Ligue des champions : Ødegaard offre la victoire à Arsenal à Naples
Arsenal a dû s’acharner, s’agacer, puis s’en remettre à son capitaine. À Naples, dans une soirée où les occasions se sont enchaînées sans récompense, Martin Ødegaard a fini par frapper. Une fois. Suffisamment. Victoire 1-0, entrée réussie dans la phase de ligue pour les Londoniens.
Pendant longtemps, le scénario a semblé écrit d’avance : domination, occasions manquées, frustration grandissante. Les hommes de Mikel Arteta, battus en finale la saison passée et décidés à franchir ce dernier palier, ont pilonné le but napolitain. Sans réussir à l’ouvrir.
Puis le capitaine a pris la lumière.
Un capitaine qui tranche
À un quart d’heure de la fin, alors que le bloc de Naples reculait toujours plus près de sa surface, Ødegaard a choisi l’option radicale. Un ballon récupéré aux abords de la zone, un contrôle, une frappe sèche du gauche, rasante, qui vient heurter le poteau avant de rentrer. Silence glacé dans le stade, explosion côté londonien.
« Je ne l’ai même pas vue entrer », a reconnu le Norvégien après la rencontre, lucide sur le contexte : face à un adversaire replié, « à un moment, ça avait du sens de tenter de loin ».
Ce but n’est pas anodin. Il porte Ødegaard à quatre réalisations en cinq matches cette saison, Community Shield compris. Une cadence de buteur, pas seulement de meneur de jeu. « Martin apporte des buts qui changent les résultats, c’est ce que nous attendons de nos joueurs offensifs, être décisifs, et il l’a encore été aujourd’hui », a salué Mikel Arteta au micro de TNT Sports.
De saison galère à version Mondial
Le contraste est brutal avec la saison dernière. Sacré champion d’Angleterre en mai, Ødegaard avait pourtant vécu un exercice miné par les pépins physiques, limité à un seul but en 36 rencontres toutes compétitions confondues. Un leader plus à la passe qu’à la finition.
À Naples, il a rappelé une autre version de lui-même : celle vue au Mondial, avec le brassard de la Norvège, quand il avait distribué quatre passes décisives jusqu’aux quarts de finale en juillet. Même influence, même justesse, mais désormais avec cette volonté de conclure lui-même.
26 tirs, un seul but
Arsenal avait besoin de ce coup de patte. La statistique résume tout : 26 tentatives, record du club à l’extérieur en Ligue des champions. Une pluie de tirs, longtemps sans effet.
Bukayo Saka a raté une énorme occasion en première période, seul face au but. Mikel Merino, lui, a vu sa tête à bout portant filer droit sur Alex Meret, le portier napolitain, qui a ensuite dû céder sa place à la pause à cause d’une blessure à la cuisse. Rien n’y faisait. Le but refusait de s’ouvrir.
Le pressing, les combinaisons, les dédoublements sur les côtés : Arsenal a imposé son football. Mais le tableau d’affichage restait figé. Jusqu’à cette frappe d’Ødegaard, limpide, imparable.
« On a joué un football brillant et on aurait dû marquer beaucoup plus de buts, mais on a fini par y arriver », a résumé le capitaine, lucide mais satisfait.
Un message pour l’Europe
Arsenal ne signe pas seulement une victoire. Le club lance un message : cette équipe, déjà finaliste la saison passée, revient avec un capitaine transformé, plus tranchant, plus tueur.
Dans une campagne où chaque détail comptera, avoir un meneur capable de décider d’un match d’un geste, loin de Londres, dans un stade hostile, change tout. La saison dernière, Ødegaard subissait. Cette année, il dicte le tempo et scelle les soirées.
Si Arsenal veut aller « un cran plus loin » que la finale perdue, ce genre de nuit à Naples devra devenir une habitude. Et si le pied gauche de son capitaine continue à parler avec autant d’autorité, combien de fois encore fera-t-il basculer l’Europe ?




