Liverpool souffle : Barcola a juste eu des crampes
Anfield a retenu son souffle. Quand Bradley Barcola, recrue phare de l’été à 123 millions de livres, s’est écroulé en se tenant le mollet gauche, le brouhaha s’est transformé en inquiétude sourde. Les premiers pas hésitants, l’intervention du staff médical, puis la sortie à l’heure de jeu ont fait craindre le pire.
Le verdict est finalement tombé très vite. Et il a soulagé tout le monde.
Andoni Iraola l’a reconnu après la victoire 2-1 contre l’Atletico Madrid : il a eu peur.
Sur le bord de la touche, le manager de Liverpool a été vu en train d’interroger son joueur au moment de son remplacement, presque anxieux, pour savoir s’il ne s’agissait “que” de crampes. Barcola l’a rassuré. Les examens de fortune aussi.
En conférence au micro de TNT Sports, Iraola a confirmé : rien de grave. « C’étaient juste des crampes, surtout pour Bradley [Barcola]. On le bouscule un peu, il n’a pas joué une minute en pré-saison, mais aujourd’hui on a décidé de lui demander de tout donner », a expliqué l’Espagnol. « On va voir comment ils récupèrent pour le prochain match. »
Un début sous pression pour Barcola
Titularisé d’entrée pour sa grande première à Anfield, Barcola a vécu une soirée paradoxale. Intense, prometteuse par séquences, frustrante aussi. L’ailier français a eu deux énormes occasions pour débloquer son compteur avec Liverpool.
La première, juste avant l’égalisation, a été repoussée par Jan Oblak, impeccable face à son face-à-face. Quelques instants plus tard, Dominik Szoboszlai, lui, ne tremblait pas et égalisait d’un plat du pied clinique à bout portant.
La deuxième, encore plus nette, voyait Barcola filer seul au but. Cette fois, il ouvrait trop son pied et trouvait le petit filet extérieur. Deux situations qui auraient pu changer sa nuit. Et son entrée en matière sous le maillot rouge.
Avant ces occasions manquées, Liverpool avait été cueilli à froid. Marcos Llorente, lancé dans le dos de la défense par une passe parfaitement dosée de Julian Alvarez, gagnait son duel avec Alisson pour ouvrir le score. Anfield grognait, surpris, son équipe aussi.
La réponse est venue par vagues. Szoboszlai d’abord, puis Alexis Mac Allister, auteur d’une frappe surpuissante pour donner l’avantage aux Reds. Un missile qui a retourné l’atmosphère et renversé le match.
Iraola se trompe, puis rectifie
Iraola n’a pas cherché d’excuses. Il a reconnu s’être fait surprendre par Diego Simeone.
« Difficile de demander plus. On a montré du caractère. J’ai adoré notre deuxième mi-temps. Je me sens chanceux de vivre cette atmosphère », a-t-il confié.
Le technicien basque a assumé sa part de responsabilité sur l’entame ratée. L’Atletico avait abandonné son schéma habituel pour un 5-3-2 compact. Une adaptation que Liverpool n’avait pas anticipée.
« Je pense que je dois prendre le blâme au début parce qu’ils m’ont un peu surpris tactiquement, ils ont joué à cinq derrière, en 5-3-2. On s’attendait à autre chose et on a attendu pour corriger. Après la pause, on a fait un bien meilleur match, on a mieux pressé et je pense qu’on a été la meilleure équipe », a analysé Iraola.
Après la mi-temps, le pressing s’est resserré, les lignes se sont rapprochées, le ballon a commencé à tourner dans le camp madrilène. Liverpool a pris le contrôle et ne l’a plus vraiment lâché.
Au milieu de cette montée en puissance collective, le cas Barcola restait en suspens. La manière dont il est sorti, la main sur le mollet, avait tout du scénario cauchemar pour un club qui vient de miser une fortune sur lui. La confirmation qu’il ne s’agit que de crampes change tout le décor.
Le Français n’a pas encore marqué, il a déjà raté des occasions, mais il a laissé entrevoir sa vitesse, ses appels, sa capacité à attaquer la profondeur. Pour un joueur sans minute de pré-saison, lancé d’emblée dans un choc européen à Anfield, le message est clair : Liverpool va encore pousser sur l’accélérateur avec lui.
Reste une question, désormais : quand Barcola aura 90 minutes dans les jambes, combien de temps les défenses adverses pourront-elles encore souffler ?



