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Jeux asiatiques : Ankush Panghal renverse le champion du monde

À New Delhi, la nouvelle est tombée comme un uppercut. Ankush Panghal a fait vaciller l’ordre établi en renversant le champion du monde en titre, Fazliddin Erkinboev, pour se hisser en finale des -80 kg aux Jeux asiatiques. Un combat qui avait tout d’un piège, transformé en manifeste de caractère.

Au premier round, l’Indien encaisse. Erkinboev impose son rythme, prend le centre du ring, dicte les échanges. Les juges suivent : 4-1 pour l’Ouzbek. Le scénario attendu se met en place, celui d’un favori sûr de sa force, d’un outsider poussé dans les cordes dès l’entame.

Mais Ankush refuse le rôle du figurant.

Il revient plus compact au deuxième round, plus précis, plus agressif aussi. Il corrige la distance, touche davantage, s’invite dans les échanges au lieu de les subir. Le rapport de force se rééquilibre. Cette fois, les juges le voient devant : 3-2 pour l’Indien. Le combat bascule dans une autre dimension. Plus rien n’est écrit.

Tout se joue alors dans un troisième round sous haute tension. Et c’est là que Panghal signe sa plus belle partition. Il accélère, impose le tempo, fait reculer le champion du monde. Ses enchaînements claquent, ses déplacements étouffent les rares ripostes adverses. Erkinboev, qui semblait en contrôle vingt minutes plus tôt, se retrouve à courir derrière le combat.

La pression finit par céder : verdict unanime, 5-0 sur les cartes des juges dans ce dernier round. Score final 4-1 pour Ankush, et une place en finale arrachée avec autorité. Plus qu’une victoire, une démonstration de sang-froid après un départ raté, et une preuve qu’il sait hausser le ton quand tout se joue.

Cette qualification offre à l’Inde une nouvelle occasion d’enrichir une moisson déjà historique en boxe lors de ces Jeux. Le parcours d’Ankush, construit sur un finish puissant après une entame délicate, s’inscrit dans un élan collectif qui prend de l’ampleur jour après jour.

Parveen Hooda complète la fête indienne

Un peu plus tôt, c’est Parveen Hooda qui avait ouvert la voie. Engagée en -65 kg, l’Indienne a dominé Li Shu, représentante de la Chine, sur un net 5-0 en demi-finale. Une victoire sans contestation, obtenue avec maîtrise, qui l’envoie elle aussi en finale pour l’or.

Pour Parveen, cette qualification a une saveur particulière. Lors de la précédente édition des Jeux asiatiques à Hangzhou, elle avait décroché le bronze. Une médaille finalement retirée après une suspension de 22 mois prononcée par l’International Testing Agency pour manquement aux obligations de localisation. La voilà de retour sur la scène continentale, non plus en chasse de rattrapage, mais en quête d’un titre.

Les boxeurs indiens ont déjà fait mieux qu’à Hangzhou, où ils avaient quitté les Jeux avec quatre médailles. Cette fois, six pugilistes se sont frayé un chemin jusqu’aux combats pour le podium. Parmi eux, Narender Berwal, médaillé de bronze en +90 kg lors de la précédente édition, devait encore monter sur le ring ce mardi pour tenter de décrocher, lui aussi, une place en finale.

Avec Ankush Panghal qui fait tomber un champion du monde et Parveen Hooda qui revient frapper à la porte de l’or, la boxe indienne ne se contente plus d’exister aux Jeux asiatiques. Elle s’impose. Et laisse une question brûlante : jusqu’où ira cette génération qui commence à prendre goût aux grandes soirées ?