Jeff Bezos et l’investissement minoritaire à Liverpool
Le monde des affaires frappe une nouvelle fois à la porte d’Anfield. Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et l’un des hommes les plus riches de la planète, a entamé des discussions pour rejoindre un consortium intéressé par l’achat d’une participation minoritaire dans Liverpool, selon des informations révélées par Sky News.
Au cœur du projet : Amit Bhatia. L’homme d’affaires, gendre du magnat de l’acier Lakshmi Mittal, mène un groupe d’investisseurs qui a officiellement approché Fenway Sports Group (FSG), propriétaire des Reds depuis 2010. Mardi, FSG a confirmé l’existence de ces échanges.
« Un consortium d’investissement dirigé, géré et représenté par Amit Bhatia a exprimé son intérêt pour un investissement stratégique minoritaire dans Liverpool Football Club », a déclaré un porte-parole du groupe américain.
Bezos, dont la fortune est estimée à environ 192 milliards de livres par le magazine Forbes, n’en est pas à son premier flirt avec le sport professionnel. Il a étudié des offres potentielles pour les franchises NFL des Seattle Seahawks et des Washington Commanders, avant de renoncer à aller plus loin dans ces dossiers. Cette fois, le décor est différent : il s’agirait de se greffer à une structure déjà en place, derrière un chef de file identifié, Bhatia.
Le timing n’a rien d’anodin. L’annonce de l’intérêt du financier de 46 ans pour Liverpool intervient le jour même où celui-ci a quitté le conseil d’administration de QPR, tournant la page sur 18 années de présence au sein du club londonien de Championship. Bhatia a cédé sa participation à l’actionnaire majoritaire Ruben Gnanalingam, libérant ainsi de la marge de manœuvre pour un nouveau projet d’envergure.
FSG, de son côté, connaît bien le terrain des investissements minoritaires. En 2023, le groupe avait déjà cédé une part du capital de Liverpool à la société d’investissement Dynasty. Toute opération avec le consortium de Bhatia s’inscrirait dans la même logique : conserver le contrôle sportif et stratégique, tout en ouvrant la porte à de nouveaux capitaux pour soutenir la croissance du club.
Le contraste illustre l’ascension fulgurante des Reds sous pavillon américain. Acheté pour 300 millions de livres en 2010, Liverpool est désormais valorisé à 4,6 milliards de livres par Forbes. Une progression vertigineuse qui attire mécaniquement les plus grands investisseurs mondiaux.
FSG possède déjà le Boston Red Sox en baseball et le Pittsburgh Penguins en NHL. Ajouter Jeff Bezos, même comme simple partenaire minoritaire au sein d’un consortium, renforcerait encore le poids financier et l’aura internationale de l’actionnariat de Liverpool.
Reste une question, lourde d’enjeux pour les supporters : jusqu’où ce nouvel afflux de capitaux redéfinira-t-il les ambitions du club dans un marché où la puissance économique dicte, plus que jamais, la hauteur des rêves européens ?



