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Kilmarnock souffle et St Mirren s’enfonce : Curtis change la donne

Kilmarnock a choisi son moment. Sous pression, à deux journées de la fin, le club d’Ayrshire est allé chercher à Paisley une victoire capitale face à St Mirren, qui le propulse à quatre points de la place de barrage et change brutalement le paysage du bas de tableau.

Une soirée où tout s’est joué sur l’intensité, la lucidité… et le sang-froid d’un gamin de 19 ans.

Un début de match qui change tout

Ces dernières semaines, les déplacements de Kilmarnock avaient tourné au cauchemar dès le coup d’envoi, avec des buts encaissés dans la première minute lors de leurs trois derniers matches à l’extérieur. Cette fois, le scénario s’est inversé.

Pas de trou d’air, pas d’erreur de concentration. Au contraire, une entame agressive, assumée. Et la récompense est tombée avant même que le public de Paisley ne se cale dans son siège.

Sur un centre de Tom Lowery, destiné à Joe Hugill au second poteau, Miguel Freckleton tend la jambe pour couper la trajectoire. Mauvais choix, mauvais geste : le ballon file au fond, Ross Sinclair est battu, Kilmarnock mène déjà. Dix minutes à peine disputées, et l’équipe de Neil McCann tient l’avantage qu’elle cherchait tant.

St Mirren, lui, reste apathique. Le stade est plein, l’enjeu est énorme, mais l’équipe ne répond pas. Kilmarnock, plus tranchant, plus mobile, impose son tempo. Sinclair doit encore s’employer pour détourner une tête de Lowery après un contre éclairement mené, même si un drapeau levé laisse penser que l’action aurait été annulée.

Il faudra presque tout le premier acte pour voir enfin St Mirren se rapprocher sérieusement du but de Max Stryjek. Et pourtant, l’égalisation était là, offerte sur un plateau.

Scott Tanser ajuste un centre parfait, Mark O’Hara se jette, frappe… mais trouve plein cadre le gardien de Kilmarnock. Occasion nette, gâchée. Et ce raté va peser lourd.

Curtis frappe, le match bascule

Le prix de cette inefficacité tombe dès le retour des vestiaires. À peine 30 secondes ont passé que St Mirren s’écroule à nouveau.

Une glissade dans la défense locale, un ballon qui traîne à l’entrée de la surface, et Findlay Curtis ne demande pas d’invitation. Le jeune attaquant, prêté par Rangers, ouvre son pied et enroule une frappe délicieuse. Le ballon vient se loger au fond, devant un parcage visiteurs en fusion.

Le contraste est saisissant. D’un côté, une équipe qui joue sa survie comme un bloc, qui court, qui presse, qui ose. De l’autre, un St Mirren méconnaissable, loin de la formation conquérante qui avait soulevé la League Cup face à Celtic en décembre.

Le coup de grâce moral aurait pourtant pu être retardé. Avant le troisième but, Killian Phillips se retrouve idéalement placé, plein axe, dans la surface. Le stade retient son souffle, tout le monde s’attend à voir les filets trembler. La frappe fuit le cadre. Encore une occasion, encore un gaspillage. L’image d’une saison.

Curtis, 19 ans et déjà décisif

La punition tombe vingt minutes avant la fin. Encore Curtis. Encore le même geste, ou presque.

Position similaire, inspiration identique : un enchaînement instinctif, une frappe du premier coup, précise, clinique. Sinclair est battu une troisième fois, Kilmarnock exulte, St Mirren s’effondre.

À 19 ans, le joueur prêté par Rangers rappelle pourquoi il avait brillé au début du mandat de Russell Martin avant de voir ses opportunités se raréfier à Ibrox. À Kilmarnock, il retrouve de la confiance, du temps de jeu, et surtout une efficacité redoutable.

Deux buts dans un match à enjeu majeur, une sérénité déconcertante dans la surface, une activité constante : Curtis ne se contente plus de promettre, il pèse. Assez pour pousser la porte de la sélection écossaise et rêver d’un été en Coupe du monde ? La question n’est plus fantaisiste.

Kilmarnock avance, St Mirren s’enlise

Au-delà du score, c’est l’attitude qui frappe. Kilmarnock a joué comme une équipe qui sait ce qu’elle risque, mais refuse la peur. Du mouvement, de l’énergie, de l’engagement dans chaque duel. Neil McCann avait demandé de la bravoure, il l’a obtenue.

Quatre victoires sur les sept derniers matches, une dynamique relancée, une vraie impression de cohérence : le club d’Ayrshire s’est offert le droit de croire, sérieusement, au maintien direct. Un succès de plus, et la place en Scottish Premiership sera sécurisée.

St Mirren, en revanche, glisse dangereusement. Cinq défaites consécutives toutes compétitions confondues, un jeu sans tranchant, une fragilité mentale criante. Depuis la journée de gloire à Hampden, la chute est vertigineuse.

Le club se retrouve désormais coincé à la 11e place, menacé d’un barrage face à Partick Thistle ou Dunfermline Athletic. Et cette fois, son destin ne dépend plus seulement de lui.

Kilmarnock, lui, a fait ce qu’il devait. Il a transformé un match à haute tension en démonstration de maîtrise et de réalisme. Avec un jeune buteur en feu, un groupe regonflé, et un maintien à portée de main, la question est simple : qui aura vraiment envie de les croiser dans ce sprint final ?

Kilmarnock souffle et St Mirren s’enfonce : Curtis change la donne