Liverpool sans Ekitike : une valeur qui explose
Liverpool va devoir se passer d’Hugo Ekitike pendant une bonne partie de la saison. Rupture du tendon d’Achille en avril, aucun match depuis, et un retour envisagé au mieux pour la fin de l’année, peut-être même plus tard. Sur le terrain, le vide est immense. Sur le marché, sa cote flambe.
Arrivé l’été dernier en provenance de Eintracht Frankfurt pour environ 79 millions de livres, l’attaquant français avait immédiatement justifié l’investissement. Sept premiers mois tonitruants à Anfield, 17 buts, une adaptation express et la sensation que Liverpool tenait là son numéro 9 pour les dix prochaines années. Puis la blessure a tout stoppé net.
Une blessure lourde… et une valeur record
Malgré ce long tunnel médical, Ekitike est aujourd’hui estimé à 116 millions de livres par le CIES Football Observatory. Un chiffre vertigineux pour un joueur qui ne rejouera pas avant des mois. Mais le contexte joue pour lui : inflation du marché, rareté des buteurs de haut niveau, âge idéal – 24 ans – et marge de progression encore énorme.
Le CIES ne se contente pas de projeter une valeur théorique : l’outil tente d’anticiper ce qu’un club serait réellement prêt à payer. Dans le cas d’un international français de ce profil, le scénario d’un futur intérêt de Paris Saint-Germain entre forcément dans l’équation. Quand on voit les montants déjà posés sur la table pour des joueurs offensifs de ce calibre, ces 116 millions de livres ne paraissent plus hors-sol.
Cette estimation reste toutefois suspendue à une inconnue majeure : quand Ekitike retrouvera-t-il réellement les terrains, et à quel niveau ?
Iraola refroidit l’optimisme
Andoni Iraola ne vend pas du rêve concernant ses blessés longue durée. En juillet, l’entraîneur de Liverpool a fait le point, et le cas Ekitike n’a rien de rassurant.
« Dans l’ordre, je pense que le plus proche d’un retour est [Giovanni] Leoni. Ensuite ce sera Conor [Bradley] et Hugo, mais surtout pour les deux derniers, on est encore très loin. On parle de mois, avec encore beaucoup de temps sur la touche », a-t-il expliqué.
Leoni et Bradley reviennent de graves blessures au genou. Ekitike, lui, doit reconstruire un tendon d’Achille, l’une des blessures les plus redoutées pour un attaquant explosif. La prudence n’est pas une option, c’est une obligation.
Isak indispensable, Gakpo en faux 9 ?
Dans ce contexte, Alexander Isak devient presque une pièce maîtresse absolue. Le Suédois a déjà manqué une grande partie de la saison passée, mais Liverpool aura besoin de lui cette fois du premier au dernier jour. Sans Ekitike, chaque but, chaque course d’Isak pèsera double.
Iraola, lui, prépare déjà des plans alternatifs. Il a clairement ouvert la porte à un rôle plus axial pour Cody Gakpo : « Je pense que Cody peut jouer en 9. On ne l’a pas essayé en préparation parce qu’on manque d’ailiers. Il sait ce qu’on attend de lui à son poste préféré, à gauche, mais je lui ai parlé de ses minutes comme 9. Il l’a déjà fait et il peut nous aider là. »
Un message limpide : Gakpo pourrait être la solution d’urgence dans l’axe si les blessures s’accumulent ou si Isak souffle.
Gakpo courtisé, Barcola comme clé du mercato
Rien ne garantit cependant que le Néerlandais sera encore là en septembre. Tottenham suit de près sa situation et envisage de passer à l’offensive. Si une offre sérieuse arrive, Liverpool devra trancher : sécuriser une option fiable pour l’axe, ou encaisser un gros chèque et rebâtir encore son attaque.
L’arrivée de Bradley Barcola en provenance de Paris Saint-Germain change la donne. Avec un ailier supplémentaire dans l’effectif, le départ de Gakpo deviendrait plus envisageable. Mais seulement à une condition : que le club finalise au moins une recrue offensive parmi Yankuba Minteh et Ibrahim Mbaye, voire les deux.
Tout le secteur offensif se retrouve ainsi en mouvement. Entre un Ekitike convalescent mais valorisé comme une superstar, un Isak attendu comme un leader, un Gakpo potentiellement sur le départ et des recrues qui doivent s’intégrer à la volée, Liverpool s’avance vers une saison à haut risque.
Une chose est sûre : si Ekitike revient au niveau qui était le sien avant sa blessure, ces 116 millions ne seront plus une projection théorique. Ils deviendront la nouvelle ligne de base d’un marché déjà en ébullition.




