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Iraola soutient Wirtz et façonne Ngumoha pour Liverpool

À Anfield, Andoni Iraola n’a pas seulement renversé Villarreal sur le terrain. Il a aussi choisi son camp publiquement. Et il est clairement aux côtés de Florian Wirtz.

Entré en jeu mardi soir, l’Allemand a signé son premier but de la saison et offert à Liverpool un succès renversant, 4-3, en Ligue des champions. Un but qui pèse lourd. Pas seulement au tableau d’affichage, mais dans la perception d’un joueur déjà scruté à la loupe depuis son arrivée.

Recruté à l’été 2025 pour environ 116 millions de livres en provenance de Bayer Leverkusen, Wirtz affiche 21 contributions décisives (buts + passes) en 59 matches avec Liverpool, loin des 122 qu’il avait empilées en 197 apparitions en Allemagne. Les chiffres alimentent le débat. Iraola, lui, refuse de réduire son meneur à des colonnes de statistiques.

« Je suis ravi de Florian, a assuré le coach de Liverpool. Il sort de trois très bonnes performances et je pense que c’est le début du retour de sa confiance. On croit énormément en lui. Il est beaucoup jugé sur les buts et les passes, mais ce n’est pas là que réside sa plus grande force. »

Le technicien espagnol pose le cadre : Wirtz n’est pas ce numéro 10 flamboyant promis à 15 buts par saison. « S’il peut le faire, tant mieux, a-t-il glissé. Mais c’est surtout un joueur qui nous donne un énorme contrôle sur les matches, qui a beaucoup de confiance avec le ballon. »

Un talent encore en adaptation à la Premier League

Le contraste est net entre ses sorties européennes et ses prestations domestiques. Wirtz a délivré une passe décisive lors de la victoire à LASK, puis une autre lors du succès à Brentford, avant de marquer contre Villarreal. En Premier League, la montée en puissance reste plus lente.

Iraola ne se voile pas la face, mais il replace le débat : « En Ligue des champions, il se sent probablement plus à l’aise. En Premier League, il doit s’habituer aux duels, ici les duels sont vraiment difficiles à gagner. Il est encore dans ce processus. C’est vrai qu’il est là depuis un an, mais il s’acclimate toujours à cette compétition. »

Les critiques se sont multipliées en début de saison, pointant un joueur jugé trop discret, voire absent des débats. Le coach démonte cette lecture à partir d’un détail qui prend soudain de l’importance : le langage corporel de son milieu offensif.

« Il a sans doute un langage corporel qui paraît un peu froid et ça ne lui rend pas service, a reconnu Iraola. On peut croire qu’il n’est pas là, alors que, maintenant que je le connais mieux, je sais qu’il adore le football, qu’il se soucie de tout, qu’il est impliqué. Mais de l’extérieur, il ne le montre pas comme d’autres, avec un langage corporel différent auquel on s’identifie plus facilement. Peut-être que ça ne l’aide pas. »

En interne, pourtant, le discours est limpide : aucun doute sur le talent, aucun doute sur l’attitude. « En termes de talent, je n’ai aucun doute sur lui, et en termes d’état d’esprit non plus. C’est un joueur qui travaille beaucoup », insiste Iraola, qui devrait le réinstaller dans le onze de départ pour la réception de Brighton dimanche.

Le message est clair : Wirtz n’est pas un problème à régler, mais un pilier à consolider.

Ngumoha, l’autre chantier maîtrisé d’Iraola

Pendant que Wirtz reprend confiance, un autre nom commence à prendre de la place dans les conversations autour de Liverpool : Rio Ngumoha. Face à Villarreal, le jeune ailier de 18 ans a signé deux passes décisives dans le même match pour la première fois de sa carrière. Une soirée charnière.

Iraola, interrogé par le média espagnol El Boro, a détaillé la gestion très calibrée de son prodige. « Avec Rio, on n’a pas forcément besoin d’être prudents, mais on doit avancer étape par étape. On ne peut pas aller trop vite », explique-t-il.

Le plan est posé : laisser le talent s’exprimer, sans brûler les étapes. « On sait qu’il y aura de très bons moments, mais aussi des creux, et on ne veut pas le griller trop tôt. »

Ngumoha évolue principalement sur le flanc droit cette saison, un choix qui n’a rien d’anodin. « Cet été, dans l’effectif, j’ai surtout parlé avec les ailiers, raconte Iraola. On a quatre ailiers principaux et les quatre avaient beaucoup plus joué à gauche. Mais ils sont tous les quatre droitiers. On s’est dit entre nous que quelqu’un allait devoir jouer à droite. »

Le staff a alors ciblé Ngumoha pour ce basculement. « Avec Rio, on a entamé ce processus de le changer un peu, en lui disant qu’il est très à l’aise à gauche. Mais je préfère les ailiers sur leur bon pied, et Rio peut très bien utiliser son pied gauche pour finir. On pense donc qu’on peut faire ce changement et que ça lui permettra de jouer plus de minutes, puisqu’on peut l’aligner des deux côtés. »

L’idée est simple : un ailier capable d’attaquer à l’intérieur comme à l’extérieur, imprévisible pour son vis-à-vis. « La capacité à aller à l’extérieur et à l’intérieur, c’est ça qui a de la valeur », insiste Iraola.

Ce qui séduit le plus le coach, ce n’est pas seulement la technique du garçon, mais sa réaction face au défi. « J’aime vraiment la façon dont il a pris ça comme un challenge, en disant qu’il veut devenir meilleur et qu’il veut grandir. S’il veut atteindre le niveau où on veut l’emmener, il va avoir besoin de ça. »

Wirtz à remettre au centre du jeu, Ngumoha à façonner sur les ailes : Iraola ne se contente pas de gérer un effectif, il dessine les contours de son Liverpool pour les saisons à venir. Brighton arrive déjà. La vraie question, désormais, n’est plus de savoir si ces deux-là sont prêts, mais jusqu’où ils peuvent emmener cette équipe.