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Louth, Kerry, Down : pronostics pour les finales du week-end

À l’approche d’un week-end brûlant à Croke Park, Paul Flynn s’est mouillé. Entre l’odeur d’un All-Ireland à portée de main et une finale de Tailteann Cup qui peut changer le destin d’un comté, l’ancien Dublinois a tranché : Louth, Kerry et Down.

Louth – Mayo : le rêve contre le renouveau

Avant de parler systèmes et match-ups, Flynn insiste sur l’essentiel : l’opportunité. Pour Louth, on est en territoire de conte de fées. Il y a quelques saisons à peine, imaginer ce groupe à une victoire d’une finale d’All-Ireland n’aurait même pas effleuré les conversations dans le vestiaire.

En face, Mayo revient d’assez loin. Des défaites ternes contre Roscommon et Tyrone avaient retourné leur saison. Les voilà pourtant de nouveau aux portes de la grande scène. Un renversement de situation spectaculaire.

Le danger, pour les deux camps, se situe maintenant dans la tête. Laisser les supporters s’enflammer, oui. Se laisser happer par le bruit, non. Les joueurs, eux, doivent s’accrocher au plan de jeu. Les marges seront minuscules, et ce championnat en a été la parfaite démonstration : des matches impossibles à pronostiquer, semaine après semaine.

Louth a changé de visage cette année. L’émergence de Dara McDonnell, James Maguire et Kieran McArdle a injecté du jus et du talent dans l’équipe. Sean Callaghan appartient à cette même vague montante, et son absence pèse lourd. Mais ce sont les cadres – Sam Mulroy, Ciaran Downey, Craig Lennon – qui donnent la direction, la structure et le sang-froid.

Pour Flynn, la clé est claire : le fameux « middle eight ». C’est là que Louth doit frapper. On l’a vu contre Monaghan : domination totale dans cette zone, même réduits à 14. S’ils reprennent la main dans ce secteur, ils se donnent une chance énorme.

C’est justement là que subsistent, à ses yeux, quelques doutes côté Mayo. En revanche, devant, la transformation est flagrante. Mayo possède désormais ce qui lui manquait cruellement à l’époque où Flynn les affrontait : trois véritables attaquants de tout premier plan avec Beirne, Ryan O'Donoghue et Kobe McDonald. Ajoutez à cela la résurrection de Tommy Conroy, et l’arsenal offensif devient soudainement intimidant.

Louth a de la bouteille sur la ligne arrière, mais si les intérieurs de Mayo se mettent à l’unisson, le match peut basculer très vite. Des deux côtés, les remplaçants peuvent aussi faire tourner la rencontre. Dans un duel aussi serré, le timing et le choix des entrées en jeu peuvent tout renverser.

Ce qui fascine le plus Flynn chez Louth, c’est la foi inébranlable de ce groupe. Ils ont déjà tenu tête à Dublin et Armagh cet été. Ils refusent de disparaître, refusent de lâcher. On peine à les départager, mais l’ancien ailier sent que quelque chose de presque magique est en train de naître dans le Wee County. Et il y croit suffisamment pour poser son jeton sur eux : Louth.

Tailteann Cup : Down favori, Wicklow pour l’histoire

La finale de la Tailteann Cup promet une autre ambiance de grand jour. Down avance avec l’étiquette logique de favori. Puissance, vitesse, et une capacité à se sublimer à Croke Park : le profil est clair. Le comté a faim de retrouver le Sam Maguire, et cette compétition est leur tremplin.

Mais la Tailteann Cup a été pensée pour offrir des moments fondateurs aux comtés en développement. Dans ce cadre, un triomphe de Wicklow aurait des allures d’épopée. Oisín McConville a fait un travail remarquable, porté par des leaders comme Mark Jackson et Dean Healy. Quoi qu’il arrive, Wicklow a déjà vécu une saison inoubliable.

Flynn, lui, reste pragmatique : il voit Down lever le trophée. Mais il sait aussi que si Wicklow parvient à forcer la porte, ce sera l’une de ces histoires que l’on raconte encore dans dix ans.

