Kobbie Mainoo et l'absence au Mondial : la décision de Thomas Tuchel
Kobbie Mainoo devait être l’une des belles histoires de ce Mondial. Un printemps étincelant avec Manchester United, une place arrachée dans la liste, un profil de milieu moderne capable de donner un autre visage à l’Angleterre. Il n’a finalement pas joué une seule minute.
Alors que le débat enfle autour de Thomas Tuchel, de nouvelles révélations éclairent la décision du sélectionneur de se passer totalement du jeune milieu de United, même lorsque son entrejeu tirait clairement la langue.
De héros de Manchester United à fantôme du Mondial
La trajectoire semblait écrite. Mainoo avait porté Manchester United dans le sprint final de la saison 2025-26, aidant le club à décrocher la qualification en Ligue des champions. Ce coup d’accélérateur lui avait ouvert les portes de la sélection, malgré une concurrence féroce.
Tuchel, lui, avait posé ses bases : Declan Rice comme pilier, Elliot Anderson comme partenaire privilégié. Mainoo n’était pas pressenti pour être titulaire, mais il pouvait légitimement espérer des entrées en jeu, quelques bouts de match pour s’installer, surtout dans des rencontres où l’Angleterre peinait à trouver des solutions entre les lignes.
Rien. Pas une seconde. Et le malaise est vite devenu visible.
Selon plusieurs témoignages, le milieu de Manchester United affichait sa déception après les rencontres. Après presque chaque match, il était décrit comme le premier joueur à quitter le stade, seul, casque vissé sur les oreilles. Une image qui a marqué le staff comme ses coéquipiers.
Un tournant avant le Ghana
Le moment clé se serait joué avant le deuxième match de poule, face au Ghana. D’après le Daily Mail, le plan initial de Tuchel évolue alors : Declan Rice commence à montrer des signes de fatigue, Jordan Henderson est blessé, et Mainoo est aligné en entraînement au cœur du jeu, aux côtés d’Elliot Anderson.
À ce moment-là, dans le groupe, beaucoup pensent que son heure est arrivée. Les signaux semblent clairs : il est testé dans le rôle qui pourrait être le sien en match, l’option paraît logique compte tenu de l’état physique de Rice.
Mais la bascule ne se fait pas. Le rapport révèle que Tuchel « n’a pas aimé ce qu’il a vu » durant ces séances. Assez, en tout cas, pour renoncer à l’idée de le lancer contre le Ghana, puis de continuer à l’ignorer tout au long du tournoi.
La frustration de Mainoo, elle, ne fait que grandir. The Athletic décrit un joueur « malheureux » pendant la compétition, souvent l’un des premiers à remonter dans le bus après les rencontres. Une présence en retrait, presque en marge, alors qu’il était censé incarner l’avenir.
Un joueur sans rôle, un sélectionneur sans plan clair
Ce qui frappe dans les différents témoignages, c’est l’absence de véritable feuille de route pour Mainoo. Une source proche du groupe confie ne pas avoir compris ce que Tuchel attendait réellement de lui.
Certains, dans l’entourage de l’équipe, se demandent si le sélectionneur ne voyait pas simplement en lui un jeune content d’être là, heureux de goûter à un premier Mondial sans réclamer du temps de jeu. D’autres estiment au contraire que le joueur n’a pas réussi à gagner la confiance de Tuchel, malgré des retours positifs sur son implication à l’entraînement.
Une chose est sûre : rien n’a été clarifié. Pendant que Rice luttait avec ses problèmes physiques, que les débats en Angleterre tournaient autour d’un milieu trop prévisible, Mainoo restait cloué sur le banc. Et la décision de Tuchel a pris une dimension encore plus brutale lorsque le sélectionneur a choisi de faire monter Reece James au milieu de terrain en fin de tournoi, plutôt que de donner sa chance au joueur de United.
Un défenseur repositionné avant un milieu de formation, en pleine période de doute collectif. Le symbole est violent.
Une fracture à réparer
Les proches du camp anglais insistent : Mainoo s’est bien entraîné, il n’a pas lâché. Pourtant, il ressort de ce Mondial comme l’un des grands perdants, sans avoir eu la moindre opportunité de se défendre sur le terrain.
Tuchel, déjà désigné comme le principal bouc émissaire de l’échec anglais, devra répondre à cette question-là aussi : pourquoi emmener un talent pareil pour ne jamais le faire entrer, même lorsque les circonstances semblaient l’y pousser ?
Pour Mainoo, l’histoire ne fait sans doute que commencer avec l’Angleterre. Mais ce premier chapitre en sélection, lui, laisse un goût amer. Et pose une interrogation lourde pour la suite : la confiance entre le joueur et son sélectionneur pourra-t-elle vraiment se reconstruire après un tel Mondial ?



