Lucas Herrington brille lors de ses débuts en Premier League
Lucas Herrington, 18 ans, n’aurait pas pu rêver mieux pour ses premiers pas en Premier League. Lancé après la pause, le jeune défenseur des Socceroos a participé à l’exploit de Hull City, tombeur de Manchester United (2-0) dans une MKM Stadium en fusion.
Promu et annoncé condamné à la relégation avant même le coup d’envoi de la saison, Hull a fait taire tout le monde. Y compris Joe Cole, qui avait lâché, au grand agacement des supporters : « Hull are gone, man ». À la fin, le refrain a claqué dans les tribunes : « Are you watching, Joe Cole?! »
Hull bouscule le géant
Manchester United, dirigé par Michael Carrick, a été bousculé d’entrée par une équipe de Hull agressive, disciplinée et dangereuse sur coups de pied arrêtés. Les doutes ont vite changé de camp.
À la 17e minute, sur un corner mal géré par la défense mancunienne, le défenseur central Semi Ajayi a ouvert le score. United a réclamé, protesté, mais n’a surtout jamais vraiment réagi dans le jeu. Lent dans la construction, approximatif dans le dernier geste, le géant a semblé lourd, prévisible.
Le coup de massue est tombé avant la pause. À la 38e minute, Regan Slater a déposé un coup franc dans la surface. Nobel Mendy, autre défenseur central, recruté le même jour que Herrington et préféré au jeune Australien dans le onze de départ, a coupé la trajectoire de la tête, parfaitement, pour le 2-0. Deux coups de pied arrêtés, deux centrales buteurs, et un United sonné.
Herrington, entrée tranquille dans le chaos
Mendy a fini par céder sur blessure à la 64e minute. C’est là que le destin de Lucas Herrington a basculé. Triple changement, et l’Australien le plus cher de l’histoire chez les moins de 20 ans est entré en jeu, au cœur de la défense, pour tenir ce résultat historique.
Ancien joueur de Colorado Rapids, Herrington est devenu, à 18 ans et 351 jours, le premier Australien adolescent à fouler la Premier League depuis Harry Kewell, et le troisième plus jeune joueur de son pays à évoluer dans l’élite anglaise.
Le décor était brûlant, la pression maximale, mais lui est resté de glace. Neuf ballons joués seulement, mais aucun déchet, aucune panique. Positionnement propre, interventions nettes, sérénité totale alors que United tentait, péniblement, de revenir avec une série d’attaques brouillonnes. Pour un premier test à ce niveau, c’était un passage au révélateur. Il l’a traversé sans trembler.
Une soirée fondatrice pour Hull
Au coup de sifflet final, Hull venait de signer sa première victoire en championnat contre Manchester United depuis 52 ans. Premier match de Premier League après neuf ans d’absence, première claque infligée à un cador, et un message clair envoyé à ceux qui les voyaient déjà descendre.
Sur le bord du terrain, le propriétaire Acun Ilicali exultait, emporté par l’ambiance alors que « Rocking All Over the World » de Status Quo résonnait dans le stade. Les supporters savouraient non seulement le résultat, mais aussi l’attitude : une équipe compacte, courageuse, et un banc capable de tenir le choc.
L’entraîneur bosnien Sergej Jakirovic aura toutefois un casse-tête immédiat. Semi Ajayi, Nobel Mendy et le capitaine Lewie Coyle sont tous sortis touchés et devront être examinés dans les 24 heures. Derrière eux, une porte s’ouvre largement pour Herrington.
Le défenseur australien pourrait enchaîner dès mardi en League Cup sur la pelouse de Stoke City, pensionnaire de Championship. Et, si les blessures se confirment, il a toutes les chances de figurer de nouveau en bonne place pour le prochain rendez-vous de championnat, un déplacement déjà crucial chez un autre promu, Coventry City, corrigé 3-0 par Arsenal lors de la première journée.
Pour Manchester United et Carrick, cette entame de saison ressemble à un avertissement brutal : première défaite de l’histoire du club en Premier League face à Hull, et une liste de problèmes exposés au grand jour. Pour Lucas Herrington, en revanche, ce soir marque peut-être le début de quelque chose de beaucoup plus grand.