Kerry – Dublin : brasier au milieu, banc en or

Dernier acte du week-end, et pas des moindres : un choc que peu avaient vu venir dans ce contexte. La trajectoire de Dublin a surpris. Après des revers contre Westmeath et Louth, la capitale semblait en plein brouillard. Les résultats, mais surtout la mollesse des prestations, avaient semé le doute.

Puis Ger Brennan est revenu. Et tout a changé. Une énergie retrouvée, une défense resserrée, et ce sentiment, typiquement dublinois, que le groupe se rappelle qui il est. L’élan est revenu, mais face à eux se dresse une machine rodée : Kerry.

Pour Flynn, le véritable champ de bataille se situe au milieu. Dublin a beaucoup travaillé ses propres remises en jeu, mais va entrer dans une fournaise. Kerry excelle pour perturber les kick-outs adverses, avec un profil physique impressionnant : Mark O’Shea, Sean O’Brien, Diarmuid O’Connor, Joe O’Connor. Ils vont cibler cet axe sans état d’âme.

Dublin n’arrive pas démuni. Peadar Ó Cofaigh Byrne, Brian Howard et Ciarán Kilkenny apportent expérience et présence pour calmer le jeu. Mais l’intensité annoncée sera extrême.

À l’autre bout du terrain, Shane Murphy sort d’une prestation parfaite face à la défense individuelle de Tyrone. Cette fois, c’est un tout autre casse-tête. Le pressing zonal de Dublin est plus sophistiqué, plus étouffant. S’ils obligent Murphy à allonger, chaque ballon devient un pile ou face.

Pour Flynn, tout part de là : la possession primaire. Celui qui gagne la guerre des remises en jeu dicte le rythme, impose sa loi. Donegal a déjà montré comment faire dérailler Kerry en les affamant de ballons. Dublin doit s’inspirer de ce modèle.

Reste l’attaque de Kerry, et c’est là que les mains peuvent trembler côté Dubs. Leur défense collective a retrouvé une vraie férocité, mais se mesurer à cette ligne offensive relève de l’entreprise périlleuse, surtout avec les incertitudes autour de Sean McMahon. Dylan Geaney est en pleine forme, David Clifford reste un cauchemar ambulant pour n’importe quel défenseur. Tenir ce duo pendant 70 minutes relève presque de l’utopie.

En face, Niall Scully et Con O'Callaghan évoluent à un niveau All-Star. Mais la défense de Kerry est devenue avare, presque radine, sur les buts concédés. Tyrone lui a posé des problèmes, preuve qu’elle n’est pas intouchable. Dublin devra être chirurgical, convertir chaque brèche, capitaliser sur ses récents progrès dans la capacité à enchaîner les points.

Le facteur qui change tout, aux yeux de Flynn, se trouve sur le banc. La profondeur de Kerry fait peur. Presque chaque entrant pourrait prétendre à une place de titulaire dans n’importe quel autre comté. Quand on en arrive à se demander si un joueur du calibre de Seán O'Shea doit débuter ou non, on comprend l’étendue de la richesse.

La dimension mentale intrigue aussi. Dublin donne l’impression de n’avoir plus rien à perdre. Toute la pression repose sur Kerry, héritier désigné, favori assumé. Et on sait que ces affiches, lestées d’histoire, ont parfois le chic pour défier toute logique.

Flynn, pourtant, ne se laisse pas emporter par la nostalgie des grandes nuits dublinoises. Il voit bien Dublin transformer ce match en bataille de tranchées pendant trois quarts de la rencontre. Mais il imagine aussi le scénario final : Kerry ouvrant le banc dans les quinze dernières minutes, injectant du talent frais, et trouvant juste assez de ressources pour passer la ligne en tête.

Son verdict est posé, sans trembler : Louth, Kerry, Down. Reste à voir si le week-end confirmera cette lecture, ou s’il offrira un nouveau chapitre d’un été déjà plein de renversements.