Brentford écrase Tottenham 3-0 pour débuter la saison
Brentford a lancé sa saison comme un coup de tonnerre. Intensité, agressivité, buts : Tottenham a été balayé 3-0 et n’a jamais vraiment existé dans les duels. Le contraste entre les deux bancs au coup de sifflet final résumait tout : exaltation d’un côté, inquiétude froide de l’autre.
De Zerbi sonne l’alarme : « Mauvais match »
Roberto De Zerbi n’a pas cherché à enjoliver la réalité. Ni à se protéger.
« Mauvais match. On a perdu et on a souffert la différence dans les duels. C’était la clé », a-t-il lâché, lucide, après la rencontre.
Tottenham a reculé, perdu les duels, raté ses timings de pressing, notamment avec Mikey Moore, et Brentford s’est engouffré dans chaque brèche.
Le technicien italien pointe une équipe encore loin de son pic physique : plusieurs joueurs ont rejoint le groupe tard après la Coupe du monde, d’autres découvrent à peine le onze de départ. Marcos Senesi, Jan Paul van Hecke et Sandro Tonali, notamment, ne sont « pas dans la meilleure condition physique ». Mais De Zerbi refuse d’en faire un paravent.
« On ne peut pas trouver d’excuse. Je suis surpris par le résultat et la performance. Je savais qu’on n’était pas dans la bonne condition, mais on ne peut pas jouer comme ça dans ce type de match », insiste-t-il.
Il parle d’un « nouveau projet » qui peine encore à trouver son « principe » de jeu, son socle.
Le constat est dur : Tottenham n’était « pas prêt à se battre dans les duels ». Trop souvent en retard, trop souvent dominé. « On a perdu trop de duels pour pouvoir rivaliser avec Brentford », répète De Zerbi, qui assure pourtant ne pas perdre confiance dans son groupe et ne pas vouloir « tout détruire » après une seule rencontre.
Sur le mercato, il se montre clair : il ne veut pas entendre que le onze de départ n’est « pas suffisant pour rivaliser ». Pour lui, c’est d’abord une question d’esprit et d’organisation. L’exemple à suivre ? « L’esprit de Brentford sur le terrain. »
Archie Gray, capitaine précoce mais lucide
Au milieu de ce naufrage, un symbole : Archie Gray, plus jeune capitaine de l’histoire de Tottenham en Premier League, propulsé leader dès la première journée. Le brassard ne lui a pas fait perdre la mesure des choses.
« Pour une raison ou une autre, certains jours, une équipe peut en surpasser une autre dans l’engagement. C’est sur nous », admet-il.
Il refuse, lui aussi, l’alibi du manque de condition : « Je ne pense pas qu’il y ait des excuses, honnêtement. »
Il voit tout de même « une amélioration par rapport à la saison dernière », mais ne se cache pas : « Ce n’est pas le départ qu’on voulait. Aujourd’hui, on s’est fait surclasser dans l’engagement. » Le moment, pour lui, reste « incroyable » sur le plan personnel, mais il le répète : « Ce n’était pas assez. »
Tottenham sait déjà que la semaine sera longue avant le match de milieu de semaine. Le travail à fournir est évident. Et urgent.
Brentford, intensité maximale dès le premier soir
En face, Brentford a déroulé ce que son entraîneur Keith Andrews attendait : une équipe « intensive, incessante », fidèle à une identité claire et difficile à contrer.
« Je suis vraiment heureux de ce qu’on a produit aujourd’hui. C’était nous, dès le premier coup de sifflet », se réjouit Andrews.
Il parle d’un jeu rempli de « personnalité » et de « solidarité », porté par une connexion forte avec les tribunes. Le stade a répondu, l’équipe a suivi.
Keane Lewis-Potter, buteur, résume l’état d’esprit : « C’est tout ce dont on rêvait. On travaille tellement dur en pré-saison. On veut faire de notre stade un endroit où il est très difficile de venir jouer. » Son but a lancé la soirée, mais Brentford n’a jamais pensé à gérer. « Si on en met un, on veut en mettre deux, trois, quatre. On ne veut pas reculer, ce n’est pas dans notre ADN. »
La profondeur de l’effectif, renforcé cet été, change aussi le ton au quotidien. « C’est bien pour nous d’avoir de la lutte à l’entraînement pour savoir qui va commencer. On a tellement de profondeur maintenant, ça nous aide beaucoup », souligne l’ailier.
Sangare, la pièce maîtresse assumée
Au cœur de ce Brentford remodelé, un nom ressort déjà : Mamadou Sangare. Keith Andrews ne cache pas que le milieu était la priorité du club.
« C’est un top joueur, sans aucun doute. C’est celui qu’on visait pendant le mercato. Le club mérite beaucoup de crédit. Lui aussi, parce qu’il aurait pu aller ailleurs pour un peu plus d’argent. Il a reconnu que c’était un bon endroit pour venir et il s’est très bien installé », explique le coach.
Andrews insiste : l’arrivée d’un joueur de ce niveau « élève le niveau de toute l’équipe », sans minimiser ce qui existait déjà. La force de Brentford, ce sont aussi ses remplaçants, capables de maintenir l’intensité.
Sangare, lui, savoure ses premiers pas. « Depuis mon premier jour ici, tout le monde a été vraiment bon avec moi. C’est bien de commencer par une victoire, j’espère qu’on pourra continuer comme ça », glisse-t-il, déjà adopté par le vestiaire et les tribunes.
Son coéquipier Nathan Collins, sourire en coin, lance même une petite pique amicale : « Il est pas mal, il a bien commencé… mais on en veut plus ! Plus de buts, plus de tacles. » Derrière la blague, un message : Brentford ne compte pas se satisfaire d’un simple bon début.
Un club qui veut aller plus haut
Brentford reste marqué par la saison passée, terminée à un point de l’Europe. Cette frustration nourrit clairement l’ambition actuelle.
« C’est ce qu’on voulait, commencer fort, montrer aux gens de quoi on est faits », insiste Collins.
Pour lui, cette première sortie n’est « que le début », une base sur laquelle « grandir ». Andrews, lui, refuse de se laisser emporter mais ne cache pas la direction : « Le plan, c’est de devenir meilleur. On doit continuer à pousser et à viser plus haut. »
Le coach aime répéter que « le football est un soap opéra ». Il sait qu’il y aura des « bosses sur la route », des semaines plus sombres que celle-ci. Mais Brentford donne déjà l’impression d’une équipe qui sait où elle va.
Tottenham, de son côté, cherche encore sa voie, son souffle, son identité sous De Zerbi. La première journée ne scelle rien. Elle pose, en revanche, une question claire : qui, entre ces deux clubs, sera le mieux armé pour tenir le rythme d’une saison qui s’annonce sans pitié ?




