Liverpool renverse Manchester City au Joie Stadium
Manchester City avait prévenu : sous les ordres d’Andrée Jeglertz, la défense devait être resserrée, plus solide, plus sûre. Sur la pelouse du Joie Stadium, c’est tout l’inverse qui est apparu. Liverpool en a profité sans pitié pour retourner un match mal embarqué et mener 2-1 dès la 28e minute, après une entame dominée par les championnes en titre.
Hemp lance City, mais Liverpool refuse de plier
City frappe d’abord, avec une action qui résume le meilleur visage des Mancuniennes. Alex Greenwood casse la ligne d’un simple contrôle, élimine tout le bloc de Liverpool et lance l’offensive. Carlotta Wamser enchaîne avec un premier contrôle propre, lève la tête et glisse le ballon dans la course de Lauren Hemp. Finition clinique : Hemp ouvre son pied, trouve le coin du but. Rien à dire, « brillant football et superbe finition », comme l’a décrit Chloe Hudson-Jones sur BBC Radio 5 Sports Extra 2.
Khadija Shaw tente ensuite sa chance, sur un long ballon venu de la gardienne. Elle contrôle, s’ouvre l’angle et envoie une frappe lointaine, largement au-dessus. City semble alors maîtriser, mais Liverpool ne se contente pas de défendre.
Les visiteuses s’installent peu à peu. Le pressing se met en place, les courses se multiplient. Fuka Nagano tente une frappe lointaine, sèche, mais Ayaka Yamashita la capte sans trembler. Un avertissement, tout de même.
Bergström égalise, le pressing récompensé
La bascule arrive sur ce que Liverpool fait de mieux : harceler la relance adverse. Le pressing des Reds provoque une ouverture, un ballon exploitable. Alex Brotherton, au Joie Stadium pour BBC Sport, parle d’une « réponse incroyable » des visiteuses, nées de cette agressivité sans ballon.
Alice Bergström se retrouve lancée, avec encore beaucoup à faire. La gardienne sort, réduit l’angle, mais l’attaquante de Liverpool garde son calme et conclut avec sang-froid. Chloe Hudson-Jones souligne le contraste : « Je dirais que c’est contre le cours du jeu, mais ce sont ces moments-là où il faut garder la tête froide. » City domine, Liverpool marque. Le scénario change.
Bergström ne se contente pas de son but. Elle recule, décroche, étire le bloc de City. L’ancienne défenseure de Liverpool le note : l’attaquante « fixe Carlotta Wamser sur sa ligne défensive et la repousse en permanence », ce qui oblige City à reculer et offre des options supplémentaires aux Reds. Liverpool, soudain, joue plus haut, plus juste.
Vivien Endemann, recrue estivale, se montre aussi. Déjà passeuse décisive sur l’égalisation, elle se distingue par son activité dans le dernier tiers. Liverpool affiche désormais un vrai visage offensif.
Endemann punit la fébrilité de City
La pression finit par fissurer City. Les signes avant-coureurs s’accumulent : dégagements ratés, hésitations, ballons mal négociés dans la surface. « Manchester City semble tellement mal à l’aise derrière », lâche le direct. Chaque centre de Liverpool fait trembler la défense.
Sur un nouveau ballon venu des côtés, City ne parvient pas à dégager. La défense cafouille, repousse mal. Cornelia Kapocs est la première sur le centre, gêne suffisamment pour créer le chaos. Le ballon traîne, tombe dans les pieds de Vivien Endemann.
Cette fois, pas de cadeau. L’attaquante arme et déclenche une frappe puissante à bout portant. Yamashita touche le ballon, mais ne peut que le voir filer au second poteau. 2-1 pour Liverpool à la 28e minute. Les supporters des Reds explosent, la tribune visiteuse s’embrase.
Alex Brotherton ne mâche pas ses mots : « C’est une défense calamiteuse de City. » Les deux buts encaissés symbolisent exactement ce que Jeglertz voulait éviter en pré-saison. À chaque incursion de Liverpool dans la surface, les championnes en titre semblent au bord de la rupture.
Pire, Carlotta Wamser, solide en début de match, se met à douter. Elle tergiverse balle au pied, se fait presser et perd le ballon dans une zone dangereuse. City s’en sort sur cette action, mais l’image est parlante : la sérénité a changé de camp.
Liverpool s’installe, City vacille
Portées par ce renversement express, les joueuses de Liverpool continuent d’avancer. Les longs ballons trouvent Bergström, qui maintient la défense mancunienne sous pression. Iman Beney doit intervenir avec autorité pour empêcher l’attaquante de filer au but sur une ouverture en profondeur.
Les Reds, jugées « très prometteuses » dans ce premier acte, jouent désormais avec confiance. Pressing coordonné, courses tranchantes, occupation intelligente des espaces : tout ce que City affichait en début de match semble désormais passer du côté de Liverpool.
Pendant ce temps, les failles de City restent béantes. Chaque centre, chaque duel dans la surface fait naître un sentiment de panique. Les championnes de WSL, censées imposer leur loi à domicile, donnent l’impression de marcher sur un fil.
La question n’est plus de savoir si Liverpool peut inquiéter City. Elle est de savoir combien de temps les Mancuniennes pourront vivre avec une telle fragilité défensive sans le payer, semaine après semaine, dans la course au titre.



