinelli, Leandro Trossard, Kai Havertz, Martin Ødegaard et Cristhian Mosquera.
La réalité a déjà balayé une partie de ces hypothèses. Havertz et Ødegaard ont tous deux marqué contre Coventry, le Norvégien étant élu homme du match. Mosquera, arrivé de Valence l’été dernier, a impressionné aux côtés de Gabriel en l’absence de Saliba. Trossard, lui, a effectivement quitté le club pour Besiktas.
Reste une zone grise : White, Jesus, Martinelli, Nwaneri. Everton continue de suivre White, Martinelli et Jesus sont courtisés en Serie A, tandis que Nwaneri pourrait chercher plus de temps de jeu, possiblement via un nouveau prêt après son passage à Marseille.
Partey tourne la page Arsenal
Un ancien pilier du milieu a, lui, déjà écrit un nouveau chapitre. Thomas Partey s’est engagé avec Al Shabab en Arabie saoudite. Le Ghanéen avait quitté Arsenal pour Villarreal l’été dernier à la fin de son contrat à Londres.
Arrivé de l’Atlético Madrid en 2020, il avait disputé 167 matches sous les ordres d’Arteta, s’imposant comme une pièce maîtresse avant de partir relancer sa carrière en Liga, puis au Moyen-Orient. Al Shabab récupère un joueur rompu aux exigences de la Premier League, de l’Europe et du haut niveau international.
Arsenal a déjà renforcé sa défense, densifié son milieu, rajeuni son aile gauche et sécurisé son futur en attaque. Il manque encore la pièce maîtresse : ce numéro 9 de classe mondiale qui ferait basculer le projet dans une autre dimension. Kai Havertz réclame sa chance, Julian Álvarez regarde vers Barcelone, Martinelli attend son sort.
La question n’est plus de savoir si les Gunners sont ambitieux. Elle est de savoir jusqu’où ils sont prêts à aller, et qui sera là, devant, lorsque la saison entrera dans sa phase décisive.




